Publié le Mardi 16 Février 2016 à

Actualité > Monde

Un rescapé retourne ce mardi soir à Paris voir Eagles of Death Metal : "Depuis les attentats, je ne suis plus allé à un concert ou au cinéma…"

Rédaction en ligne

Lundi encore, il hésitait… Mais finalement, Alexis, rescapé de la tragédie du Bataclan, a décidé de se rendre ce mardi soir au concert des Eagles of Death Metal pour se prouver qu’il est capable « de retrouver un peu de sa vie d’avant ».

AFP

« Aujourd’hui, je m’interroge pendant des heures pour savoir si je vais ou non me rendre à un simple concert, un truc banal pour moi avant, c’est surréaliste », explique à l’AFP ce Parisien de 26 ans qui, comme tous les rescapés du Bataclan, a été convié mardi soir à L’Olympia pour un concert fort en symboles et en émotions.

La vie d’Alexis a basculé il y a trois mois. « Depuis, je ne suis plus allé à un spectacle ou au cinéma. Je ne peux pas m’asseoir derrière la vitrine d’un restaurant, j’évite au maximum le quartier des attaques alors que j’habite tout près, ça me complique la vie », explique le jeune homme qui se trouvait dans la fosse du Bataclan lorsque le commando jihadiste a fait irruption le 13 novembre, vers 21H30 tuant 90 personnes.

« Je ne suis sorti de la salle que deux heures plus tard, avec les forces de l’ordre. Deux heures à attendre, allongé, dans le noir… », se souvient-il. Il s’était rendu seul au concert ce soir-là.

Pour lui, le concert des Eagles of Death Metal (EODM) à l’Olympia, c’est d’abord une façon « d’affronter ses peurs ». « Je n’y vais pas par plaisir, plutôt parce que je veux me confronter aux angoisses qui dictent aujourd’hui ma vie et savoir si je suis capable de les surmonter », confie-t-il.

Une façon de clore une parenthèse tragique, de passer à autre chose ? « Je suis pas sûr qu’on puisse passer à autre chose après un tel drame. Cela demande beaucoup plus de temps, c’est parfois l’affaire d’une vie », répond le jeune homme qui, « à titre personnel », aurait préféré que le retour à Paris des EODM ne soit pas programmé aussi vite.

Une soirée particulière

Depuis les attentats, il tente de se reconstruire. Il a repris son travail dans la communication, voit régulièrement une psychologue et s’est investi dans l’association « Life for Paris », née sur les réseaux sociaux après le 13 novembre.

Elle compte aujourd’hui environ 500 membres, des rescapés mais aussi des familles, des proches ou des personnes venues en aide aux victimes.

« C’est un lieu d’échange qui nous permet de nous soutenir, de nous organiser, d’être une voix entendue par les autorités », explique Alexis.

« Depuis sa création, début décembre, l’association m’a permis de reprendre pied. Aider les autres, c’est aussi une façon de s’aider soi-même », poursuit Alexis.

L’association a pris part à l’organisation de cette soirée de L’Olympia, en veillant à l’accompagnement psychologique des spectateurs et en étant attentive aux conditions de sécurité mises en oeuvre.

« J’ai longtemps été réticent à venir puis j’ai évolué, notamment en prenant connaissance de l’important dispositif de sécurité prévu », explique Alexis.

« C’est sûr, je serai devant L’Olympia ce soir, j’entrerai dans la salle. Quant à savoir comment je réagirai après les premières notes, ou si je resterai jusqu’au bout, çà je n’en sais rien ».

S’il se rendra seul au concert cette fois encore, il espère rapidement « retrouver les autres dans la salle » pour partager avec eux cette soirée particulière.

Etrange coïncidence, les Eagles of Death Metal est le premier groupe qu’Alexis ait vu en concert. « C’était en 2010, à San Francisco. Je suis devenu fan et depuis, jamais je n’ai manqué un de leurs passages à Paris ».

  • Voir la vidéo

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent