Publié le Jeudi 7 Septembre 2017 à

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Ghlin: mouvement de grogne à la société Vesuvius

V.P.

Le ton monte entre les travailleurs de l’entreprise Vesuvius à Ghlin et la direction. En cause : les conditions proposées par la direction à la suite de la restructuration annoncée sur le site.

Photo Eric Ghislain

Pour rappel, le 22 mai dernier, la direction de cette multinationale qui emploie 11.000 personnes à travers le monde a proposé un plan de délocalisation de certains départements, dont la comptabilité et le « performance management », vers la Pologne. Au total, au niveau européen, 105 personnes seraient concernées par cette délocalisation. À Ghlin, neuf personnes seraient impactées, dont six licenciements secs. « La direction leur demande de former les travailleurs polonais pour que le job soit effectué là-bas en Pologne. Il s’agit d’une décision d’ordre purement financier. Le travail est très bien réalisé ici mais on le délocalise dans un pays où les salaires sont moins élevés, » explique Marc Brichaux, le secrétaire permanent SETCa. « Le plan de transmission de l’information envisagé par la direction s’étend entre octobre et avril 2018, soit pendant huit mois. Psychologiquement, c’est très difficile pour le personnel belge. Ils sont prêts à faire ce qu’on leur demande pour leur ex-entreprise. Face à une telle multinationale, c’est extrêmement compliqué de faire changer le cours des événements. Mais la moindre des choses, c’est que Ces travailleurs puissent bénéficier de conditions de départ décentes. »

Et c’est, semble-t-il, là où le bât blesse. Aux yeux du SETCa et de la CNE réunis en front commun, la proposition du groupe Vesuvius est insuffisante. Les représentants des travailleurs souhaiteraient que 180.000 euros supplémentaires soient mis sur la table. « Ce n’est pas une petite PME mais une multinationale qui fait d’énormes bénéfices ! » insiste Marc Brichaux.

Grève, ce vendredi

Ce mercredi, une première assemblée du personnel s’est tenue. Le front commun a présenté les conditions de licenciement et de transfert au personnel. Celles-ci ont été rejetées à 93 %. 86 % des travailleurs, soit une large majorité, étaient prêts à mener des actions. « Nous sommes donc retournés voir la direction. Ils nous ont demandé de leur laisser un jour de délai et ce jeudi, ils nous ont informés qu’ils ne bougeraient pas d’un iota, » poursuit Marc Brichaux. Cette annonce a donné lieu à un mouvement de grogne spontané de la part des travailleurs. Le mouvement devrait se durcir à partir de ce vendredi. Des piquets de grève seront installés dès sept heures du matin sur le site où un arrêt de travail sera observé.

Leader mondial dans l’ingénierie de l’écoulement du métal, Vesuvius est installé depuis plus de trente ans à Ghlin. Le groupe américain y occupe 150 personnes dont 75 % sont universitaires, ingénieurs pour la plupart. Ces ingénieurs travaillent sur des produits très particuliers, du matériel destiné au secteur sidérurgique international.

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