Publié le Mardi 28 Novembre 2017 à

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«Oumuamua», l'étrange astéroïde venu d'un autre système solaire, serait-il une sonde extraterrestre? (vidéo)

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Un mystérieux objet rocheux ayant la forme d’un cigare, détecté le 19 octobre, provient d’un autre système solaire, une observation sans précédent qui a été confirmée par des astronomes dans la revue britannique Nature. Une découverte qui a aussi intéressé les membres du programme SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), qui ont décidé « d’écouter » l’astéroïde avec de puissants télescopes, pour vérifier qu’il ne s’agisse pas, au cas où, d’une sonde extraterrestre…

L’astéroïde baptisé « Oumuamua » par ses découvreurs mesure 400 mètres de long et sa longueur représente environ dix fois sa largeur. Cette forme inhabituelle est sans précédent parmi les quelque 750.000 astéroïdes et comètes observés jusqu’à présent dans notre système solaire où ils se sont formés, selon ces chercheurs. Les scientifiques ont conclu avec certitude à la nature extra-stellaire de cet astéroïde car l’analyse des données recueillies montre que son orbite ne peut pas avoir son origine à l’intérieur de notre système solaire.

Selon ces astronomes, cet objet inhabituel a voyagé seul à travers la Voie Lactée depuis des centaines de millions d’années avant de passer dans notre système solaire et de poursuivre sa route.

« Oumuamua », qui signifie messager en langue hawaïenne, a été découvert le 19 octobre avec le télescope Pan-STARRS1 situé à Hawaï qui traque les objets croisant proche de la Terre.

Une équipe d’astronomes dirigée par Karen Meech de l’Institute for Astronomy à Hawaï a constaté que la luminosité de l’objet variait jusqu’à dix fois en puissance alors qu’il tourne sur lui-même toutes les 7,3 heures. Aucun astéroïde ou comète dans notre système solaire connaît une telle ampleur dans la variation de sa luminosité ou un tel ratio entre la longueur et la largeur, soulignent-ils. Ces propriétés laissent penser que « Oumuamua » est dense et est formé de roches et peut-être aussi de métal. Mais il n’a ni eau ni glace et sa surface a été rougie par les effets des radiations cosmiques pendant des centaines de millions d’années.

Une sonde extraterrestre ?

L’institut SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence, Recherche d’une Intelligence Extraterrestre, en français), qui cherche des signaux extraterrestres, a en tout cas décidé d’« écouter » l’astéroïde avec ses radiotélescopes pour voir si des signaux ne s’en échapperaient pas. Juste au cas où. Une information confirmée au physicien James Benford, par deux membres du SETI.

L’homme y écrit qu’en excluant les explications les plus probables, il reste toujours une possibilité qu’il s’agisse d’une sonde extraterrestre, dont le but serait de collecter des données sur les systèmes qu’elle visite. Elle pourrait capter facilement des ondes des satellites en orbite de la Terre.

Le but du SETI serait donc de vérifier que l’astéroïde n’émettrait pas de signaux de réponses.

Si la chance était déjà infime que cet astéroïde soit bel et bien un appareil extraterrestre, Karen Meech, l’homme en charge de l’équipe hawaïenne qui a découvert l’objet, expliquait en plus au New York Times il y a quelques jours que les observations menées depuis sa découverte tendaient à bel et bien démontrer qu’il était d’origine naturelle.

Vers Pégase

Quelques télescopes terrestres de grande puissance continuent en effet à traquer l’astéroïde alors qu’il disparaît rapidement en s’éloignant de la Terre. Le 20 novembre, l’objet voyageait à une vitesse de 38,3 kilomètres par seconde et se trouvait à environ 200 millions de km de la Terre.

Il sortira de notre système solaire pour prendre la direction de la constellation de Pégase. Les observations avec des grands télescopes terrestres continueront jusqu’à ce que l’astéroïde devienne quasiment indétectable, soit après la mi-décembre.

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