Publié le Vendredi 22 Janvier 2016 à

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Bruxelles:«les sans-abri ne meurent pas plus en hiver», affirme le Collectif des morts de la rue

Marie Hamoneau

Avec les températures qui baissent resurgit la question des sans-abri. On imagine que les SDF ont plus de risques de mourir par grand froid. Une idée fausse, d’après le Collectif des morts de la rue, qui travaille sur la question du décès des précaires à Bruxelles. D’après ses statistiques, il n’y aurait eu aucun décès dû au froid ces dix dernières années.


L’arbre en hommage aux morts de la rue, place de l’Albertine.

J.T.

L’arbre en hommage aux morts de la rue, place de l’Albertine.

Les récentes températures polaires observées à Bruxelles et le plan hiver pour les personnes sans-abri activé depuis la fin de l’automne redonnent de la visibilité à la question des SDF. L’idée que les sans-abri meurent plus souvent l’hiver est très répandue, mais fausse, d’après le Collectif des morts de la rue, qui travaille sur la question du décès des personnes sans domicile.

Le Collectif des morts de la rue a récolté des statistiques sur dix années, de 2005 à 2014, sur les décès de personnes sans-abri ou l’ayant été. Des données incomplètes, mais qui donnent déjà une idée. «  Le nombre de décès a doublé en dix ans. Le nombre de sans-abri aussi a augmenté  », fait remarquer Bert, coordinateur du collectif. «  Nous n’avons pas accès au dossier médical et donc ne connaissons pas les raisons officielles du décès, mais nous pouvons en apprendre plus par les intervenants proches du défunt. En dix ans de travail, nous n’avons jamais été informés de quelqu’un qui serait mort à cause du seul froid.  » Les causes du décès sont souvent complexes et multiples : conduites à risques (alcool, drogues), malnutrition, maladies mal soignées, stress, suicide, etc.

Une souffrance toute l’année

Pourquoi alors cette image du froid qui tue ? D’après le collectif, cela serait dû notamment à la visibilité apportée aux précaires durant la saison froide. «  Les médias et les politiques ne sont là qu’en hiver  », observe Bert. «  Il y a des moyens énormes pendant l’hiver, mais il faut comprendre que c’est difficile toute l’année pour les sans-abri.  » Hector, dans le collectif depuis ses débuts, ajoute : «  On met tout le temps en avant l’assistanat, les bols de soupe et les tartines . On approfondit les tartines mais jamais la question du logement.  » «  Il ne faut pas seulement des mesures de crise comme en hiver, il faut mettre l’accent sur des mesures structurelles  », complète Bert.

Le Collectif des morts de la rue pense que l’attention portée sur les sans-abri uniquement l’hiver est une manière de se donner bonne conscience. Pour les politiques, ce serait un moyen de faire une action visible, qui touche à l’émotionnel. Le collectif entend mettre les choses au clair.

Découvrez le travail du Collectif des morts de la rue dans La Capitale de ce vendredi 22 janvier.

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