Publié le Mercredi 10 Février 2016 à

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L'Otan approuve formellement un renforcement de sa présence militaire à l'est

Afp

Vingt-cinq ans après la chute du Mur de Berlin, les ministres de la Défense des 28 pays de l’Otan ont donné mercredi leur aval à un renforcement de la présence militaire alliée en Europe de l’est face à une Russie plus agressive depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée en mars 2014, a annoncé le secrétaire général de l’Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

AFP

Les ministres ont approuvé un ensemble de principes pour une «présence avancée renforcée», qui sera multinationale - et pas seulement américaine - et par rotations (de troupes), a-t-il indiqué à la presse lors d’une réunion ministérielle au siège bruxellois de l’Otan.

Cela sera «un signal très fort» de l’unité de l’Alliance, a-t-il dit en rappelant les mesures déjà prises depuis le début de la crise ukrainienne pour rassurer les alliés est-européens inquiets de l’expansionnisme affiché par la Russie de Vladimir Poutine.

«Une attaque contre un allié est une attaque contre tous les alliés», a souligné M. Stoltenberg, en rappelant l’un des principes fondateurs de l’Otan, contenu dans son article 5 de défense collective. «En cas d’attaque, d’où qu’elle vienne, tous les alliés répondront», a-t-il assuré.

Le secrétaire général s’est refusé à fournir le moindre chiffre sur les effectifs que l’Otan envisage de déployer sur son flanc est, soulignant que des études devaient encore être menées par les autorités militaires alliées.

«D’autres décisions seront prises en juin (lors de la prochaine réunion des ministres de la Défense) et en juillet, lors du sommet» des chefs d’Etat et de gouvernement prévu les 8 et 9 juillet à Varsovie, a-t-il précisé.

«Notre dissuasion est basée sur une combinaison de cette présence avancée et de notre capacité à renforcer rapidement, si besoin» les troupes déjà déployées à l’est, a souligné M. Stoltenberg.

Selon lui, la «présence avancée» sera «soutenue par un programme d’exercices» et par le stockage d’équipements et de matériel dans la région, ce qui «facilitera l’envoi rapide de renforts» en cas d’attaque éventuelle. Pour réagir à la fois à ces menaces venues de l’est, mais aussi du flanc sud de l’Otan, théâtre de nombreuses crises, du Moyen-Orient (Irak et Syrie) à l’Afrique du nord, comme en Libye.

Les Etats-Unis ont notamment décidé d’inscrire dans le budget 2017 du Pentagone un quadruplement, à 3,4 milliards de dollars, de l’enveloppe consacrée au renforcement des forces américaines en Europe.

Ce qui permettra de doubler la présence militaire américaine en Europe - une des réponses des Etats-Unis à l’attitude de Moscou depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée, voici près de deux ans -, selon l’ambassadeur américain auprès de l’Otan, Douglas Lute.

Les Etats-Unis seront ainsi en mesure de déployer ainsi à partir de l’an prochain une brigade blindée (soit de 3.200 à 4.000 soldats) tout au long de l’année par rotation - contre six mois par an actuellement - pour s’entraîner avec les armées des pays alliés d’Europe de l’est, comme la Lettonie, la Roumanie et la Bulgarie, a précisé l’ambassadeur.

Mais le Pentagone va aussi à nouveau «pré-positionner» des équipements lourds (des chars M-1 Abrahams, des véhicules de combat M-2 Bradley et des obusiers automoteurs) dans plusieurs pays d’Europe de l’ouest, de quoi équiper une division blindée - soit de 15.000 à 20.000 hommes -, a ajouté M. Lute.

Cette nouvelle stratégie, baptisée de «dissuasion moderne», vient compléter les efforts entrepris depuis 18 mois pour rendre les forces de l’Otan plus réactives et dissuasives en réponse à l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et l’offensive des rebelles pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Pour réagir à la fois à ces crises venues de l’est

L’Alliance a aussi déployé davantage d’avions de chasse sur le territoire des pays baltes, dépêché davantage de navires en mers Baltique et Noire et multiplié les exercices militaires en Europe de l’est.

L’Otan se prépare aussi à affronter des menaces hybrides, comme les cyberattaques ou la violence non-étatique incarnée par l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), tout en conservant l’arme nucléaire, qui représente l’échelon ultime de la dissuasion.

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