Publié le Lundi 17 Octobre 2011 à

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Mons: à un an des élections, Elio Di Rupo vous répond

Rédaction en ligne

Elio Di Rupo répond ici aux nombreuses questions que vous lui avez posées par notre intermédiaire. Non, pas sur la formation du gouvernement... Mais bien sur la ville de Mons. Notre série de dossiers à un an des élections communales tire à sa fin.
Elio Di Rupo. (Ph. Belga)

Elio Di Rupo. (Ph. Belga)

Notre série s’achève par Mons (dossier publié dans La Province de samedi) et par Quiévrain (lundi).

Voici les réponses du bourgmestre de Mons aux questions des Montois.

>A la question de “ Buddylove ” sur l’insécurité en ville, Elio Di Rupo répond: “ la Ville de Mons est confrontée comme d’autres villes belges et européennes à des actes d’insécurité. Sans sous-estimer la portée inacceptable de ces actes, il convient de ne pas en tirer la conclusion que Mons serait en proie à un regain de violence. Au contraire! Cela dit, la lutte pour plus de sécurité est une lutte permanente que nous menons sans relâche. Et nous continuerons avec détermination. En ce qui concerne les voitures incendiées par exemple, c’est clair que c’est un vrai problème car il est assez difficile d’en identifier les auteurs, ainsi que les causes: est-ce que c’est du vandalisme pur ou avec l’objectif de vol de papiers? Les équipes de police y travaillent et pour chaque fait constaté, le laboratoire judiciaire descend systématiquement sur les lieux des faits pour mener l’enquête. J’ai demandé que la police soit excessivement vigilante par rapport à ces faits qui sont graves et qui doivent absolument cesser!

Pour la gare, vous avez raison : ce quartier fait l’objet de toute mon attention car il y a de vrais soucis. Au total, 160.000 euros supplémentaires ont été consacrés à des opérations de police spécifiques pour retrouver la sérénité dans ce quartier. Un effectif policier a été spécialement déployé pour cette opération dont les actions ont été diverses: opérations de contrôle, enquêtes judiciaires, scanning des immeubles, visibilité policière… La police a également acquis un bâtiment à proximité de la gare, à la place Louise, pour y installer le commissariat. Des aménagements restent à réaliser mais cette implantation constituera automatiquement un renforcement de la sécurité. C’est, je crois, une bonne nouvelle pour tous les habitants du quartier. Des contacts réguliers sont déjà établis avec les riverains, les écoles et les commerçants pour les informer de ces démarches.

Au niveau du Marché aux Herbes, il est évident qu’il a fallu serrer la vis. Ce lieu doit rester un lieu de fête où l’on se retrouve le vendredi et le samedi soir dans une ambiance conviviale… Je ne peux admettre que ce quartier devienne une zone où des actes de violences s’opèrent. Nous avons mis en place différentes mesures que nous évaluerons prochainement avec les cafetiers, la police et les services de la Ville.

Je remercie d’ailleurs les cafetiers pour leur collaboration et l’écoute attentive dont ils font preuve.

Quant au piétonnier, nous avons mis en place des réunions mensuelles entre la police et les commerçants. Ces réunions sont constructives et permettent d’adapter l’action policière au vécu quotidien des commerçants. ”

>Toujours de “ Buddylove ”: “ quand est-ce que la ville de Mons va se décider à réparer la route d’Obourg, le vieux chemin de Binche, la route Industrielle qui mène d’Obourg à Maisières? ” Réponse du bourgmestre: “ Les routes d’Obourg et industrielle sont gérées par le Service Public de Wallonie (Région wallonne). Nous n’avons donc pas la maîtrise mais nous allons les interpeller car vous avez raison, des améliorations doivent être effectuées.

Pour le Vieux Chemin de Binche, la réfection de son revêtement est prévue au budget de la Ville et sera effectuée avril 2012. ”

>Question de “ Désespoir ”: “ Je voudrais savoir quand on fera les travaux à Flénu où les trottoirs sont dangereux et les rues avec des nids-de-poules... ” Elio Di Rupo: “ Il faut tout d’abord savoir que Mons dispose de plus de 550 km de voiries communales, ce qui signifie 1100 km de trottoirs. Refaire des trottoirs coûte très cher et hélas, le budget de la Ville n’est pas extensible…

A Flénu, l’entretien de la rue du Moulin d’En Haut (sa partie dégradée comprise entre les Quatre Pavés et la rue des Trois Hurées) est prévu en mars 2012.

Vous savez en outre que le Collège s’est engagé sur le vaste chantier qu’est l’avenue du Champ de Bataille, que nous avons divisé en plusieurs phases dont la première va débuter très prochainement.

Je voudrais vous dire que pour les communes que vous citez, Mons et Jemappes, nous avons obtenu des moyens provenant de l’Europe, de la Région wallonne et du gouvernement fédéral. C’est pour cela que des travaux y ont été possibles! Car encore une fois, refaire les voiries et les trottoirs coûte très cher et nous sommes limités dans ces travaux quand nous devons les effectuer en fonds propres…

Je veux enfin vous dire que depuis 2001 et malgré nos difficultés budgétaires, le collège a multiplié par dix le budget alloué aux trottoirs. ”

>Question de Freddy: “ Je souhaite connaître le sort réservé à l’avenir à la rue des Kiévrois, à la place de Vannes, aux rues Claude de Bettignies, Masquelier, Grande Triperie, ainsi qu’au bâtiment délabré situé face à la gare. ” Réponse: “ Pour les rues: la rue de la Grande Triperie sera refaite dans le cadre des projets européens (financement de la région et de l’Union européenne), le chantier aura lieu en 2013. Pour les autres rues, nous n’avons pas obtenu de moyens supplémentaires et actuellement, les finances de la Ville ne nous permettent pas de procéder à des travaux. Nous faisons néanmoins un maximum pour apporter des améliorations ponctuelles sur les voiries qu’on ne peut pas réfectionner dans l’immédiat.

Pour ce qui est du bâtiment face à la gare: le bâtiment a été acquis par le fonds d’investissement Mons Rénovation : il est donc en quelque sorte dans le patrimoine de la ville, ce qui est déjà une bonne chose car ça nous donne des possibilités pour l’améliorer. Actuellement, on cherche des investisseurs pour financer le projet mais sachez déjà que son gabarit sera réduit. Par ailleurs, nous avons chargé la gestion centre ville d’améliorer la propreté au rez-de-chaussée de l’immeuble.

>Question de L. Rabijns, de Ghlin: “ Je souhaite demander à notre bourgmestre s’il est au courant que la société Renovia (siège social à Overpelt) demande un permis unique de classe 1 pour la construction et l’exploitation d’une usine de gazéification de biocombustible (lisiers, fumiers, etc.) rue de L’Orbette, à 900 m de la grand place de Ghlin. Quelle aide aurons-nous de sa part afin que ce projet n’aboutisse pas à cet endroit? ” Elio Di Rupo: “ Une réunion citoyenne préalable à l’étude d’incidence s’est effectivement tenue dernièrement en présence des riverains de Ghlin. En effet, le Code de l’Environnement prévoit qu’une réunion soit organisée avant même l’introduction d’un dossier auprès de l’administration communale.

Il faut savoir qu’avant la réunion, la Ville n’avait pas de connaissance préalable du dossier. Elle y assiste au même titre que les citoyens pour prendre connaissance de l’intention de l’investisseur. Ce qui veut dire qu’aucune demande de permis n’a à ce jour été déposée auprès de l’administration communale.

Il est donc prématuré d’émettre un avis sur ce projet puisque rien n’indique aujourd’hui que l’investisseur va confirmer son intention de le développer sur notre commune. Il ne s’est d’ailleurs pas manifesté depuis la réunion publique.

S’il s’avérait néanmoins que cette confirmation ait lieu, la Ville et plus particulièrement l’échevin de l’Urbanisme Nicolas Martin, en charge du traitement de ces dossiers, veillerait à ce que les citoyens soient entendus comme ce fut le cas sur Harmignies lors des balbutiements du projet de biométhanisation qui n’a finalement pas abouti. ”

>Question de Gilbert, de Mons: “ Qu’allez-vous envisager pour diminuer l’insécurité dans nos quartiers? En effet, les indépendants sont obligés d’acheter des armes pour se défendre (les alarmes, caméras... ne suffisent plus pour dissuader les voleurs) et on n’ose plus sortir en rue sous peine de se faire agresser! Résultats, les indépendants ferment leur commerce et les gens s’isolent chez eux! ” Elio Di Rupo: “ Le Collège communal a mis sur pied un groupe de pilotage pour étudier le dossier de caméras de surveillance à Mons. Il s’agit là d’un débat complexe car les caméras n’empêchent pas les actes délinquants. Parfois, elles sont facteur d’accroissement de la violence avec des individus qui masquent leur visage et sont plus violents dans l’espoir d’être moins longtemps dans l’angle des caméras. L’installation de caméras n’est donc pas la solution à tous les problèmes rencontrés… Elle ne remplacera pas l’occupation de terrain des policiers qui, elle, doit être optimale que cela concerne les patrouilles à pied, en véhicules, à vélo… Enfin, Mons doit rester une ville libre où le droit à la vie privée doit être scrupuleusement respecté.

>Toujours de Gilbert: “ N’est-il pas temps de lutter contre les pièges à l’emploi? Quand on regarde les avantages (statut VIPO, tarif social gaz et électricité...) de certaines personnes compte tenu de leur situation, on se pose une question: pourquoi travailler pour quelques euros en plus qui seront pris par les impôts? ” Le bourgmestre: “ Vous avez raison en ce qui concerne la trop faible différence entre le chômage et les bas salaires et c’est justement l’un des objectifs de la note de base que j’ai déposée dans le cadre de ma mission de formateur! C’est une question qui dépasse mon mandat de bourgmestre mais il faut davantage récompenser l’effort des gens qui travaillent. C’est pourquoi j’ai proposé à la fois d’augmenter le salaire net des travailleurs dont les salaires sont trop faibles, et d’augmenter la dégressivité des allocations de chômage. Mais pour autant il faut éviter les clichés et les idées simplistes. Ce qu’il faut avant tout c’est créer de l’activité, accueillir des investisseurs, des créateurs, créer de l’emploi dans nos Régions, pour offrir un travail décent aux gens à la recherche d’un travail. ”

>Question d’Anne, de Mons: “ Envisagez-vous de créer d’autres espaces de jeux pour les enfants et les adolescents à Mons centre? Le Waux Hall n’offre des jeux qu’aux plus petits (grand maximum 8 ans): je trouve que cela n’a pas été étudié sérieusement et certainement pas par des personnes connaissant les enfants. Le jardin suspendu de ma rue, la rue de la Boulangerie, est fermé depuis de nombreux mois et le superbe module de jeux est en train de s’abîmer sans servir, après que des centaines d’enfants y soient venus (dont des dizaines que j’ai accompagnés). Je suggère que ce module de jeux soit placé au centre du parc de la grande Pêcherie, non loin de là, pour que les enfants du quartier et d’ailleurs puissent en bénéficier. ”

Elio Di Rupo: “ Vous avez raison: il manque sur la Ville des structures de jeux, d’autant plus que nous avons dû en démonter certaines pour des raisons de sécurité. C’est parce que la Ville est consciente de ce manque que nous avons demandé un financement au ministre régional compétent en la matière. Cette demande concerne dix sites dans la Ville et nous sommes donc actuellement dans l’attente de recevoir des subsides.

Ces dix sites sont répartis sur l’ensemble du périmètre montois : square de la résistance à Cuesmes, Résidence Thoissey à Obourg, rue Louis Piérard à Hyon, place de Saint-Symphorien, square Van Den Heyden à Mons, rue de la Station à Obourg, place de Jéricho à Jemappes, place de Ciply, place triangulaire à Ghlin, avenue Benoite à Havré.

Afin de déterminer au mieux les implantations et la nature des jeux à installer, les comités de riverains sont systématiquement associés au projet.

Sachez qu’au Waux-hall, les jeux installés sont à destination des enfants âgés entre 3 et 12 ans.

Enfin, le Collège a financé la construction d’agoraspaces destinés aux jeunes sur son territoire: Jemappes mais aussi Ghlin, Cuesmes et Epinlieu récemment.

En ce qui concerne le parc de la rue de la Boulangerie, il est effectivement fermé par mesure de sécurité. L’aire de jeu, du fait d’une végétation importante et des racines des arbres, n’est plus en conformité avec le décret en vigueur en matière de respect de surface de chute. Une demande a donc été introduite auprès des services techniques pour déplacer cette aire de jeu, via la société ayant installé ces modules, à un autre endroit. Nous attendons à ce jour le devis pour le démontage, le déplacement et le montage dont le coût est très élevé.

Merci pour votre suggestion, j’ai déjà demandé que votre idée de déplacer le module de jeux à la place de la Grande Pêcherie soit étudiée par les services de la jeunesse.

>Anne poursuit: “ Le terrain de skate d’Hyon a été rapidement fermé, à la grande déception des grands enfants et des adolescents mais à l’immense soulagement des riverains agacés par le bruit. Comment cela se fait-il qu’aucune étude n’ait été réalisée sur les nuisances sonores et cela, avant d’installer des matériaux inadéquats ? Que deviendra ce magnifique hall ? ”

Elio Di Rupo: “ Vous avez raison mais sachez que la Ville, consciente du bruit engendré par ce type de structure, avait choisi un module plus coûteux car moins bruyant, ce qui n’a hélas pas suffi. A présent, le Collège réfléchit à transformer l’ancien skatepark en une aire de jeux type agoraspace, destinée aux enfants et adolescents. Une concertation avec les riverains est prévue très prochainement.

>Anne toujours: “ Avec si peu d’endroits où des jeunes peuvent s’ébattre et se défouler, il ne faut pas s’étonner du nombre de dégradations. Je suggère un grand mur pour les taggers en herbe. ”

Elio Di Rupo: “ En ce qui concerne les tags, nous avons toujours notre équipe anti tags qui intervient systématiquement à la demande des riverains. Et pour le mur pour les tagueurs, le Service de Prévention de la Ville de Mons est en train de préparer un projet de “ murs d’expression ”: les jeunes - et moins jeunes d’ailleurs! - pourront s’y exprimer librement. Nous savons que ça ne supprimera pas toutes les dégradations mais ça permettra au moins de canaliser certaines personnes désireuses de s’exprimer sans dégrader les biens publics.

>Question de Jean, de Ciply: “ Dans différents documents envoyés par la ville aux citoyens, on parle d’une police de proximité, chez nous c’est plutôt une police d’éloignement, notre agent de quartier est plus souvent occupé à faire des rondes en ville que dans le village. ”

Elio Di Rupo: “ Sachez que dans les 19 communes du Grand Mons, on compte environ 80 inspecteurs de quartiers. Ces 80 inspecteurs s’occupent des 100.000 habitants de notre région, ce qui revient à dire qu’un agent s’occupe de 1.250 habitants… Alors que la Ministre de l’Intérieur préconise d’avoir un agent pour 4.000 habitants : nous sommes donc à Mons bien au-delà des normes demandées, même si nous pouvons toujours faire mieux.

Il faut avoir conscience de la charge de travail réelle des agents de police et de leur présence dépend des zones qui en ont le plus besoin.

Il est normal de solliciter davantage les policiers en centre-ville où l’attractivité est plus importante que dans les zones rurales. Certains policiers sont également peu visibles pour les citoyens, s’ils patrouillent la nuit par exemple… La police que nous défendons à Mons est toujours une police de proximité mais qui présente une autre approche: “ appelez, nous venons! ” Comme le médecin généraliste se rend chez son patient, la police répond au cas par cas aux demandes des citoyens. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas toujours visible dans la rue qu’elle n’est pas présente pour les habitants du village. Plusieurs portes d’entrée sont aujourd’hui proposées aux citoyens : téléphone, email, courrier et des tests sont également en cours avec des nouvelles technologies. La sécurité reste une des priorités principales du Collège communal.

>Jean: “ Vous avez écrit dans votre journal qu’il n’y avait pas de nouvelles taxes avant 2012 mais certaines ont augmenté. ”

Elio Di Rupo: “ Aucune taxe n’a été augmentée. Elles ont été indexées (c’est ce que proposait d’ailleurs la circulaire budgétaire du Gouvernement wallon) car elles ne l’avaient plus été depuis de nombreuses années. La situation financière de la Ville est ce qu’elle est et nous ne pouvions pas laisser en l’état des taxes qui étaient anormalement basses par rapport à la plupart des autres communes de la région qui elles, indexent régulièrement leurs taxes.

Par contre, je n’ai pas voulu qu’on touche à l’Impôt des Personnes Physiques qui reste à 8%, ce qui n’est pas très élevé par rapport à d’autres communes et le précompte immobilier n’a pas bougé depuis de nombreuses années.

N’oublions pas non plus que les dépenses effectuées par la Ville sont elles aussi indexées (le coût de la vie augmentant), il est donc normal que les taxes soient elles aussi indexées…

>Jean: “ Pourquoi les habitants raccordés à l’égouttage paient-ils une taxe alors que ceux n’ayant pas l’égouttage ne paient pas de taxe sur les eaux usées, un principe cher à notre bourgmestre, c’est-à-dire le pollueur payeur n’est pas d’application. ”

Réponse: “ C’est inexact : les personnes raccordées à l’égout doivent payer un certain montant de taxe. Quant aux personnes non raccordées alors que l’égout existe, elles doivent payer une taxe plus élevée, le but étant évidemment de les encourager à se raccorder à l’égout (ce sont les services techniques de la Ville qui sont envoyés chez l’habitant afin d’évaluer la possibilité ou non de se raccorder et c’est sur cette base que le montant de la taxe est calculé).

Par contre, les personnes habitant dans une zone où il n’y a pas d’égout ne paient pas de taxe, ce qui est tout à fait logique car il leur est impossible de se raccorder. Ces gens sont par ailleurs souvent demandeurs qu’un égouttage soit mis en œuvre!

>Jean: “ A Ciply, on paie une taxe de plus de 50 euros pour l’entretien de l’égouttage qui n’a jamais eu lieu. ”

Elio Di Rupo: “ La Ville de Mons a un contrat de nettoyage des avaloirs avec une firme privée. J’ai posé la question aux services techniques qui me dit qu’il n’y a pas de problème connu d’envasement des égouts à Ciply mais je demanderai qu’on soit vigilant sur cette zone.

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