Publié le Mercredi 25 Mai 2011 à

Régions > Liège > Actualité

Assises de Liège: suicide, accident, ou meurtre?

Dominique Lemaire

La cour d’assises de Liège a poursuivi le procès de Patrick Remy (35), et Magnolia D. (32). Ces deux Liégeois sont poursuivis pour le meurtre, par empoisonnement, de Catherine d’Hoe, âgée de 32 ans.
La soeur et la mère de la victime, avec Me Rixhon. (Photo SP)

La soeur et la mère de la victime, avec Me Rixhon. (Photo SP)

Pour Me Rixhon, conseil des parties civiles (la mère et la sœur de la victime) il n’y a que deux alternatives possibles: soit Catherine D’Hoe s’est suicidée, soit Patrick Remy l’a volontairement empoisonnée. La famille est catégorique: Catherine ne s’est pas suicidée. Si cette thèse est évoquée par l’avocate, c’est parce qu’elle sait que ce sera un des arguments de la défense. Car en 2005, Catherine avait avalé un peu trop de médicaments. “ Mais cette fois-là, elle nous a prévenues. Elle nous a dit qu’elle avait fait une bêtise. Ce n’était pas un suicide, c’était un appel à l’aide ” a expliqué sa mère. Et la veille de sa mort, Catherine était de très bonne humeur: heureuse que sa sœur lui fasse suffisamment confiance pour lui confier son chien quelques jours. Voilà qui écarterait la thèse du suicide. Pour Me Rixhon, il y a 7 éléments qui établissent la culpabilité de Patrick. Et parmi ces éléments, les déclarations de la famille de l’accusé.

Sur ce point, la défense va faire valoir les contradictions de leurs témoignages. “ Sur des points de détail ” corrige Me Rixhon, “ pour le reste, ils disent tous la même chose ”.

“ Complot! ” rétorque la défense à qui le ministère public répondra: “ Ils ne peuvent, intellectuellement, concevoir ce genre de choses ” assure Jean-Marc Mottet. Et quel serait leur intérêt de tous se liguer contre lui?

Si l’avocat général Jean-Marc Mottet ne croit pas à la culpabilité de Magnolia, il est par contre totalement convaincu de la culpabilité et de la dangerosité de Patrick Remy. Et de son mobile: Catherine D’Hoe voulait le mettre dehors.

Et dans un réquisitoire mathématique et explicite, il a relevé pas moins de 17 éléments qui prouvent la culpabilité de l’accusé.

Mais dans la colonne “ à décharge ” de la défense, Mes Henry et Reynders notent trois arguments: l’absence de preuves réelles, les incertitudes du dossier, la possibilité du suicide. Dès lors, sans surprise d’ailleurs, ils plaident l’acquittement au bénéfice du doute, et évoquent une 3e hypothèse aux deux avancées par l’accusation: l’accident. “ Impossible ”, disent ses proches. Me Soccio, à la défense de Magnolia, plaidera ce jeudi. Le jury délibérera sur la culpabilité après les répliques.

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent