Publié le Jeudi 19 Mai 2011 à

Culture > Cinéma

La Conquête: interview de Denis Podalydes

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6 mai 2007 : second tour de l'élection présidentielle en France. Nicolas Sarkozy, sûr de sa victoire, reste pourtant cloîtré chez lui, sombre, abattu. Il va gagner... Il vient de perdre sa femme Cécilia.
Belga

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Flashback : « La Conquête » raconte l'irrésistible ascension entre 2002 et 2007 de cet homme arrogant, combatif, bourreau de travail, qui poursuit sa route, envers et contre tout, parce que, dit-il (et il le pense assurément!) : « La France a besoin de lui ». « La Conquête » s'inspire de faits réels bien sûr mais reste une fiction puisque la grande majorité de scènes sont inventées, comme les dialogues. En fait on mélange le vrai et le faux, le réel et l'imaginaire. Xavier Durringer a pris tous les risques en osant, pour la première fois, un film sur un président en exercice (cela ne s'était jamais fait en France), en gardant les noms des personnages politiques et surtout en jouant sur le mimétisme entre les comédiens et ceux qu'ils interprètent. Dans le rôle de Sarkozy, Denis Podalydes, maquillage, perruque et costumes à l'appui, est saisissant de ressemblance, non seulement physique mais aussi psychologique et comportementale.

Q : Denis Podalydes, comment avez-vous appréhendé ce rôle ?

DP : J'étais très désireux de le jouer dès le départ. J'ai passé des essais car il fallait que je convainque : cela m'a mis dans une position de concours. Quand j'ai été pris, je me suis retrouvé en pleine confiance. J'avais alors en moi une sorte de joie secrète, de plaisir profond en me disant que j'étais capable de jouer un tel personnage. Le scénario m'a séduit et touché et je m'y suis plongé sans retenue. J'ai d'abord travaillé la voix, à partir d'émissions de radio notamment, même les plus anciennes quand Sarkozy était jeune maire de Neuilly. C'était un énorme travail de composition. Il avait été aussi notamment question de me mettre un faux nez mais on n'a pas voulu tomber dans le piège de la copie conforme. Il fallait être crédible sans tomber dans la caricature : la marge de manœuvre était assez réduite.

Q : Avez-vous eu peur ou été intimidé ?

DP : Non, pas du tout, ni avant, ni pendant, ni après le tournage. J'ai eu affaire en fait à un personnage de fiction comme n'importe quel autre film de cinéma. On discute avec un réalisateur, on a des partenaires, on se pose des questions sur la mise en scène. Je n'avais finalement pas l'impression d'être en face de l'actuel président de la République. Les scènes étaient très écrites, avec de vrais bons dialogues de cinéma. On répétait plusieurs fois, etc. C'est tout le problème du cinéma vis-à-vis du réel. On est dans la re-création, la re-présentation de la réalité. C'est tout l'enjeu du cinéma avec aussi ses exigences de rythme, de mouvement, etc.

Q : Y avait-il des scènes plus difficiles que d'autres ?

DP : Oui, les scènes d'affrontement entre Sarkozy, Chirac, de Villepin et surtout celles d'intimité avec Cécilia (Florence Pernel) car nous n'avions pas de référence, de document, d'image, on a puisé dans notre expérience personnelle du métier d'acteur. Dans la plupart des scènes, on se mettait tout entier, nous-mêmes. Et cela demandait beaucoup d'engagement, d'énergie, de concentration.

Q : Avez-vous rencontré Nicolas Sarkozy ?

DP : Oui, mais bien après le tournage, il y a 2 mois environ. A ma demande. Il y a peu d'acteurs qui ont la possibilité de rencontrer leur personnage ! J'ai été reçu très courtoisement et l'entretien s'est passé dans la bonne humeur, avec un certain humour même. Mais il a assez rapidement balayé le film en me disant qu'il n'irait pas le voir car on y impliquait sa vie privée. Il m'a quand même demandé si j'avais pris du plaisir à jouer son rôle. J'ai répondu « beaucoup ». Il a simplement ajouté : « C'est déjà ça ! ». Et puis on a parlé d'autre chose...


André Ceuterick en direct de Cannes

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