Publié le Dimanche 15 Mai 2011 à

Culture > Cinéma

Cécile de France, les Dardenne après Clint Eastwood: "Les frères, ce sont de vrais artistes"

Rédaction en ligne

Après avoir tourné aux Etats-Unis, sous la direction du grand Clint Eastwood, Cécile de France s’est retrouvée en bord de Meuse, à Seraing, pour tourner dans « Le gamin au vélo » de Luc et Jean-Pierre Dardenne. Une aventure qui l’a conduite à Cannes où le film des frères est présenté ce dimanche soir en compétition.
Belga

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Elle y incarne Samantha, une coiffeuse qui devient la tutrice de Cyril, un gamin abandonné par son père et auquel elle va très vite s’attacher.

Comment s’est passé le tournage avec Thomas Doret, le jeune comédien?
Cécile de France: C’est n’est pas un enfant, c’est un collègue et un complice. Il avait une longueur d’avance sur moi car il avait déjà longuement répété avec les Frères avant que je n’arrive. Il avait aussi cette virginité naturelle des enfants. C’est la force de la page blanche alors que moi, je devais d’abord la débarrasser de ce qui s’y trouvait déjà.

Vous aviez déjà déclaré rêver tourner avec les frères Dardenne?
Cécile de France: En effet. Ça semblait un rêve inaccessible qui s’est réalisé. Ils font beaucoup de répétitions. Ce sont de vrais artistes et travailler avec eux fut pour moi un enrichissement tant professionnel que humain.

Après Clint Eastwood, le contraste fut saisissant?
Cécile de France: Ce sont comme deux peintres différents, leur fabrication n’est pas la même. Clint Eastwood organise très peu de répétitions. Il veut capter la spontanéité, la magie d’un instantané. Il prépare beaucoup tout seul. Il privilégie le court et l’intense. Tandis que Luc et Jean-Pierre font des répétitions pendant un mois, comme au théâtre, pour bien mettre les choses en place. Ils cherchent beaucoup avant de tourner.

Vivant à Paris depuis un certain temps, avez-vous dû retravailler un accent belge?
Cécile de France: Je vis en effet en France depuis environ dix ans. Il fallait faire attention à effacer tout accent parisien que, par la force des choses, je peux avoir attrapé. Dix ans, ça fait un petit quelque chose tout de même. Mais c’est venu tout naturellement, c’est en moi, ça ne s’oublie pas, je n’ai pas dû y réfléchir beaucoup.

Le fait que le passé psychologique de votre personnage n’est pas exprimé vous a-t-il interpelé?
Cécile de France: Je ne fonctionne pas trop sur l’aspect psychologie du passé de mes personnages. J’aime avoir cette faculté de ne pas avoir à me poser trente-six questions sur son passé. Je travaille beaucoup avec le corps. Il ne faut pas toujours se poser plein de questions ou vouloir comparer. Il faut juste le faire.

Festival de Cannes, Pierre Germay.

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