Publié le Mercredi 17 Février 2016 à

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L'essor de la reconnaissance faciale: entre promesses et dangers

Nicolas Roisin (Tapptic)

La reconnaissance faciale est en plein boom et s’immisce dans de nombreux secteurs d’activités, depuis les réseaux sociaux, aux objets connectés, en passant par les smartphones, les banques et autres organismes de sécurité. Mais la technologie n’est pas sans danger pour nos vies privées. Etat des lieux.

Un article signé Tapptic, notre expert digital, qui est aussi une entreprise spécialisée dans le développement des applications mobiles

Comment votre visage est de plus en plus décrypté

Les systèmes de reconnaissance faciale sont de plus en plus présents au quotidien. Ils sont notamment utilisés sur les réseaux sociaux pour identifier l’internaute sur une photo ou vidéo, les smartphones pour les déverrouiller, par des caméras de surveillance ou des services de sécurité pour identifier des individus recherchés par la police. La technologie s’invite avant tout dans le domaine de la sécurité et l'assistance à l'utilisateur.

Dans le premier cas, son but consiste à autoriser l’accès aux données d'un ordinateur, à une console de jeux (PlayStation 4, Kinect Xbox One), ou à un smartphone via le capteur du téléphone (à partir d’Android 4.0 ou Windows Phone). Au-delà de la protection des données, les systèmes de reconnaissance faciale permettent d'interdire l'accès et l'utilisation d'éléments matériels ou logiciels.

Son second domaine d'application concerne l'assistance à l'utilisateur. La technologie facilite ainsi la recherche d'identité d'une personne à l'aide d'une photo ou d'une vidéo. Celle-ci se retrouve dans des applications liées au divertissement (applications de gestion photos, app NameTag sur Android, détection de visages sur les réseaux sociaux Facebook basée sur le logiciel DeepFace ou Google +,) ou dans le cadre professionnel (accès aux données bancaires, services de sécurité, etc).

Concrètement, le visage est détecté et analysé par un algorithme sur base d’une liste de personnes (base de données) pouvant correspondre au visage repéré sur l'image ou la vidéo.

La reconnaissance faciale s’invite dans les objets connectés

Un jour probablement, les distributeurs de billets de banque se contenteront de prendre une photo de nos visages au lieu de taper un code. On peut également imaginer bientôt pouvoir démarrer sa voiture sans clé, ou avoir accès au dossier médical d’un patient grâce à son visage, un souhait formulé par le Terrebonne General Medical Center aux Etats-Unis.

Le marché des objets connectés s’intéresse également de très près à la technologie. Dernier exemple en date, la caméra Welcome lancée par la start-up française Netatmo. Ce petit Big Brother, vendu au prix de 199 euros, est capable d’identifier automatiquement, les visages des personnes qui circulent dans son champ grâce à plusieurs LED à infrarouge. Histoire de rassurer les parents anxieux que leur enfant est bien rentrée à la maison. Succès commercial d’ores et déjà assuré !

Mais la reconnaissance faciale intéresse également les géants de l’informatique comme Google avec ses fameuses lunettes à « réalité augmentée », ou Apple qui vient de racheter Emotient, une start-up qui a mis au point un procédé de reconnaissance faciale capable de reconnaître les expressions du visage.

Menace sur la vie privée

Sujet en vogue du moment, la reconnaissance faciale doit encore progresser pour parvenir à un niveau de fiabilité maximum.

En outre, de nombreux observateurs redoutent que les nombreuses applications capables de détecter les visages deviennent une menace pour la confidentialité des données et la vie privée des personnes.

Ben Sobel, chercheur américain au Centre sur la vie privée et la technologie de l’école de droit de Georgetown, fait partie des « ces empêcheurs de tourner en rond » à s’alarmer au sujet de la montée en force de la reconnaissance faciale sous l’impulsion du marketing personnalisé, et ce en dépit des questions liées à la légalité.

Rappelons qu’en 2012, une recommandation européenne mettait déjà en garde contre les dangers de la reconnaissance des visages sur les médias sociaux. Et plus particulièrement sur les garanties de protection des données personnelles, tout particulièrement les données biométriques. Affaire à suivre de près ...

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