Publié le Mercredi 24 Août 2016 à

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Pokémon Go, Tinder… ces applications sont utilisées pour violer votre intimité et vie privée

Rédaction en ligne

Vous chassez un Pikachu avec l’application Pokémon Go ? Ou un mec/ une meuf via l’application Tinder ? Dans tous les cas, vous vous mettez en danger. Derrière ces applications se trouvent des sociétés qui collectent des informations personnelles vous concernant. Elles violent ainsi la législation européenne en matière de protection de la vie privée. Une enquête européenne est sur le point d’être menée.

Photonews

La société Niantic Labs utilise Pokémon Go pour violer le droit européen sur la protection des données à caractère personnel.

Comment ? Par l’utilisation de clauses dans les conditions d’utilisation qui déséquilibre les droits et obligations au détriment des consommateurs.

Tous les chasseurs de Pokémon Go ont, bien sûr, dû accepter les règles d’utilisation pour pouvoir installer l’application sur leur smartphone. Qui a lu ces règles ? Très certainement peu, pour ne pas dire aucun utilisateur.

Pourtant accepter ces règles d’utilisation revient à accepter une série de mesures qui visent à espionner les utilisateurs.

Concrètement, Niantic intercepte l’adresse email Google, celle du compte Facebook ou encore celle utilisée pour l’application Pokémon Go. Les règles d’utilisation permettent également de placer une série de cookies sur le smartphone de l’utilisateur. Une manière de pister sa navigation. En cas de refus de ces cookies, le jeu cesse de fonctionner. Enfin, Niantic récupère la position, l’adresse IP ainsi que la dernière page Web consultée par l’utilisateur.

Cet accès aux données à caractère personnel n’est pourtant pas nécessaire pour permettre le fonctionnement du jeu. Il n’est, par conséquent, pas abusif de parler de viol de la vie privée. Pokémon Go n’est pas la seule application de téléphone portable à violer ce droit fondamental inscrit dans la législation européenne. Tinder est un autre exemple. Sans compter les sites internet qui ne sont pas des saints non plus en la matière.

En regard à ces constatations, une requête sera déposée cette semaine à la Commission européenne. Il est plus qu’urgent de se munir d’un système d’alerte européen. « Cela permettrait aux autorités nationales de conjuguer leurs efforts pour poursuivre ces entreprises qui se moquent des droits des citoyens. Cela permettrait également aux citoyens de savoir quel droit il abandonne en installant telle ou telle application » explique Marc Tarabella, Eurodéputé en charge de la Protection des Consommateurs.

« Derrière ce qui ne devrait être qu’un jeu ayant pour but de nous divertir se trouve une vraie machine à collecter les données et à violer l’intimité ou la vie privée de ses utilisateurs. L’Europe et les États membres doivent proposer la parade afin de garantir le respect de la législation et défendre le droit des Européens » conclut sans concession l’Eurodéputé Marc Tarabella.

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