Publié le Lundi 25 Avril 2016 à

Sports > Omnisports

Jeux Olympiques: le cavalier Grégory Wathelet, 7e mondial, n'est pas certain d'être sélectionné

Rédaction en ligne

Si le COIB est satisfait de la préparation en vue du rendez-vous olympique de Rio de Janeiro, un des meilleurs athlètes dans son sport, le cavalier de jumping Grégory Wathelet ne partage pas cet optimisme.


Wathelet en action. ©News

Wathelet en action. ©News

Malgré son 7e rang mondial, son titre de vice-champion d’Europe gagné l’an dernier à Aix-la-Chapelle, le Couthinois n’est pas du tout certain d’être du voyage. Non pas comme cela arrive parfois par la faute d’une blessure, élément incontournable dans le sport équestre qui touche la moitié des montures, mais en raison de la vente de son meilleur cheval Conrad de Hus.

Le pire est que cette même mésaventure lui était déjà arrivée il y a quatre ans avec la vente de Copin six mois avant les Jeux de Londres où il s’était finalement rendu avec un cheval de location Cadjanine.

C’est avec Conrad, étalon bai de 11 ans, que Grégory Wathelet a réussi ses plus belles performances. Ce « couple » avait tout pour disputer l’épreuve olympique au Brésil. Avec de réelles chances de podium. «  Grégory et Conrad formaient une combinaison dont nous attendions beaucoup  », reconnaît Eddy De Smedt, le directeur du sport de haut niveau au COIB.

La décision du propriétaire du cheval, le Français Xavier Marie, de le vendre à l’Américain Quentin Judge au début du mois de mars a bouleversé la donne. Le COIB s’est donné pour mission de tout faire pour aider les potentiels Top 8 à se préparer au mieux mais dans les limites de son budget. Il n’a rien pu faire dans ce cas-là.

«  Très honnêtement nous n’avons pas été consultés  », précise Philippe Vander Putten, le CEO du mouvement olympique. «  Il était très difficile d’éviter cela  », explique Eddy De Smedt. «  On parle de beaucoup, beaucoup d’argent (plusieurs centaines de milliers d’euros, ndlr). Dans le passé on a réussi à négocier avec des propriétaires belges qui ont été très corrects. C’est regrettable. C’est la réalité avec laquelle il faut vivre. On avait peur que la vente se fasse en 2015. Elle ne s’est pas faite. On espérait qu’elle allait se faire après les Jeux. Le propriétaire a ses raisons. Ce sont des incontrôlables.  »

«  En dehors de l’aspect financier ou sportif, il est difficile de se séparer d’un cheval comme Conrad avec lequel j’ai vécu trois ou quatre ans  », reconnaît Grégory Wathelet. «  Dans ce milieu le train ne passe pas deux fois et il faut réaliser la meilleure vente possible. Un cheval peut se blesser à tout moment.  »

La Belgique n’étant pas qualifiée dans l’épreuve par équipes, elle ne pourra disposer que de deux cavaliers d’obstacles à Rio, grâce aux résultats de Grégory Wathelet (avec Conrad) et Jérôme Guéry (avec Papillon).

Les places de quotas n’étant pas nominatives, Dirk Demeersman, le patron des cavaliers d’obstacles belges depuis décembre 2014, effectuera son choix le 11 juillet sur base des résultats obtenus entre le 28 avril et le 10 juillet (double sans fautes sur un parcours de Coupe des nations 4* et 5* ou Top 5 dans les Grands Prix 4* et 5* comprenant des sauts de rivière à réaliser à deux reprises).

Pas moins de dix-neuf cavaliers belges peuvent encore briguer une sélection. Le classement mondial ou olympique (qui a servi à déterminer les places de quotas) n’entrent pas en ligne de compte.

«  Il s’agit de démontrer à quelques semaines des Jeux que le couple cavalier-monture est en forme et capable d’un Top 8 au Brésil. Des résultats en 2015 ne signifient rien si le cheval se blesse ensuite ou n’est plus en forme  », justifie Wendy Laremans, directrice à la Fédération belge (FRBSE). «  Mais il ne faut pas brûler son cheval pour y arriver. Pas question de concourir toutes les semaines. Le coach y sera très attentif. C’est lui qui effectuera la sélection si plusieurs cavaliers remplissent les critères, ce que nous espérons, évidemment. Mais il n’y en aura pas tant que cela.  »

«  C’est un peu dommage que ceux qui ont obtenu les places (de quotas) pour la Belgique ne soient pas sélectionnés. C’est le règlement, il faut l’accepter  », regrette le vice-champion d’Europe. «  Mais je comprends le point de vue de la fédération et du COIB, il faut envoyer les deux qui ont les meilleures chances à Rio. Avec Conrad, je pense que j’avais une chance de médaille. Avec Citizenguard Taalex ou Algorythem (les chevaux avec lesquels il espère se qualifier), j’en ai moins. Si je vois qu’aucun des deux n’est prêt pour Rio, ce n’est pas la peine d’y aller. Je serai le premier supporteur de ceux qui y seront. Mais je vais tout faire d’ici au 10 juillet pour obtenir ma sélection  », souligne encore Grégory Wathelet, plus déterminé que jamais.

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent