Publié le Lundi 8 Janvier 2018 à

Régions > Mons > Actualité

Tribunal: Fabienne face à son violeur lors de la fête d'ouverture de Mons 2015

Rédaction en ligne

C’était le 24 janvier 2015. Le lancement des festivités de Mons 2015, capitale européenne de la culture, aurait dû être une belle fête pour ‘Fabienne’ (prénom d’emprunt), cette mère de famille divorcée de 45 ans. Mais elle a tourné au cauchemar au petit matin, alors qu’elle rentrait à pied chez elle, dans la banlieue sud de Mons. Ce lundi, Fabienne s’est pliée à une sacrée épreuve : se rendre au tribunal de Mons comme partie civile aux côtés de son avocat M e  Pol Descamps, voir son violeur droit dans les yeux. Et lui dire ce qu’elle ressentait, depuis. L’homme a nié farouchement.


C’était le 24 janvier 2015. Une fête qui restera associée à un cauchemar pour Fabienne.

E.G.

C’était le 24 janvier 2015. Une fête qui restera associée à un cauchemar pour Fabienne.

La dame s’approche, l’expression trahissant son traumatisme. « Je suis toujours en stress depuis lors », explique-t-elle au trio de juges présidé par Jean-Marc Ruchard. Elle regarde alors Marouane, 30 ans, prévenu notamment de son viol. « Je ne vous connais pas, Madame. Je n’ai jamais touché une femme. » « Je ne te reconnais pas, peut-être ! » Et : « C’est sans la moindre hésitation que je désigne cet homme comme étant mon agresseur. » Le substitut Julien Moinil rétorque à celui qui persiste à nier : « Votre ADN a été retrouvé dans le slip de cette victime ! » Dans ces conditions, M e  Jean-Edmond Mairiaux a choisi de ne pas plaider contre le dossier.

Fabienne explique comment cela s’est passé. « J’avais passé une belle soirée avec un ami, qui m’a laissé tomber en fin de soirée. Je n’avais plus d’argent : quittant le Marché aux Herbes, je me suis résolue à rentrer chez moi à pied, seule dans la nuit. Il devait être 4-5h du matin quand j’abordais la rue Lamir. Cet individu m’a accostée gentiment, me demandant une cigarette, que je lui ai donnée. Mais alors, il m’a attrapée, jetée par terre. Il m’a violée à deux reprises. Il m’a aussi volé mon sac à main. » Souillée par l’agression, blessée aux genoux, aux bras, Fabienne poursuit sa route, et rentre chez elle. Elle pleure, au matin, devant son fils aîné qui lui demande ce qui ne va pas. « Je n’ai d’abord parlé que du vol. Mais je pleurais tout le temps : j’ai avoué à mon aîné que j’avais été agressée sexuellement. Nous sommes alors allés à la police, rue du Rossignol, porter plainte : on m’a dit de revenir le lendemain ! Ce que nous avons fait. J’ai alors passé une éternité à effectuer des démarches, à l’hôpital, à porter plainte… et à aller rechercher mes vêtements souillés ! Car quand je me suis présentée la première fois à la police, personne ne m’a dit de les sauvegarder aux fins d’analyses génétiques ! Par chance, j’avais juste laissé mes vêtements dans le panier à linge sale. Si je les avais nettoyés, j’aurais effacé l’ADN qui l’accable ! »

Et depuis ? A Marouane, Fabienne a dit : « Je fais des cauchemars, je ne dors plus ! » En apparté, elle confie : « Je subis des diarrhées chroniques. Je ne sais plus faire confiance à un homme. Je vis enfermée. C’est à peine si je sors encore faire mes courses. Sortir le soir ? Je m’y interdis, j’ai bien trop peur désormais. A l’époque, je sortais de l’hôpital pour dépression… Cette horreur m’a fait replonger. »

Cette épreuve devant le tribunal lui fera du bien. Car si Fabienne a tremblé en le voyant, si elle a craqué suite à son témoignage à l’audience, elle se sent désormais mieux. Elle espère pouvoir enfin remonter la pente.

G. M.

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent