Publié le Lundi 31 Octobre 2016 à

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Le businessman liégeois Philippe Stassen: «On a parfois menti aux gens sur le CETA»

Gaspard GROSJEAN

Le CETA, ce traité de libre-échange entre l’Europe et le Canada, a suscité de nombreux débats et commentaires. Politiques, technocrates, représentants du monde patronal comme du milieu associatif ont tous fait valoir leur point de vue. Mais qu’en est-il réellement des gens de terrain ? Philippe Stassen, patron de la PME liégeoise « Neobulles » (Kidibul, Vintense, etc.) entretient de bonnes relations commerciales outre Atlantique. Il explique son soutien à un tel traité et sa déception concernant l’attitude de certains responsables politiques. Extraits de l’interview « Parlons politique ».


Philippe Stassen, CEO de Néobulles (Kidibul), se dit déçu par certains politiques à propos du CETA.

Thomas Van Ass

Philippe Stassen, CEO de Néobulles (Kidibul), se dit déçu par certains politiques à propos du CETA.

Après les péripéties concernant la ratification du traité CETA en Wallonie, quel regard portez-vous sur cet épisode comme entrepreneur ?

Ce qui m’a déçu, c’est un peu le rôle du politique qui a sorti la grosse artillerie en dernière minute alors que d’autres – comme Écolo – tiraient déjà la sonnette d’alarme il y a un an et demi. Visiblement, pour certains, cela n’était pas jugé prioritaire à ce moment-là. Si l’on se préparait ainsi pour les affaires, ce serait la catastrophe… Et puis, il y a aussi eu beaucoup de malhonnêteté. On a parfois menti aux gens, comme pour le bœuf aux hormones, qui est totalement impossible sur notre marché.

Vous êtes néanmoins satisfait ?

Je suis pour les accords. Pas n’importe lesquels, ni n’importe comment, bien évidemment. Mais là, je vous avoue que je pensais que les choses allaient aller. Prenons la Cour d’arbitrage, par exemple. Pour moi, c’est « annexe ». Je ne dis pas que ce n’est pas important, mais cela devait plus rapidement être discuté entre responsables politiques, au risque de pénaliser les relations économiques. Là, on arrive un peu en bout de course, et il faut vite signer. Soit on n’était tout simplement pas prêt, soit on a voulu retarder les choses à dessein.

Votre entreprise est située en province de Liège, votre siège à Liège Airport. Pour une telle PME, que représente le marché canadien ?

Cela fait cinq ans maintenant que l’on travaille avec le Canada. Nous y expédions chaque année 400.000 bouteilles de Vintense, notre vin sans alcool. Pour le moment, nous sommes occupés à fournir des certifications et des audits avec « Loblaw Companies Limited » pour un contrat que nous allons signer afin d’amener à une augmentation de nos exportations de 50 %. Ce qui nous fera arriver à 600.000 bouteilles l’an.

@GasGrosjean

Une interview « Parlons politique » à découvrir ce lundi dans La Meuse

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