Doudou: faut-il réserver une portion de corde aux femmes?
L’une est en jaune et noir, l’autre en rouge et blanc. Et toutes deux en ont entendu des vertes et des pas mûres! Mais elles ont tenu bon. Les femmes du Lumeçon, Cybèle et Poliade, sont maintenant intégrées parmi les acteurs et de mieux en mieux accueillies par le public.
Corinne Toubeau
Publié le Vendredi 10 Juin 2011 à 02
Maintenant que l’on a (très légèrement) féminisé l’arène, ne devrait-on pas renforcer la mixité du public?
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y a pas que des gros machos baraqués à la corde, répondent Cybèle et Poliade, alias Catherine Gelinne et Ursula Heinrichs. “ Il y a de plus en plus de femmes à la corde, je le remarque depuis quatre ou cinq ans, dit Poliade. Pour arriver à la corde et s’y maintenir, il faut vraiment le vouloir, qu’on soit un homme ou une femme, d’ailleurs! ”
Cybèle se souvient avec émotion du premier foulard qu’elle a offert au public. A une femme du public. “ Un gars criait: donne-moi ton foulard! J’ai dit: non, j’aimerais l’offrir à cette femme, là. Et le public (masculin) a joué le jeu, je lui ai noué mon foulard autour du cou. ”
Soit... Il faut tout de même admettre qu’il est particulièrement difficile pour une femme de se frayer un chemin dans cette mêlée d’armoires à glace surexcitées qui tient la corde. Un groupe demandant la création d’une portion de corde réservée aux femmes avait même été créé en 2009 sur Facebook. Faudrait-il relancer l’idée? Cybèle et Poliade ne le pensent pas.
“ Réserver des couloirs à certaines catégories de personnes, diviser le public, cela ne me paraît pas souhaitable ”, dit Cybèle. “ Il ne faut pas faire de distinction entre les gens, dit Poliade. C’est comme pour nous, les personnages féminins. Au début, on a beaucoup trop parlé de nous et cela nous a causé du tort. Aujourd’hui, on est des acteurs du combat, on est dans le groupe, et c’est tout. Il ne faut pas faire de différences. ”
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