Publié le Mercredi 9 Mars 2016 à

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Un individu "radicalisé" a pris l'avion avec des couteaux et une bonbonne de gaz

Afp

Un ancien militaire «radicalisé», qui avait été assigné à résidence pendant trois mois à Angers, a pu prendre l’avion à Nantes avec des couteaux et une petite bonbonne de gaz dans son bagage en soute, avant d’être arrêté à son arrivée au Maroc.

Source capture d’écran http://www.assabah.press.ma/

L’homme, un Français âgé de 31 ans, a été arrêté dimanche à son arrivée à Fès (nord du Maroc) après avoir pris un vol direct Ryanair depuis Nantes, a indiqué mercredi la préfecture de Loire-Atlantique, confirmant des informations du quotidien local Presse-Océan.

Du nom de Manuel Broustail, cet ancien militaire converti à l’islam avait été interpellé à Angers à la suite des attentats de Paris, puis assigné à résidence le 20 novembre, jusqu’à la mi-février. Il n’était donc plus assigné à résidence lorsqu’il s’est présenté dimanche à l’embarquement pour le Maroc à l’aéroport de Nantes-Atlantique et rien ne lui interdisait de quitter le territoire, a souligné à la préfecture.

Mercredi, le parquet antiterroriste ne s’était pas saisi de cette affaire.

«Dans le cadre de la coopération entre la France et le Maroc», l’individu avait été signalé aux autorités marocaines «et sa prise en charge (à l’aéroport de Fès) n’est pas complètement un hasard», selon la même source.

Selon une photo diffusée par des médias marocains, dont le site Goud.ma et le journal Assabah, le bagage semblait contenir au moins quatre couteaux de cuisine, une machette, deux canifs, une matraque rétractable, une cagoule noire, une bonbonne de gaz et d’autres objets plus difficilement identifiables.

D’après la préfecture de Loire-Atlantique, son bagage emporté en cabine a bien été contrôlé lors de l’embarquement et ne contenait rien de suspect. Son bagage en soute a quant à lui été contrôlé par les détecteurs électroniques qui n’ont pas non plus réagi, faute de présence d’explosifs.

Radié de l’armée

La bonbonne de gaz, de type réchaud de camping, est un combustible, pas un explosif, souligne-t-on à la préfecture, où l’on assure que «toutes les procédures de sécurité ont été respectées» à l’aéroport de Nantes.

Selon la police et la notification de son arrêté d’assignation à résidence, l’homme est né à Rouen en août 1984. Il a été radié de l’armée en août 2014, après avoir fait l’objet d’un signalement en avril 2013 pour sa radicalisation qui serait intervenue lors d’une mission à Djibouti en 2008 pour le compte du 6e régiment du Génie d’Angers.

Depuis, selon les services de renseignements, il s’était affirmé comme le leader d’un groupe de musulmans radicalisés à Angers, organisant même à l’occasion «des entraînements de type paramilitaire». Dont l’un quelques jours seulement après les attentats du 13 novembre.

Au printemps 2015, il a fait part de son désir de partir s’installer dans un pays musulman, en l’occurrence le Maroc, où il a trouvé un pied à terre à Sefrou, près de Fès. Sa femme et sa fille sont venues le rejoindre en juin 2015, après quoi il est revenu en France pour régler des formalités administratives et personnelles.

Toujours selon les renseignements, il représentait «une référence en matière de pratique religieuse fondamentaliste auprès de la mouvance radicale musulmane angevine». Et visitait régulièrement un détenu de la maison d’arrêt qui avait fait part de son projet de partir pour la Syrie.

Une autre photo publiée par les médias marocains le montre le cheveu ras, porteur d’une longue barbe broussailleuse. Manuel Broustail avait contesté en vain son assignation à résidence devant le tribunal administratif.

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