Publié le Lundi 9 Mai 2011 à

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Mouscron accueillera bientôt 20 candidats réfugiés

Rédaction en ligne

Le CPAS de Mouscron a engagé un assistant social qui est chargé de trouver les logements en faveur des 20 candidats réfugiés politiques que la Ville est censé accueillir. Un type d’accueil qui ne pose ailleurs pas de problèmes. Ce ne sont pas des emmerdeurs...

Mouscron était une des dernières communes de Wallonie picarde à ne pas avoir d’ILA, à savoir une initiative locale d’accueil en faveur des candidats réfugiés politiques. Depuis la présentation du budget du CPAS au conseil communal, c’est chose faite. Un assistant social a été engagé. Il est chargé de trouver des logements (privés ou publics) pour accueillir une vingtaine de candidats. “ Nous n’en sommes qu’aux premières démarches ”, précise François Breyne, l’assistant social, qui ne préfère pas avancer de date pour l’accueil des premières personnes d’origine étrangère.

Mouscron ne part pas dans l’inconnu. Les services sociaux avec le président du CPAS sont allés voir comment cela se passait dans d’autres communes voisines comme Tournai, Péruwelz, Brugelette ou encore Frasnes. Et rassurons les Mouscronnois qui seraient inquiets : cela se passe bien. “ Depuis que j’ai pris mes fonctions en 2002, je n’ai jamais connu de problèmes majeurs ”, confie Mauro Pusceddu, responsable de la ILA de Péruwelz. “ Ni avec les candidats eux-mêmes, ni avec les voisins qui deviennent même des personnes ressources, prêtes à aider les réfugiés. Même lorsqu’ils sont obligés de partir, les candidats rentrent dans 95% des cas les clefs de leur habitation sans dégradations ”.

Avec celle de Tournai (70 personnes), l’Initiative Locale d’Accueil de Péruwelz est une des plus importantes dans la région avec une capacité de 54 places. Elle est celle qui ressemble le plus à ce que Mouscron fera sur son propre territoire. “ Nous ne comptons pas regrouper les candidats sur un même site comme le fait Tournai, mais bien délocaliser les logements ”, explique François Breyne. Les structures sont censées accueillir des personnes isolées, des couples et des familles (jusqu’à 6 membres pour un des logements mouscronnois). Elles doivent être proches de magasins, de transports en commun, etc. Comme à Péruwelz, Mouscron compte aussi organiser des cours de français pour faciliter l’intégration de ces personnes qui peuvent être de toute origine (africaine, tchétchène, etc). Les candidats reçoivent une aide financière qui varie, selon les communes, entre 57 et 65 euros par semaine pour couvrir leurs besoins fondamentaux : nourriture, produits d’hygiène, etc. Le CPAS va puiser l’argent dans une enveloppe qui lui confie l’État fédéral à qui revient la politique en matière d’asile. “ Cela se fera à coût zéro pour les finances de la Ville ”, a rappelé le président du CPAS Freddy Marquette lors de la présentation du projet au conseil communal.

Les candidats réfugiés ne vont-ils pas prendre la place de Belges qui ont davantage besoin d’aide, sinon plus? feront remarquer les plus réticents. “ Entre l’aide aux réfugiés et l’aide traditionnelle du CPAS, nous ne sommes pas du tout dans la même logique ”, explique Mauro Pusceddu. “ Ce n’est pas comparable ”. “ Mais que représentent 20 personnes pour une ville de 54.000 habitants comme Mouscron ? ” fait remarquer, très justement, le président du CPAS, Freddy Marquette. À titre de comparaison, 611 personnes bénéficient du revenu d’intégration sociale dans la cité des Hurlus.

“ Les candidats réfugiés politiques vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête ”, fait remarquer le responsable de la ILA de Péruwelz. “ Vont-ils avoir leur statut de réfugiés ou vont-ils être rapatriés de manière forcée? Ils vivent dans l’angoisse permanente. L’approche est différente de celle que nous avons avec le public ’belge’ ”.

Son collègue de Mouscron François Breyne a une phrase qui résume bien la délicatesse du travail des services sociaux avec ces personnes: “ on doit les préparer à rester et en même temps les préparer à partir ”. Ce n’est pas évident comme le prouve le témoignage de Dile Prenga, une Albanaise qui a obtenu le statut de réfugiée après bien des déboires (lire ci-dessous).

En dépit des difficultés, Mauro Pusceddu ne se lasse pas de son travail à l’ILA de Péruwelz, dont l’effectif s’élève à deux assistants sociaux et trois employés administratifs : “ c’est assez riche comme travail. On rencontre des personnes d’origines diverses, de niveaux sociaux et culturels différents (ingénieurs...). Ce sont des gens tout d’abord, il ne faut pas l’oublier ”. daniel foucart

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