Publié le Jeudi 24 Mars 2016 à

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La Haye ne savait pas qui était Ibrahim El Bakraoui, l'un des kamikazes de Bruxelles, expulsé vers les Pays-Bas par la Turquie: il n'a pas été interpellé à son arrivée à Amsterdam

Afp

L’un des trois kamikazes de l’aéroport de Bruxelles, le Belge Ibrahim El Bakraoui, a été expulsé vers les Pays-Bas par la Turquie en juillet, a confirmé le ministère néerlandais de la Justice.


Khalid et Ibrahim El Bakraoui.

AFP

Khalid et Ibrahim El Bakraoui.

«Les autorités turques ont exigé qu’Ibrahim El Bakraoui quitte le territoire et ont donc organisé un vol depuis Istanbul vers Amsterdam le 14 juillet 2015», a indiqué le ministre Ard van der Steur dans une lettre envoyée au parlement.

Le ministère turc des Affaires étrangères a communiqué cette expulsion à l’ambassade des Pays-Bas dans une note envoyée le même jour. Cette dernière ne contenait cependant aucune information sur les raisons de l’expulsion vers Amsterdam d’Ibrahim El Bakraoui.

Les autorités néerlandaises n’étaient pas au courant des antécédents criminels d’El Bakraoui, car ceux-ci n’avaient pas été introduits dans les bases de données pertinentes sur les personnes recherchées. L’homme n’a donc pas été interpellé lors de son arrivée à Amsterdam.

Khalid El Bakraoui a échappé à la justice belge

Khalid El Bakraoui, le kamikaze du métro de Bruxelles, avait été condamné à 5 ans de prison pour vol avec violence en 2011. Il avait bénéficié d’une libération conditionnelle en décembre 2013. Cette libération conditionnelle avait été révoquée par défaut par le Tribunal d’Application des Peines (TAP) de Mons le 18 février dernier, a indiqué le procureur du Roi de Mons, confirmant une information de plusieurs médias. El Bakraoui était aux abonnés absents depuis octobre 2015.

Khalid El Bakraoui, le kamikaze du métro de Bruxelles, avait disparu des radars de la justice à la fin octobre 2015, alors qu’il était en liberté conditionnelle à la suite d’une condamnation en 2011 pour des faits de vols avec violences commis en 2009. Le procureur du Roi de Mons, Christian Henry, a précisé que les faits de vol avaient été commis à plusieurs et avec des armes, notamment des Kalachnikov.

El Bakraoui avait été libéré sous conditions le 19 décembre 2013 après avoir pu bénéficier, depuis le mois de mars 2013, d’une détention sous surveillance électronique. Le procureur du Roi de Mons a souligné que l’individu avait ensuite été contrôlé par deux policiers le 13 mai 2015 après avoir commis une infraction de roulage dans un sens interdit à Bruxelles alors qu’il conduisait une voiture de marque Skoda. Après vérifications, il s’est révélé qu’il ne respectait pas une des huit conditions de sa liberté, à savoir de ne pas entrer en contact avec un détenu, un ex-détenu ou un complice. Or, le passager de la voiture était un ex-détenu qui avait été condamné pour vol avec violence deux ans auparavant.

Le dossier, géré par le Tribunal d’Application des Peines de Mons, avait été transmis au parquet de Mons qui avait alors demandé la révocation de sa liberté conditionnelle pour non-respect de certaines conditions de liberté. Selon le procureur du Roi de Mons, le Tribunal a toutefois estimé que la seule incartade de l’individu avait été de ne pas respecter une des conditions de sa liberté et que, par ailleurs, sa réinsertion professionnelle se passait correctement. L’intéressé était en effet fidèle aux rendez-vous de l’assistant de justice et revendiquait, selon certains médias, un travail le soir dans l’Horeca.

El Bakraoui n’a toutefois plus donné de nouvelles à son assistant de justice à partir du 22 octobre 2015. Une nouvelle demande de révocation de sa liberté conditionnelle a alors été réintroduite par le parquet de Mons le 22 décembre dernier. L’individu devait répondre à la convocation du Tribunal d’Application des Peines de Mons le 28 janvier, ce qu’il n’a pas fait. Sa liberté conditionnelle a donc été révoquée par défaut et El Bakraoui a été signalé en Belgique et dans la zone Schengen afin de le réincarcérer. Il n’a jamais plus été contrôlé depuis lors par la police, avant de réapparaître le 22 mars en kamikaze du métro de Bruxelles.

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