Publié le Jeudi 10 Août 2017 à

Culture > Cinéma

Golshifteh Farahani: star de lumière et sans paillettes

André CEUTERICK, au festival de Locarno

Golshifteh Farahani a illuminé la Piazza Grande du Festival de Locarno. Star sans paillettes ni caprices, la comédienne iranienne a présenté le film « The song of scorpions » du réalisateur d'origine indienne Anup Singh, dans lequel elle joue le rôle de Nooran, chanteuse, guérisseuse, sage femme et médecin de la communauté Sindhi du Rajasthan. Elle est courtisée par un marchand de chameaux qu'elle éconduit mais celui-ci met en place une terrible vengeance ...

"Je joue le rôle d'une femme trahie qui aimait la vie mais sur laquelle plane désormais une ombre terrible et effroyable à cause d'un viol. Au-delà du personnage de Nooran, lui-même, le sujet concerne toutes les femmes d'Inde et d'ailleurs dans le monde, qui vivent dans la soumission et l'humiliation. Je suis née en Iran où notre existence de femme ne jouit d'aucune considération et où nous ne pouvons jamais poser le moindre choix. Les scorpions ont aussi une grande importance dans le film : ils répandent leur poison et sèment la mort partout où ils se trouvent, et seul le chant de la femme initiée peut conjurer le mal. C'est une sorte de métaphore de notre vie qui est remplie de choses que nous ne voulons pas et que nous n'avons pas méritées. Le poison, c'est la haine, la violence, la pollution, le mal qu'on peut combattre par la vie, la lumière et le pardon. Nooran est aussi le symbole de l'exil, exil de sa maison, de son corps, de son identité de femme. Elle part alors dans le désert pour se ressourcer et retrouver la chanson qui la guérira et lui rendra la force de vivre [...] C’est un rôle magnifique qui m'a demandé beaucoup de travail et de patience car j'ai dû jouer dans le désert et apprendre la langue Hindi pendant six mois ».

De Ridley Scott à Jim Jarmush, en passant même par le Pirate des Caraïbes

Golshifteh Farahani est née en Iran et a commencé à jouer dans son pays et le monde arabe. On l'a vue, sans doute pour la première fois en Europe, dans le conte philosophique et contemplatif du tunisien Nacer Khémir « Bab'Aziz, le prince qui contemplait son âme » (2006) mais c'est Ridley Scott qui l'a révélée en lui offrant une première incursion hollywoodienne dans « Mensonges d'Etat » (2008) avec Léonardo Di Caprio.

Désormais surveillée dans son pays, elle réussit à s'exiler à Paris où elle commence véritablement sa carrière de comédienne. Asghar Farhadi (qui vient d'obtenir l'Oscar du meilleur film étranger pour « Le client ») lui confie un rôle principal dans « A propos d'Elly » (2009) qui obtient l'Ours d'Argent au festival de Berlin. Elle enchaîne alors les tournages et retrouve notamment Ridley Scott pour « Exodus : gods and kings » avec Christian Bale, avant d'être la partenaire de Adam Driver dans le magnifique « Paterson » de Jim Jarmush.

Elle est actuellement à l'affiche du dernier « Pirate des Caraibes » (« La vengeance de Salazar ») et on la verra bientôt dans « Altamira » aux côtés d’Antonio Banderas et Rupert Everett, en attendant la sortie de ce « Chant des scorpions », acclamé à Locarno.

Golshifteh Farahani : une star de beauté et de lumière sur les rives du lac Majeur.

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