Publié le Samedi 10 Mars 2012 à

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Tournai: ces friches qui deviennent logements

Sarah Courcelle

Transformer des usines désaffectées en vrais lieux de vie, c’est un challenge que Michel Wiseur, architecte, aime relever. C’est lui qui a signé la très belle transformation du bâtiment des huiles des Chartreux à Blandain, en six appartements et un studio.
La transformation du bâtiment des huiles des Chartreux, à Blandain, est impressionnante. (B.L.)

La transformation du bâtiment des huiles des Chartreux, à Blandain, est impressionnante. (B.L.)

On y fabriquait autrefois de l’huile et du vinaigre, conditionnés dans des bouteilles en verre qui ont marqué les souvenirs de nombreux Tournaisiens. Mais l’usine des Chartreux, installée à Blandain, a fermé ses portes depuis des lustres, laissant les bâtiments à l’abandon. “ Quand j’ai visité le site, la première fois, je me souviens qu’ils étaient dans un piteux état, avec des rats, des pigeons et la pluie qui s’écoulait à l’intérieur ”, témoigne Michel Wiseur dont l’atelier a été chargé, en 2009, de piloter les travaux. “ On a même hésité à tout détruire... mais cela aurait été dommage. ” À l’époque, ce sont des particuliers qui rachètent le bâtiment: “ Pour acquérir ce type d’usine, il faut être courageux ”, reconnaît l’architecte. Pour sa profession, par contre, ce type de projet est du pain bénit: “ C’est exactement comme si on nous offrait un grand terrain de jeu. Nous sommes de grands gamins et ce genre de réhabilitation nous permet de rêver plus loin.

Un “ grand terrain de jeu ”

Toute la difficulté du travail de Michel Wiseur a été de jongler avec les différentes annexes de l’usine: “ Il fallait conserver l’ambiance des lieux, l’esprit qui s’en dégage ”, reconnaît-il. “ Mais nous avons abattu une partie de l’arrière, pour faire entrer la lumière, offrir une cour intérieure aux sept logements et des accès séparés. ” Les colonnes de béton, les plafonds bruts et les volumes, eux par contre, sont restés intacts. “ Il y avait beaucoup de potentiel. On a notamment préservé les baies vitrées... ”. D’autant que la vue sur la campagne est splendide. Chaque logement dispose aussi d’un petit jardin ou d’une terrasse. “ Le bâtiment a beaucoup de caractère. On a d’ailleurs conservé la façade, l’enseigne... C’est toujours amusant de passer d’un état industriel à un cadre de vie de qualité, de détourner un ancien outil industriel. Même si pour acquérir ce type de bien, il faut être amoureux du patrimoine. ”

L’acquéreur initial a toutefois préféré abandonner le projet, au stade de gros œuvre fermé et le revendre: “ Une rénovation de ce type coûte cher ”, confirme l’architecte. “ De l’ordre de 800 à 1.000€ le mètre carré, hors TVA. À moins de l’achever soi-même alors on en est à 6 ou 700€. Mais cela exige, un investissement personnel énorme. ”

C’est donc le Logis Tournaisien qui a récupéré le bâtiment pour 545.000€. Pour accueillir les premiers locataires sociaux, il faudra toutefois attendre un an, afin d’assurer les finitions... mais surtout obtenir l’aval de la Région wallonne et le financement. Une opération dont se félicite Eddy Sory, le directeur. “ C’est un site idéal ”, précise-t-il. “ Situé à proximité des commerces, bien desservis par les transports en commun. Et puis, le cachet du bâtiment est exceptionnel.

Lisez d’autres exemples de réhabilitation dans Nord Eclair Tournai de ce dimanche 11 mars.

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