Publié le Samedi 18 Mars 2017 à

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Primavera: Poggio et Via Roma, lieux stratégiques qui ont construit le mythe

Eric Clovio

Elle peut vous réserver un tour pendable au détour de n’importe quel virage, imposant une vigilance de tous les instants, pendant près de sept heures ! Mais la Primavera se gagne de plus en plus rarement avant le Poggio, la colline de tous les fantasmes, cet étroit goulet qui peut enserrer et étouffer les ambitions des coureurs manquant de force et d’à-propos.

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La plus longue classique de la saison (291 bornes) est aussi celle qui se joue en une poignée de secondes, dans ses kilomètres ultimes, lorsque le suspense est tendu comme un fil à couper le beurre.

Décryptage de trois lieux décisifs.

1. La montée du Poggio

Balcon naturel qui offre une vue imprenable sur la mer de Ligurie, ascension de 3,4 kilomètres balisés de parois en pierre, de serres horticoles où l’on cultive citrons et œillets, le Poggio di Sanremo (introduit sur la Classicissima en 1961) n’est pas un mur qui rebute les sprinters les plus solides (4% de déclivité moyenne, avec des passages à 8%). Mais il peut leur couper le souffle, jusqu’ 162 mètres d’altitude, tant les meilleurs y mènent un train d’enfer, sur grand plateau SVP ! C’est là que Merckx, Saronni ou Fignon ont souvent construit leurs succès, le dernier vainqueur de la Primavera ayant profité de ces pentes pour filer droit vers l’arrivée étant Paolo Bettini (2003).

2. La descente du Poggio

Plus que la puissance, il faut y exprimer lucidité et témérité, ce qui est une gageure après plus de 290 kilomètres d’efforts. Etroite, très technique, elle impose d’incessantes relances, dès le virage mythique dit « de la cabine téléphonique », au fil des 30 courbes et 4 épingles. Il y a 41 ans, Eddy Merckx avait ainsi éreinté Jean-Luc Vandenbroucke, son dernier rival, dans cette plongée à tombeau ouvert vers le cœur de la cita fiori.

3. La Via Roma

On l’a retrouvée en 2015, après six ans d’une étonnante infidélité (Lungomare, entre 2008 et 2014), cette avenue en faux-plat montant fait partie de la mythologie de la Primavera (site d’arrivée de 1949 à 1985, puis de 1994 à 2007). L’entrée de la Via Roma est symbolisée par la fontaine, où Fernando Gaviria a perdu les pédales au printemps derniers, cet axe en plein cœur de la cité sanrémasque propose alors 300 mètres jusqu’à l’arrivée. Tracée dans un carrefour où Eddy Merckx a triomphé à sept reprises, faut-il encore le rappeler.

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