Publié le Jeudi 13 Octobre 2011 à

Régions > Liège > Actualité

Marcourt: “ J'espère qu'un nouvel investisseur va reprendre l'activité d'ArcelorMittal”

Rédaction en ligne

La phase à chaud de la sidérurgie liégeoise reste viable si un industriel consent les investissements nécessaires, a assuré jeudi matin le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, sur les ondes de La Première.

La phase à chaud n’a plus connu d’investissements industriels depuis 2003, mais ce n’est pas dû aux travailleurs, qui eux ont réduit de plus de moitié le différentiel de compétitivité, a souligné le ministre socialiste.

ArcelorMittal, de son côté, “n’a pas fait sa part du travail, mais si un industriel repreneur le faisait, ce serait viable”.

A ses yeux, la sidérurgie reste un secteur “structurant” à défendre en Wallonie, pour autant que l’on se concentre sur des produits de très haute technologie. “La galvanisation, le revêtement sous vide ont été inventés à Liège”, rappelle M. Marcourt.

Avec ArcelorMittal, “le chaud à Liège est fini”, si le géant de la sidérurgie n’a pas de volonté de collaborer pour trouver une solution. Jean-Claude Marcourt craint qu’au cas où un repreneur se présente, ArcelorMittal ne cède pas l’outil. “Ce n’est pas dans leur tradition de vendre”.

Le ton se fait alors plus menaçant: “s’ils ne cèdent pas l’outil, nous exigerons le démantèlement, la remise en état et la dépollution du site, ce qui coûtera très cher; ils ne laisseront pas un chancre industriel au milieu de Liège”.

Le ministre liégeois condamne le “cynisme” d’un monde ultra-libéral, voyant les mêmes réflexes dans les secteurs de la sidérurgie que dans le système bancaire. Il y avait un accord social de réengagement alors que le directeur général du pôle liégeois, Joao Felix Da Silva, “savait qu’il allait annoncer la fermeture le surlendemain”.

Jean-Claude Marcourt dénombre quelque 580 personnes sous contrat avec ArcelorMittal à Liège, un peu moins de 300 liées à des sous-traitants, ainsi que des “centaines d’emplois indirects”, soit un total de 1.500 à 2.000 personnes touchées de près ou de loin.

Toutefois, les sous-traitants ont déjà pris en compte l’impact de l’arrêt des activités de la ligne à chaud dans leur personnel, fait-il remarquer.

Le ministre se dit aussi inquiet pour les pôles du froid et de la recherche et développement. “La confiance est totalement rompue. Le gouvernement attend maintenant des signes précis”, a-t-il dit, peu avant une réunion de gouvernement prévue de longue date à Namur et une conférence de presse programmée à 11 heures.

Jean-Claude Marcourt souligne qu’ArcelorMittal n’a pas reçu “un franc” de la Région wallonne, puisque les quotas de CO2 promis étaient liés à la relance de la ligne liquide. Il a aussi appelé les travailleurs à éviter tout débordement violent.

Un conseil d’entreprise extraordinaire est prévu à 9 heures en région liégeoise.

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent