Publié le Mercredi 19 Octobre 2011 à

Culture > Musique

En 2012, il faudra voter SebastiAn

christophe van imPE

Le nouveau petit prodige de la French Touch 2.0, qui aurait dû se produire au Pukkelpop l’été dernier, jouait pour la première fois sur une scène belge mardi. A l’Orangerie, il a proposé un set aussi court que vif et mégalo. Justice et Daft Punk n’ont qu’à bien se tenir...
Un show aussi puissant que mégalo. CVI

Un show aussi puissant que mégalo. CVI

Pour un artiste qui n’en est qu’à ses débuts, on peut dire que SebastiAn a de l’assurance. “ SebastiAn président ”, “ En 2012, votez SebastiAn ”, “ SebastiAn pour un monde meilleur ”, “ SebastiAn primary tour ”,... Au vu des messages scandés sur son écran géant, avec son visage en gros plan une image sur deux, SebastiAn est un peu à la techno ce qu’Alain Delon est à la modestie. Niché sur un podium surélevé au milieu de la scène, il ne cesse de galvaniser la foule en levant les poings vers le ciel. Toujours sans un mot, et entouré de deux énormes drapeaux rouge et noir à son nom. Esthétiquement, ça rappelle à la fois le dictateur de “ The Wall ” de Pink Floyd et le “ Antechrist Superstar ” de Marilyn Manson. A la deuxième lecture, le show de SebastiAn (débuté par un hommage à DJ Mehdi, décédé tragiquement il y a quelques semaines) est une critique acerbe de notre société. Il se présente sur les premiers morceaux, en arrivant au son d’une Marseillaise distordue, comme un futur président modèle. Pour terminer, une heure plus tard, en tant que tyran sanguinaire entouré de chiens féroces aux crocs acérés comme des

lames de rasoir.

Ça, c’est pour l’imagerie. Musicalement, ça déménage tout autant. Malgré quelques sonorités rappelant inévitablement Daft Punk, on est quand même plus proche du côté rentre-dedans de Justice, avec notamment quelques samples de guitares saturées de temps en temps et... du piano. Pas un sourire, même crispé. Le franco-polonais n’est pas là pour rigoler. Il n’est pas non plus là pour tomber dans la facilité.

Après une heure tip-top de concert, il quitte la scène sans même avoir joué “ Embody ”, qui est pourtant son seul tube à l’heure actuelle. Les lumières se rallument, SebastiAn écrase sa vingtième clope de la soirée et disparaît en coulisses en un claquement de doigts et sans un regard à son public. C’est ça aussi l’attitude french touch...

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