Publié le Samedi 16 Septembre 2017 à

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La contraception, ça doit être «Fifty-Fifty»

Laurence Briquet

Lire aussi : Une implication financière des deux partenaires

La contraception est l’affaire des deux partenaires. Et c’est justement ce partage des responsabilités en matière de contraception que met en évidence la campagne « Fifty-Fifty » de la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (FCPF-FPS).


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«  La contraception, c’est l’affaire des femmes » . Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui ont déjà entendu de tels propos. Parce qu’il existe actuellement un plus grand choix de moyens contraceptifs féminins que masculins, beaucoup considèrent que la contraception concerne uniquement les filles.

De nombreuses femmes sont également souvent seules en charge du coût de leur moyen contraceptif.

Selon une enquête réalisée en 2017 par l’Institut Solidaris, en collaboration avec la FCPF-FPS, portant sur la contraception féminine et masculine, 87 % des femmes payent personnellement leur contraceptif contre 78 % des hommes. Selon cette même enquête, 46 % des femmes savent combien coûte le moyen contraceptif de leur partenaire, contre 31,5 % des hommes.

Partage des coûts

«  Diverses possibilités s’offrent aux hommes afin qu’ils s’impliquent activement dans la contraception. Leur implication peut notamment se traduire par la prise en charge d’une partie de la contraception, par exemple, en utilisant des préservatifs masculins ou, encore, par la participation financière à l’achat des contraceptifs de leur partenaire féminine » , explique Eloïse Malcourant, chargée de communication et responsable éducation permanente, à la Fédération des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes.

Actuellement, en matière de contraception masculine, deux moyens sont disponibles en Belgique : le préservatif masculin qui protège aussi des infections sexuellement transmissibles (IST) et la vasectomie dite « contraception définitive ».

L’implication des deux partenaires dans la contraception se reflète aussi à travers la communication et le dialogue autour de cette thématique. Il est essentiel de pouvoir parler de contraception avec son/sa partenaire. Selon l’enquête de 2017 de l’Institut Solidaris, 80 % des femmes déclarent discuter avec leur partenaire actuel du contraceptif qu’elles vont utiliser ou ne pas utiliser. Ce chiffre est en augmentation par rapport à l’année 2010 (68 %), année durant laquelle l’Institut Solidaris a initié une enquête portant sur la contraception féminine. Concernant les hommes, 76 % disent discuter du moyen contraceptif de leur partenaire avec celle-ci. Ces chiffres sont encourageants mais prouvent que tant les femmes que les hommes peuvent s’impliquer davantage.

«  La thématique de la campagne «  Fifty-Fifty  » fait notamment suite à des constats de terrain émanant des Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes » , ajoute Eloïse Malcourant. «  Si la contraception fait défaut, qu’un «  couac  » se produit et qu’une grossesse non-désirée survient, la femme n’est en aucun cas la seule concernée. En plus de la responsabilité qui pèse sur les femmes en cas d’échec de la contraception pouvant mener à des grossesses non-désirées, elles sont aussi exposées aux effets secondaires des moyens de contraception et nombreuses sont également souvent seules en charge du coût de leur moyen contraceptif ».

L’importance de l’implication masculine

«  L’implication des hommes dans la contraception est primordiale afin de tendre vers une égalité entre les femmes et les hommes en matière de droits sexuels et reproductifs. Puis, ne pas s’impliquer dans la contraception sous prétexte que la sexualité est un domaine qui relève de la sphère de l’intime amène à occulter tous les combats pour l’égalité en matière de droits sexuels et reproductifs » , avance la chargée de communication.

«  La campagne «  Fifty-Fifty  » rappelle aussi que, lors de tout rapport sexuel avec un(e) nouv-eau/elle partenaire, la formule idéale pour une sexualité en toute confiance est de combiner un préservatif (masculin ou féminin) à un autre moyen de contraception » , ajoute Eloïse Malcourant.

Avec un(e) nouv-eau/elle partenaire, il est important de toujours utiliser un préservatif (masculin ou féminin) durant au moins six semaines. Ensuite, il est recommandé aux deux partenaires de faire un dépistage VIH/SIDA et IST avant d’envisager d’arrêter d’utiliser un préservatif.

Une implication financière des deux partenaires

La première affiche évoque l’importance de la combinaison idéale pour une sexualité en toute confiance. Lors de tout rapport sexuel avec un(e) nouv-eau/elle partenaire, la formule idéale consiste à combiner un préservatif (masculin ou féminin) à un autre moyen de contraception. Ainsi, les partenaires se protègent tant des IST que des grossesses non-désirées (le préservatif est le seul moyen de se protéger contre les IST mais, en tant que moyen de contraception, il s’avère néanmoins moins fiable que d’autres contraceptifs).

Le préservatif, tour à tour

Via la phrase d’accroche suivante « En matière de contraception, à chacun son tour de porter un préservatif ! », la deuxième affiche imaginée dans le cadre de cette campagne porte sur l’alternance de la prise en charge du préservatif (masculin ou féminin).

Quant à la troisième affiche, celle-ci évoque l’implication financière des deux partenaires dans la contraception. Car, s’impliquer dans la contraception se traduit aussi via la prise en charge d’une partie des coûts par les deux partenaires.

Il y a également un flyer qui propose des pistes afin que les deux partenaires s’impliquent dans la contraception : soutenir et respecter l’autre dans ses choix, se renseigner ensemble et en discuter librement, partager les coûts financiers…

Une brochure pratique

Les affiches et les flyers ont été diffusés auprès de nombreuses structures actives dans le réseau psycho-médico-social en Fédération Wallonie-Bruxelles et ont été tout particulièrement relayés par les Centres de Planning familial des Femmes Prévoyantes Socialistes (CPF-FPS).

Enfin, il y a également une brochure portant sur les différents moyens de contraception. Vous y trouverez des renseignements pratiques sur les principaux moyens de contraception, où et comment vous les procurer et à quel prix. Car, connaître les différentes méthodes contraceptives, c’est être libre de choisir celle qui vous convient le mieux. C’est aussi être capable de décider si – et quand – vous voulez devenir parent. -

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