Publié le Mercredi 19 Août 2015 à

Actualité > Santé

Notre enquête exclusive: de l'amiante dans 7 écoles sur 10!

D.S.

Une info sur de l’amiante dans une école namuroise et c’est un monstre du Loch Ness scolaire qui resurgit à deux semaines de la rentrée : quels risques courent nos enfants dans des écoles souvent « bourrées » d’amiante ?

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Le discours se veut rassurant, à renfort d’inventaires, de chantiers urgents (ou pas), de « on ne joue jamais avec la santé des gosses ». En grattant un peu, des questions restent sans réponse ou suscitent un léger malaise : inventaires, budgets de désamiantage, pictogrammes signalant les risques, frilosité de pouvoirs organisateurs à donner des infos. La vigilance maximale reste le mot d’ordre…

Namur. À la Haute École Albert Jacquard, l’amiante est un sujet que l’on connaît bien et qui prendrait même une tournure délicate, nous informe-t-on. La direction se veut rassurante : elle connaît la situation depuis plusieurs années, les pompiers et la Fédération Wallonie-Bruxelles aussi et «  il n’y a pas de danger immédiat !  »

Un discours rassurant, pas toujours partagé : «  Si j’avais des enfants en bas âge, je ne les mettrais pas dans toutes les écoles  », nous dit, émue, cette ancienne enseignante… avant de se reprendre et d’insister sur le fait que la situation est suivie sérieusement «  depuis quelques années  » et que «  la santé des enfants n’est jamais mise en danger  ».

C’est que de l’amiante, on en trouve dans 70 % de nos écoles, estime Oesterbaai, société spécialisée dans la lutte contre ce poison au quotidien. Il y en a partout : dans les appuis de fenêtre, les plafonds, les ardoises au sol, dans la colle des anciens linos, les protections des tuyaux de chauffage...

La palme aux préfabriqués, les « R.T.G. », construits dans les années 60 pour faire face au baby-boom de l’après-guerre, prévus pour vingt ans… et très souvent encore en service. La Fédération additionne 300.000 m 2  de ces bâtiments, bouffis de Glasal, Pical, Masal, qui en font de vraies petites bombes à retardement.

Dans un reportage diffusé au début de cette année par la RTBF, un spécialiste d’AIB-Vinçotte, l’une des sociétés actives dans ce dépistage, reconnaissait avoir reçu des demandes de diagnostic pour près de 300 écoles : parmi elles, une trentaine où il y aurait des actions urgentes à prendre.

Alors, tout est-il vraiment sous contrôle en matière d’inventaire ? «  La loi relative au bien-être au travail de 1996 impose aux employeurs de réaliser un inventaire des matériaux contenant de l’amiante dans leurs bâtiments et de procéder à une mise à jour annuelle  », explique-t-on au cabinet de la ministre de l’Éducation, Joëlle Milquet.

Retrouvez notre dossier complet dans nos éditions du jour ou sur notre support numérique.

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