Publié le Mercredi 18 Mai 2011 à

Culture > Cinéma

"Mélancholia" de Lars von Trier: "Peut-être que mon film ne vaut rien" (bande-annonce)

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Après "Le complexe du castor" où Jodie Foster explorait les processus de reconstruction d’un homme en pleine dépression, c’est au tour de Lars von Trier de se pencher sur ce thème. Palme d’Or en 2000 avec "Dancer in the Dark", le cinéaste danois bien connu pour se déplacer en mobile home, n’a jamais eu la réputation de faire des comédies.
AFP

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Que ce soit « The Element of Crime », son premier long métrage, « Breaking the waves » ou « Antichrist », pour ne citer que ceux-là, son cinéma oscille entre noirceur, épouvante et mysticisme. Bref, rien de très rigolo. Avec « Melancholia », présenté ce mercredi soir en compétition, il se penche cette fois sur la fin du monde. Ou plus exactement un état d’esprit lié à la mélancolie. Il articule son propos en deux parties, l’une où il filme un mariage au cours duquel tout foire (invités réglant leurs comptes, mariée trompant son mari !), et l’autre, plus intimiste, où il se recentre sur deux femmes, la mariée (Kristin Dunst) et sa sœur (Charlotte Gainsbourg) alors que la terre et le soleil entreraient en collision…

Et ô surprise, notre homme se révèle, en conférence de presse, d’une étonnante drôlerie, multipliant les fausses infos et autres canulars, dans l’hilarité générale ! Morceaux choisis.

Pourquoi parler de la mélancolie ?

L.V.T.: "J’ai connu moi-même des phases de mélancolie dans ma vie. Désolé, je n’ai pas grand-chose à dire ! Si ce n’est que je suis heureux d’être ici ! Et aussi que la mélancolie est présente dans beaucoup de formes artistiques. Et qu’elle est liée à la notion de désir, je pense."

Etes-vous satisfait de votre film ?

L.V.T: "Ce fut un vrai plaisir de le tourner. La musique de Wagner nous a aussi emportés même si ça est devenu un peu trop romantique. A la vue des rushs, j’ai un peu rejeté ce romantisme. Alors, peut-être que
mon film ne vaut rien ! Ce que je n’espère pas, évidemment. Mais il est très probable que ce film ne vaille pas la peine d’être vu !"

Pourquoi Kristin Dunst dans le rôle principal de la mariée ?

L.V.T.: "Parce qu’elle a une certaine connaissance de la dépression dans sa propre vie. Si je ne devais pas le dire, oubliez ce que je viens de dire (rires) ! On en a parlé ensemble. (Se tournant vers son actrice) Que tu sois perturbée mentalement, ça nous a bien aidé !"

Parlez-nous un peu de la photo de votre film ?

L.V.T.: "J’ai été inspiré par des tableaux de peintres allemands. Et je me suis inspiré  d’Antonioni et de Tarkovski. Mais parlons plutôt de mon prochain film : Kristin Dunst a insisté pour que ce soit un film porno
! On a pris des photos dénudée d’elle. Et maintenant, elle en veut plus. C’est souvent comme ça avec les femmes ! Charlotte Gainsbourg est déjà allée plus loin, elle veut un film porno dur ! Les dialogues, on s’en fout m’ont-elles dit ! Je suis en train  d’écrire ce film. Il durera trois à quatre heures, pour que la conférence de presse commence plus tard et que je puisse dormir un peu plus tard !"

Quand on vous entend ce matin, on se demande pourquoi vous ne tournez pas des comédies ?

L.V.L: "Mais j’écris des comédies ! Il y a juste qu’en cours de tournage, elles deviennent toujours des tragédies ! D’ailleurs, ce film-ci devait être une comédie ! Il ne faut pas aller voir mon film !"

La religion occupe souvent une place importante dans vos films ?

L.V.T. (redevenant sérieux) : "J’étudie le conflit entre religion catholique et religion orthodoxe. Dans la première, il est souvent question de souffrance, de douleur, de crucifixion. Dans la seconde, au
contraire, il y a place pour le plaisir. Il faut de la lumière divine; et ça, c’est très important dans la religion orthodoxe. Il y est question de transfiguration grâce à la lumière. Et cette lumière, ça pourrait être le
cinéma. La lumière n’est peut-être pas toujours porteuse d’espoir mais au moins de vie. Ceci dit, j’aime aussi les notions de souffrance, de douleur et de culpabilité. Elles peuvent cohabiter avec la lumière."

Lars von Trier se lance alors dans des propos sur les Juifs et sur Hitler ("Je comprends cet homme", "J’ai un peu de sympathie avec lui"). "C’était une plaisanterie, hein !", lance -t-il en guise de conclusion.
On aime à le croire.

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