Publié le Mercredi 16 Août 2017 à

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Un beau-père poursuivi pour le viol présumé de sa belle-fille mineure au moment des faits: elle s'est suicidée à 21 ans

Belga

James W. est poursuivi pour viols et attentats à la pudeur sur la personne de Mélanie, sa belle-fille, qui s’est suicidée en février 2015, à 21 ans.

La période infractionnelle aurait commencé lorsque la jeune fille avait 11 ans et s’étend jusqu’à sa majorité. L’homme reconnait avoir eu trois rapports sexuels avec elle mais seulement à sa majorité en 2011. C’est sur dénonciation que le dossier a été porté devant le tribunal. Le procureur a requis 5 ans de prison contre l’homme de 41 ans.

Lorsque Mélanie s’est suicidée, elle a laissé une lettre en expliquant qu’elle «  ne supportait plus de vivre dans le mensonge  » et qu’elle s’en allait «  en emportant un lourd secret  ».

L’enjeu du procès est de déterminer si les rapports ont commencé avant les 14 ans de la jeune fille, dans ce cas, le consentement n’est pas possible et c’est un viol. Si les rapports ont commencé après, la loi et les peines sont différentes. Pour les rapports qui ont eu lieu après le 3 juin 2011, lendemain de l’anniversaire de Mélanie, elle était déjà majeure : les faits sont qualifiés d’attentats à la pudeur.

«  Je me suis rapproché de Mélanie vers mars 2011, à la mort de mon père. Elle m’a beaucoup épaulé, a expliqué James W. «  Nous avons eu trois rapports sexuels consentis s’étalant sur un an. Entre les trois rapports, nous n’avons échangé que des câlins. Avant cette date il ne s’est rien passé. J’ai joué le rôle de père pour Mélanie  ».

Une vingtaine de personnes auditionnées ont témoigné à charge de James W.

«  Yohann, le frère de Mélanie a déclaré que tout le monde était au courant de la relation entre James W. et sa belle-fille. Sa sœur Nadège dit aussi que lorsque Mélanie avait 13 ans, elle l’a surpris les jambes enlacées autour de James W. Elle a essayé d’en parler avec sa mère, Pascale, qui a refusé  », explique la substitut du procureur du roi, Olivia Vandenbroucke.

La défense a tenté de faire valoir le droit sur la morale : «  Oui, c’est mal que James W. ait entretenu une relation avec la fille de sa femme qu’il a élevé. Mais, nous ne sommes pas là pour juger de la moralité des agissements de James W. Nous sommes là savoir si Mélanie a été violée par mon client ou non. Aucune preuve matérielle ne permet de prouver qu’il l’a fait  », a expliqué Olivier Balleux, l’avocat du prévenu.

La défense réclame l’acquittement de James W. et à titre subsidiaire un sursis probatoire.

La mère de Mélanie, Pascale F., est aussi poursuivie devant le tribunal correctionnel de Namur, pour non-assistance à personne en danger. D’après le parquet, Pascale était au courant des relations que son mari entretenait avec sa fille, dès le plus jeune âge, mais s’est tue. La substitute a requis à son encontre un an de prison assorti d’un sursis probatoire.

Devant le tribunal, Pascale a soutenu son mari, avec qui elle forme toujours un couple, et assuré qu’elle n’était au courant de rien. «  Vous avez pourtant déclaré qu’à la minute où Mélanie a vu James, elle en est tombée amoureuse ! Et vous n’avez rien fait ? », lui a demandé la présidente Matagne. Cette dernière a répondu : «  il y avait de la jalousie entre ma fille et moi, mais c’était impensable qu’elle ait des relations avec James W. »

L’affaire est arrivée devant la justice sur dénonciation, et il n’y a pas de partie civile pour défendre les intérêts de Mélanie. D’après la mère, Mélanie aurait toujours vu la sexualité comme un jeu : «  elle a vu des images chez son père, car il lui montrait des trucs. Concernant sa relation avec son beau-père, j’ai eu des soupçons, j’ai posé la question et ils m’ont tout les deux toujours dit non  », selon la maman qui a déjà perdu un autre enfant en bas âge.

C’est devant la juge d’instruction qu’elle a appris que son mari avait eu des relations avec sa fille, a-t-elle ajouté. Ce dernier a expliqué qu’elles avaient eu lieu lorsque Mélanie était majeure et la maman semble croire la version de James W. Si ses propres enfants ont apporté des témoignages qui accablent James W., elle, lui fait confiance.

«  Ma cliente est une écorchée vive  », estime son avocate Me Ferry. «  Comment comprendre qu’elle défende son mari ? Et bien, ce sont les sentiments qui parlent ! Avant lui, elle n’a connu que des hommes violents, mais il n’empêche qu’elle a toujours tout donné pour ses enfants, elle n’était pas au courant  ».

Pour autant, des témoignages de proches ont indiqué que Pascale F. était bien au courant de la relation malsaine de son mari avec sa fille.

Jugement le 14 septembre prochain.

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