Publié le Mercredi 13 Septembre 2017 à

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Juncker relance l'idée d'un super ministre européen des Finances

Belga

Le président de l’exécutif européen Jean-Claude Juncker a plaidé mercredi pour un super ministre européen des Finances, une vieille idée soutenue par le président français Emmanuel Macron, mais qui ne pourra être abordée qu’après les législatives allemandes.

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«Il nous faut un ministre européen de l’Economie et des Finances, qui encourage et accompagne les réformes structurelles dans nos États membres», a lancé le Luxembourgeois lors de son discours-programme annuel sur l’état de l’Union, devant le Parlement européen réuni à Strasbourg.

Pour cette partie de son discours, prononcée en anglais, en français et en allemand, M. Juncker, qui maîtrise parfaitement les trois langues, a choisi celle de Goethe, ce qui laisse à penser qu’il s’adressait d’abord à la première économie de la zone euro.

Il s’était déjà prononcé dans le passé pour le principe d’un ministre européen des Finances, une idée qui avait à nouveau été mise en avant fin mai par la Commission dans le cadre d’une réflexion sur l’avenir de la zone euro.

Avec ses déclarations, M. Juncker s’invite aussi dans un débat engagé entre Paris et Berlin depuis l’arrivée au pouvoir en mai de M. Macron, qui plaide pour un renforcement des institutions de la zone euro, afin de faire face aux chocs tels que la crise de la dette ou le Brexit.

Mais si M. Macron a clairement affiché sa position, la chancelière Angela Merkel, qui devrait selon tous les sondages être reconduite dans ses fonctions après les législatives du 24 septembre, s’est montré plus floue.

Elle a en tous les cas récemment dit qu’elle «n’était pas opposée à l’idée en soi» d’un super ministre, même s’il fallait encore éclaircir son rôle.

Tout dépendra aussi de son éventuel partenaire de coalition: les sociaux-démocrates allemands, actuels partenaires des conservateurs de Mme Merkel, se sont montrés très favorables aux idées de M. Macron, mais les libéraux beaucoup moins.

La Commission européenne fera des propositions concrètes sur le sujet le 6 décembre.

Pas de parlement de la zone euro

«Je ne voudrais pas que l’on crée un nouveau poste, je demande pour des raisons d’efficacité que le commissaire (européen) chargé de l’Economie et des Finances devienne ce ministre --idéalement vice-président de la Commission européenne-- et soit également le président de l’Eurogroupe», qui regroupe les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, a affirmé M. Juncker.

Concrètement, ce serait la fusion du poste occupé actuellement par le Français Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, et celui du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem.

Pour M. Juncker, «ce ministre européen de l’Economie et des Finances devrait coordonner l’ensemble des instruments financiers de l’UE lorsqu’un Etat membre entre en récession ou est frappé par une crise menaçant son économie», a-t-il continué.

Sur deux points, M. Juncker a rejeté en revanche des idées avancées par M. Macron: il ne veut ni parlement, ni budget spécifiques de la zone euro.

«Ce ministre européen de l’Economie et des Finances sera bien évidemment responsable devant ce Parlement européen. Nous n’avons pas besoin de structures parallèles. Par conséquent, nous n’avons pas besoin d’un budget de l’euro distinct, mais d’une ligne budgétaire conséquente dédiée à l’eurozone dans le cadre de notre budget de l’UE», a dit M. Juncker.

Il s’est également dit favorable à la création d’un Fonds monétaire européen, qui serait issu d’une réforme du Mécanisme européen de stabilité actuel (MES), qui avait été créé pour répondre aux crises financières dans la zone euro, comme dans le cas de la Grèce. La France et l’Allemagne sont favorables à cette réforme.

Dans son discours, M. Juncker a aussi rappelé que l’euro avait «vocation à devenir la monnaie unique de toute l’Union européenne», la Grande-Bretagne et le Danemark exceptés, puisqu’ils n’en veulent pas.

Pour les Etats qui voudraient rejoindre l’euro, M. Juncker a proposé la création «d’un instrument d’adhésion, offrant une assistance de pré-adhésion technique et parfois financière».

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