Publié le Mardi 8 Novembre 2016 à

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Templeuve: Malade, Johan, 52 ans sera expulsé

A.Du

Johan Masseus, 52 ans, attend résigné l’huissier qui devrait l’expulser en théorie aujourd’hui. Il vit seul, il est gravement malade et ne sait pas comment s’en sortir. Emploi, santé, la maladie lui a tout pris. Une histoire comme beaucoup d’autres malheureusement.

Johan Masseus, 52 ans, malade, attend résigné au milieu de ses paquets d’être expulsé

A.Du.

Johan Masseus, 52 ans, malade, attend résigné au milieu de ses paquets d’être expulsé

Brisé, au bout du rouleau, Johan Masseus se montre résigné au milieu de ses caisses. Tant bien que mal, il rassemble depuis plusieurs jours ses souvenirs de toute une vie. Si l’on tient compte de la signification du juge de paix, il est sommé de quitter son logement le 31 octobre, sous peine d’être expulsé dans les huit jours par un huissier. La raison est classique, il ne peut plus payer ses 650 euros de loyers. La maladie l’a résigné à survivre avec des revenus de la mutuelle, près de 1100 euros de pension invalidité. Au-delà du loyer, il doit payer une pension alimentaire de 200 € à son ex-épouse, 140 euros de médicaments mensuels, faites le compte, il ne lui reste plus que 110 euros par mois pour se nourrir, se vêtir, payer électricité, chauffage… Mission impossible !

Il n’est pas le seul dans son cas évidemment, la misère frappe à de nombreuses portes, et cela peut arriver à tout à chacun. Jamais cet ancien gendarme aurait cru un jour se retrouver dans cette situation. « J’ai été Maréchal des logis à la gendarmerie pendant près de 20 ans », explique Johan Masseus, «  j’ai même travaillé à la cellule d’analyse criminelle de Neufchâteau, notamment sur l’affaire Marc Dutroux ». Et puis en 2000, c’est la réforme des polices, on lui dit qu’il sera muté à Bruxelles, loin de Bastogne où il s’était installé avec sa femme et à eux deux, leurs sept enfants. Il jettera l’éponge pour devenir d’abord informaticien indépendant pendant près de trois ans avant de déposer le bilan en raison des charges sociales trop lourdes à payer. Ayant son permis camion, il enchaînera ensuite comme chauffeur routier jusqu’en 2010. « À l’époque, je gagnais bien ma vie, on s’en sortait avec 2500 €», explique Johan. Puis vint le divorce et quelques années après la maladie : un cancer du colon, de multiples opérations, un médecin qui lui signifie qu’il ne travaillera plus jamais… En 2014, on le reconnaît comme personne handicapée. Une maigre pension qui ne lui permet hélas pas d’assumer son loyer et le reste.

Johan a fait la demande pour un logement social il y a trois ans déjà. Dans le système d’attribution des points, il en est aujourd’hui au maximum, soit 11 points de priorité (5 points en sans-abri, 4 points handicapé, 2 points d’ancienneté). Mais depuis toujours rien. « J’ai du mal à comprendre, ici à Templeuve à quelques pas, à la Satta, il y a des logements sociaux qui sont libres pour le moment. Mais on me dit que je n’y ai pas droit ».

Et l’échéance judiciaire est en théorie pour aujourd’hui. Où aller ? Johan n’a pas la solution. Sa santé ne s’améliore pas, il devrait en outre encore subir une opération : « je n’en ai pas les moyens, mes treize opérations m’ont coûté avec intervention de la mutuelle déjà 9.000 euros. J’ai dû m’arranger avec l’hôpital et les services de recouvrement pour payer 50 € par mois ». Du coup, faute d’opération, Johan préfère rester sous morphine pour atténuer la douleur.

Travailler ? « Ma santé me l’interdit, la médecine du travail m’a même retiré mon permis poids lourd car je suis sous morphine ». Ou habiter chez l’un de ses enfants ? « Impossible, mes enfants ont leur vie. Ils vivent en studio deux pièces, je ne peux pas m’imposer ». Et d’ajouter, « c’est quand même fou, j’ai travaillé durant 32 ans, j’ai payé mes impôts, la sécurité sociale et au moindre accident de la vie, on se retrouve seul, démuni ».

Reste à espérer que le juge ne mettra pas sa menace à exécution en plein hiver ! Contacté, Paul-Olivier Delannois, le bourgmestre ff. de Tournai, ne baisse cependant pas les bras et a promis de prendre le dossier en mains : « Nous trouverons une solution avec le CPAS pour que Monsieur Masseus ne se retrouve pas ainsi à la rue ». Croisons les doigts !

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