Publié le Vendredi 19 Février 2016 à

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Libye: l'homme derrière les attentats en Tunisie a "probablement" été tué dans une frappe américaine

Afp

Un responsable de l’organisation Etat islamique (EI), lié à deux attentats d’envergure en Tunisie l’an dernier, a «probablement» été tué par une frappe aérienne américaine ayant visé un camp d’entraînement du groupe jihadiste, a annoncé vendredi un responsable militaire américain.

«Les Etats-Unis ont effectué une frappe aérienne tôt ce matin (heure de Libye) contre un camp d’entraînement de l’EI près de Sabrata, en Libye, qui a probablement provoqué la mort du cadre opérationnel de l’EI Noureddine Chouchane», a expliqué ce responsable.

Noureddine Chouchane est soupçonné d’être derrière deux attaques en 2015 en Tunisie revendiquées par l’EI: contre le musée du Bardo à Tunis en mars qui avait fait 22 morts, et sur une plage près d’un hôtel de Sousse en juillet qui avait fait 38 morts, dont 30 Britanniques.

Le responsable américain a précisé à l’AFP que des avions de combats américains avaient bombardé un camp d’entraînement de l’EI et une cible de «haute valeur» dans la nuit de jeudi à vendredi. Il n’était pas en mesure de donner de bilan humain dans l’immédiat.

Des responsables libyens ont affirmé plus tôt que plus de 40 personnes avaient été tuées dans un raid mené par un avion non identifié contre une maison située à Sabrata, à 70 km à l’ouest de Tripoli.

Peter Cook, porte-parole du Pentagone, a confirmé que des avions américains avaient visé un camp d’entraînement de l’EI, et tout particulièrement Chouchane qui se faisait également appeler «Sabir». Il a précisé que les autorités américaines étaient toujours en train d’évaluer le bilan de ce bombardement, mais a noté que la mort de Chouchane représenterait un coup dur pour les combattants du groupe EI en Libye.

«La destruction de ce camp et l’élimination de Chouchane vont amputer l’EI d’un intermédiaire d’expérience et nous estimons que cela aura un impact immédiat sur les capacités de l’EI à ancrer ses activités en Libye, pour recruter des combattants, établir des bases et potentiellement planifier des attentats à l’extérieur du pays contre des intérêts américains dans la région», a indiqué M. Cook dans un communiqué.

Il a souligné un peu plus tard auprès de la presse que les jihadistes visés par ce raid préparaient des attaques contre des intérêts occidentaux.

«Nous avons mené cette action contre Sabir et le camp d’entraînement après avoir déterminé qu’à la fois lui-même et les combattants de l’EI présents en ces lieux préparaient des attaques contre des intérêts américains et ceux d’autres pays occidentaux dans la région», a expliqué M. Cook, sans autre détail.

«Nous voyons ce qu’il se passe en Irak et en Syrie et nous pensons que ces combattants en Libye représentaient une menace pour nos intérêts en matière de sécurité nationale», a-t-il poursuivi.

La coalition internationale menée par les Etats-Unis vise le groupe jihadiste en Irak et en Syrie depuis l’été 2014, et fait l’objet de pressions croissantes pour étendre ses opérations au-delà de ces deux pays.

L’EI a développé sa présence en Libye et établi une place forte dans la ville de Sirte, sur la côte méditerranéenne. Le Pentagone estime à quelque 5.000 le nombre de combattants du groupe jihadiste dans ce pays, pour la plupart originaires de la Tunisie voisine.

Les Etats-Unis avaient bombardé l’EI en Libye pour la première fois le 13 novembre 2015, tuant l’Irakien Abou Nabil, présenté comme le chef du groupe dans le pays. Selon Tripoli, cet homme était le chef de l’EI dans la région de Derna.

En décembre, le Pentagone avait admis qu’un groupe de soldats des forces spéciales américaines qui s’était rendu en Libye pour «développer les relations» avait été expulsé du pays peu après son arrivée.

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