Publié le Mercredi 10 Janvier 2018 à

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Seppe Smits, l'acrobate des neiges

Rédaction en ligne

L’Anversois possède une vraie chance de médaille en slopestyle snowboard aux prochains Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang (Corée du Sud).

Sur ces entrefaites, le palmarès de Seppe est plus qu’impressionnant. Ce dernier voyage partout dans le monde, à la recherche de la neige de la meilleure qualité possible, et se hisse au sommet du podium. En 2011, il est devenu champion du monde de slopestyle, et en 2012, il a remporté ce même titre en Big Air. En 2014, il est même arrivé 13ème aux Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, en Russie. Aujourd’hui également, il participe à quasi toutes les compétitions pour le podium. Ainsi, il a remporté le championnat de coupe du monde à Seiser Alm en effectuant un excellent parcours, et est devenu, pour la deuxième fois, champion du monde de slopestyle snowboard en Sierra Nevada en Espagne.

Qu’est-ce que le slopestyle snowboard ? En quoi ce sport consiste-t-il précisément ?

Le slopestyle est un parcours comprenant différents sauts, diverses rampes, et d’autres obstacles créatifs qui se suivent sur une pente. Le rider doit dévaler une seule pente en se servant de tous les obstacles, et en effectuant un parcours qui soit le plus technique et le plus net possible. Le jury octroie des points au niveau du degré de difficulté, de la créativité, de l’exécution, et du style.

De quelle façon t’entraînes-tu ?

En passant beaucoup de temps dans les montagnes, et en s’exerçant régulièrement au niveau des sauts et des rampes. Il est utile de s’entraîner conjointement avec d’autres personnes qui pratiquent du snowboard, de se lancer des défis mutuels, afin d’apprendre de nouvelles techniques, et de trouver des sources d’inspiration. Outre la pratique du snowboard en tant que telle, il ne faut pas négliger l’entraînement physique.

Quelle est la différence en termes de préparation et d’approche avec un Big Air, par exemple ?

En ce qui concerne le slopestyle, il faut maîtriser tant les sauts que les rampes, et il faut également effectuer un sans-faute au niveau du parcours ponctué d’une série de six à huit obstacles, tandis que le Big Air ne s’articule qu’autour d’un seul saut. Dès lors, vous pouvez prendre un peu plus de risques. Ainsi, vous verrez souvent des figures légèrement plus compliquées.

Comment choisis-tu les figures ?

Cela s’effectue durant les journées d’entraînement qui précèdent la compétition. Vous appréhendez d’abord le parcours, et déterminez ensuite quels sont les sauts et les rampes qui conviennent pour quelles figures. De cette façon, vous vous constituez le parcours idéal.

Quelles sont les figures qui te font gagner des points ? Comment les niveaux de difficulté sont-ils établis ?

Le jury tient compte de différents critères. Il importe d’avoir une combinaison idéale de figures, mêlant une bonne dose de variation et de créativité. J’opte toujours résolument pour ce type de parcours.

Qu’est-ce qu’un Triple ? Qu’est-ce qui le rend si spécial ?

Le triple est une figure technique très compliquée, devenue incontournable au cours des dernières années afin d’obtenir un bon résultat lors de compétitions. Le rider effectue ainsi une rotation de 1440°, accompagnée de trois saltos. Il s’agit donc d’une figure assez compliquée à réaliser en un seul saut, certainement si l’on y ajoute encore l’un ou l’autre mouvement, pour achever le tout de manière élégante.

Es-tu prêt pour les Jeux olympiques d’hiver ?

En tout état de cause, je suis très désireux d’y participer. Et je pense que je pourrai ponctuer mes parcours de quelques belles figures.

Il va de soi que ce ne sont pas tes premiers Jeux olympiques. Dans quelle mesure peux-tu tirer parti de cette expérience pour les Jeux olympiques à Pyeongchang ?

J’essaie de considérer cette compétition comme une compétition normale. Je vais bien profiter à Pyeongchang.

Quelles sont tes attentes ?

C’est très difficile à évaluer, certainement en raison du fait que je ne connais pas encore bien le parcours. Mon premier but est d’atteindre la finale. Ensuite, je tenterai le tout pour le tout afin d’obtenir un beau résultat.

Qui sont tes principaux adversaires ?

Adversaire n’est pas le bon mot dans le monde du snowboard, car nous nous encourageons mutuellement. Mais il faudra certainement se méfier de Mark McMorris, Max Parrot, Stale Sandbech, Markus Kleveland, Sven Thorgren et Chris Corning.

Tu participes aux Jeux olympiques d’hiver en tant que champion du monde. Comment gères-tu cette pression ?

Les médias ont des attentes à mon égard, et j’ai les miennes. Je me concentre simplement sur ma discipline, et non sur le nombre lié au résultat. Je participe aux Jeux afin d’effectuer une belle prestation, et pour profiter de l’expérience. J’essaie de me concentrer le mieux possible sur ma prestation.

Comment te prépares-tu mentalement, avant une compétition, et juste avant de t’élancer ?

Je tente de ne pas trop réfléchir à une compétition. J’essaie surtout d’éprouver du plaisir en pratiquant le snowboard, et j’applique la même stratégie qu’à l’accoutumée. Et je ne pense donc pas à tout ce qui pourrait être une source d’échec, mais je me concentre sur les figures que je veux réussir. J’ai une parfaite maîtrise de moi-même. Juste avant le lancement, mon coach m’insuffle encore un peu de courage, et je passe toute la descente en revue dans ma tête. Ensuite, je m’élance.

Comment une journée de compétition se déroule-t-elle ?

Je ne suis pas superstitieux, je n’ai donc pas de rituels bien précis. Toutefois, je pratique une séance de yoga en matinée pour l’échauffement. Ensuite, je mange une bonne portion de salade de fruits. Je prends mon temps pour tout, et je planifie toutes mes activités afin que je ne doive pas me dépêcher. Une fois sur la montagne, je commence par un parcours d’échauffement, avec quelques rampes et quelques sauts. Et juste avant le début de la compétition, je bois encore une gorgée de Red Bull qui me procure cette énergie supplémentaire. Ensuite, je vide complètement ma tête, et je me concentre sur le vent, puis je m’élance.

Comment fais-tu pour garder ta concentration, même en cas de problème ?

De nombreuses années d’expérience vous permettent d’acquérir de bons réflexes en cas de problèmes éventuels. Je recherche toujours la meilleure solution, et je repousse toute pensée négative liée à un échec. Il y a des fois où cela réussit mieux, mais cela fait partie de ce sport.

Comment gères-tu un crash, ou un échec, ou encore une blessure ?

Ce sport reste un plaisir. Même en cas de problème ou d’échec, je continuerai de pratiquer du snowboard, et de vivre ma passion. Les blessures constituent surtout une source de frustration, étant

donné que je ne peux pas m’exercer à ce moment-là. Je dois alors faire preuve de patience. Bien souvent, la motivation est alors encore plus grande. Heureusement, je peux compter sur mon coach, ma petite amie, ma famille et mes amis, lesquels continuent de me soutenir, et me soutiennent lorsque je traverse des moments plus difficiles.

Dans quelle mesure ce sport est-il dur sur le plan physique ?

Au fil du temps, les exigences physiques sont de plus en plus dures. Je prends tout doucement de l’âge. Par conséquent, mon corps et mes ligaments sont légèrement moins souples. Les figures sont plus difficiles à réaliser, et ces dernières exercent une plus grande pression sur le corps. Les sauts sont également plus grands. À l’heure actuelle, il faut réellement s’entraîner rigoureusement, tant sur la piste, qu’en dehors de celle-ci. Ce n’est que de cette façon que l’on maintient son niveau à ce sport, et que l’on évite les blessures.

Comment fais-tu pour rester en forme ?

Au terme d’une journée de snowboard, je me rends au centre de fitness afin de récupérer, de pratiquer de la musculation, et d’entretenir ma condition physique, en fonction de l’intensité de mon entraînement de snowboard. Lorsque je ne pratique pas de snowboard, j’essaie alors de prendre soin de mon corps de la meilleure façon possible par le biais d’exercices destinés à prévenir les blessures, sans oublier des exercices de musculation, et ceux pour entretenir la condition physique. Je sens que mon corps en a besoin. Ceci étant, la pratique du fitness est agréable. J’essaie de me lancer des défis, à l’instar de ceux que je me lance sur ma planche de snowboard. Mon coach est mon compagnon idéal, car il adore également ce qu’il fait.

Quelle est l’importance de cette passion pour ce sport ?

Si je n’aimais pas le snowboard, je ne prendrais jamais de risques afin d’apprendre de nouvelles figures. Je m’amuse pratiquement à chaque fois que je suis sur ma planche de snowboard, et j’ai envie que ce plaisir perdure jour après jour.

Tu n’es plus le plus jeune des participants. Comment te sens-tu entre tous ces jeunes ?

L’âge n’est qu’un nombre. Le plus important, c’est la façon dont je me sens physiquement et mentalement, et, pour l’instant, je me sens bien. De temps en temps, il est frustrant de constater que ces jeunes sont bien plus flexibles lors de chutes, mais ce n’est pas un problème pour moi.

Comment est ta relation avec ton coach ?

Mon coach est un véritable ami pour moi, ainsi qu’une personne de confiance. Nous rigolons toujours ensemble, et, au fil du temps, nous sommes devenus un duo inséparable. Il ressent exactement la façon dont je me sens, et peut ainsi me motiver parfaitement aux moments adéquats afin d’effectuer certaines figures, ou d’en tenter de nouvelles.

Ta petite amie Kaat t’accompagne également souvent ?

Elle est photographe, et c’est vraiment super. Lorsque je pars pour un entraînement, ou si la compétition ne se déroule pas trop loin de notre domicile, et que les tickets ne sont pas trop chers, j’essaie de l’emmener. Mon compte Instagram est alors bien rempli. J’aime bien qu’elle m’accompagne lors de compétitions. Grâce à elle, je me sens à mon aise. Ce n’est vraiment pas la même chose avec Skype.

Quelle est l’importance des gens qui t’entourent ?

J’estime important d’avoir de véritables amis, qui me connaissent également en tant que Seppe, et non en tant que champion du monde de snowboard. Je trouve agréable de pouvoir recharger mes batteries en leur compagnie, et, bien souvent, je suis encore plus motivé de retrouver les montagnes après avoir passé de bons moments avec eux. Mes amis et ma famille sont extrêmement importants.

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