Publié le Jeudi 31 Août 2017 à

Sports > Athlétisme

Kilian Jornet: «Finir l'UTMB pour un élite, c'est facile. Après le gagner ou aller vite c'est difficile»

Afp

D’une folle aventure en 2003, l’Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB) est devenu une référence mondiale de la course d’endurance extrême autour de la montagne. Et pour la 15e édition, ce week-end à Chamonix, aucun des tout meilleurs ne manque à l’appel, pas même le prodige Kilian Jornet.

En 2003, ils étaient 700 à se lancer autour du Mont-Blanc grâce à une idée lumineuse qu’ont eue Catherine et Michel Poletti — toujours aux commandes aujourd’hui — et qui ont organisé la compétition pour un budget de quelque 60.000 euros.

En 2017, le budget a largement été décuplé et ce sont 2300 coureurs (capacité maximum) qui prendront le départ pour un tour de 171 km, dont 10.000 m de dénivelé positif. Les meilleurs mettront une vingtaine d’heures. Ceux qui dépasseront les 46 h 30 min seront disqualifiés.

Il y a 14 ans, c’est un Népalais devenu Suisse qui a ouvert le prestigieux palmarès, Dawa Sherpas, maçon de son état et fabuleux coureur.

«A l’époque, c’était une belle aventure, il n’y avait pas beaucoup de ravitaillement ni d’encadrement comme aujourd’hui», raconte Sherpas. «Si je compare entre hier et aujourd’hui pour tout ce qui est matériel et entraînement, c’est le jour et la nuit»

Suréquipés

Didier Delemontez, lui, n’a jamais gagné. Mais il est l’un des deux seuls à pouvoir se targuer d’avoir terminé toutes les éditions de l’UTMB. Et il prendra encore le départ vendredi soir, à 59 ans.

«Maintenant ce n’est plus comme avant. Les gens sont mieux préparés et suréquipés. En 2003, les coupe-vent n’étaient pas étanches et les piles des lampes frontales ne tenaient pas plus de 6 heures», se souvient ce sportif du dimanche, comme il le dit lui-même, qui regrette un peu le manque de place laissé à l’improvisation.

En 15 ans, l’ultra trail est devenu un véritable phénomène et s’est professionnalisé, même s’ils ne sont qu’une poignée à en vivre.

«A l’époque de Dawa Sherpas, c’était la vraie aventure, maintenant c’est toujours une aventure pour la plupart du peloton mais nous on essaie de maitriser davantage les paramètres pour aller de plus en plus vite», explique le Suisse Diego Pazos, un top 10 mondial.

Il ne portera pas plus de 3 kg d’équipement. Comme celui qui l’a inspiré dans la pratique de la discipline, Kilian Jornet.

Rêver

L’Espagnol, un génie de la montagne, a remporté 3 fois l’UTMB (2008, 2009, 2011). Depuis sa dernière victoire, il n’a plus pris part à l’UTMB et a délaissé quelque peu les compétitions d’ultra trail pour se lancer dans des défis hors normes, à l’assaut des plus grands sommets de la planète équipé d’un short et de baskets, sans assistance ni oxygène.

Le Catalan revient sur cette course chère à son coeur, motivé par un plateau exceptionnel, qui comprend notamment les meilleurs américains. En tête de liste, Jim Walmsley, meilleur ultra trailer 2016, avec qui Jornet n’a quasiment jamais couru. Aucun Américain n’a jamais réussi à remporter l’UTMB.

«Ca fait rêver quand on voit les gens qui participent à cette édition. Normalement, la bataille pour la victoire se fait à 2 sur ce genre de courses», souligne Jornet.

«Finir l’UTMB pour un élite c’est facile. Après le gagner ou aller vite c’est difficile. Le niveau s’est ajouté à la vitesse et c’est pour ça qu’on se prépare autant», ajoute l’Espagnol, qui savoure aussi l’idée de ses retrouvailles avec le Français François D’Haene, victorieux en 2014.

Cela fait 3 ans que le Français n’a plus pris part à l’UTMB. «François va être très fort», relève Jornet.

La bataille en tête de course s’annonce pimentée et compliquée alors que de fortes pluies sont attendues durant la course. Un parcours de repli a été étudié.

Coté filles, la grande favorite est la Française Caroline Chaverot, victorieuse en 2016.

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