Publié le Vendredi 19 Août 2011 à

Culture > Musique

Notre journaliste au Pukkelpop (5 morts): "Voir la mort en face, comme dans un film catastrophe"

Christophe Van Impe

Christophe Van Impe, notre journaliste qui couvre quotidiennement le Sporting d’Anderlecht, est aussi un grand fan des festivals: il n’en rate jamais un. Jeudi, lorsque la catastrophe est arrivée, il était présent, sur place, au Pukkelpop. Il dit avoir vu la mort en face. Témoignage.

J’étais présent au Pukkelpop lors du violent orage de jeudi en début de soirée et j’ai eu, je dois le reconnaître, la peur de ma vie. C’est ce qui s’appelle voir la mort en face. La tragédie a eu lieu, cela ne s’invente pas, une petite heure après la prestation de... Explosions in the Sky. Je me dirigeais vers le Club pour assister au concert de Miles Kane, alors que Skunk Anansie en terminait sur la Main Stage, quand il a commencé à pleuvoir à grosse gouttes. Rapidement, c’est un véritable déluge qui a ravagé la plaine. Je n’avais jamais vu des conditions climatiques aussi terrifiantes. On se serait cru dans le film “Twister”. Dans le Club, une espèce de tourbillon menaçait de soulever la toiture. Sur la droite, les barrières ont commencé à tomber et à s’envoler. Tandis que que la gauche, l’eau s’engouffrait dans l’enceinte. La foule a commencé à paniquer, surtout quand les deux énormes pylones soutenant les écrans géants se sont effondrés à l’entrée du Club. Les gens ne savaient pas quoi faire. Dehors, ce sont des grelons de la taille de balles de ping-pong qui tombaient du ciel. La salle a ensuite été évacuée dans un calme relatif. Mais au Château, c’était encore bien pire. La tempête a commencé alors que le groupe Smith Western jouait son premier morceau. Tout à coup, la tente s’est éventrée sur 15 mètres derrière les artistes, qui ont pris leurs jambes à leur cou. Et c’est alors que toute la structure s’est écroulée sur le public. La bâche de la Boiler Room s’est également envolée, tandis que le Dance Hall n’a pas été épargné par les dégâts. C’est un miracle qu’il n’y ait eu que finalement peu de victimes par rapport à l’ampleur de la catastrophe. Mais il faut dire que tout a remarquablement été géré par les services de secours. En soirée, le site ressemblait à un véritable champ de bataille...

Le bilan est lourd: 5 morts, tous de nationalité belge

“Le Pukkelpop est en deuil. Nous compatissons à la douleur des familles et amis des victimes. Les mots manquent. Nous ne pouvons pas nous résoudre à continuer le festival. Nous avons donc décidé d'arrêter le Pukkelpop 2011 pour le reste du week-end”, indique Chokri Mahassine, l'organisateur du festival, dans un communiqué.

Le bilan de la catastrophe au Pukkelpop est, ce vendredi matin, de cinq morts, tous de nationalité belge. Trois personnes étaient déjà décédées jeudi soir. Et au cours de la nuit, deux autres personnes ont succombé à l'hôpital des suites de leurs blessures.

Outre les cinq décès, on dénombre également 10 personnes grièvement blessées et près de 140 blessés légers.

Le festival annulé

Les organisateurs ont finalement décidé d'arrêter le festival. Jeudi soir, les organisateurs avaient pourtant décidé que le festival reprendrait ce vendredi.

Gros embouteillage ce matin

Si vous devez aller reprendre des personnes qui étaient sur le site du Pukkelpop, faites attention: on annonce de gros embouteilles pour accéder au site.

Que s'est-il passé?

Une tempête brève mais intense s'est abattue dans la soirée de jeudi sur la plaine du festival Pukkelpop à Kiewit (Hasselt), où plus de soixante mille personnes étaient présentes. La tempête était accompagnée de vents forts, de pluies intenses et de grêle. Les festivaliers, pris de panique, se sont réfugiés sous de grandes tentes. Certaines tentes se sont effondrées.

Les organisateurs demandent vendredi matin aux festivaliers de rejoindre leur domicile. Des informations pratiques peuvent être obtenues via l'adresse mail 'info@pukkelpop.be'.

Les chauffeurs de De Lijn se mobilisent pour évacuer les festivaliers

La société de transport De Lijn au Limbourg indique ce vendredi matin qu'elle met tout en oeuvre pour permettre aux festivaliers du Pukkelpop de regagner leur domicile.

Durant toute la nuit, des navettes avaient été mises en place et le nombre de bus en circulation depuis six heures vendredi a été revu à la hausse.

"De nombreux chauffeurs se sont présentés spontanément pour prendre leur service plus tôt ce vendredi. Dès 8 heures, nous serons à plein régime", a déclaré Sonja Loos, de De Lijn-Limbourg. Les bus transportent actuellement les festivaliers depuis le camping et les centres d'accueil vers la gare de Hasselt. Là, des contrôleurs informent les passagers et examinent s'il y a lieu de renforcer l'offre sur certaines lignes ferroviaires.

  • Notre journaliste au Pukkelpop (5 morts): "Voir la mort en face, comme dans un film catastrophe"

  • Notre journaliste au Pukkelpop (5 morts): "Voir la mort en face, comme dans un film catastrophe"

  • Notre journaliste au Pukkelpop (5 morts): "Voir la mort en face, comme dans un film catastrophe"

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent