Publié le Jeudi 15 Mars 2012 à

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Drame en Suisse: 22 enfants et 6 adultes tués dans un accident de car

Rédaction en ligne

Un autobus immatriculé en Belgique circulant sur l'autoroute suisse A9 en direction de Sion (canton du Valais) a percuté, mardi vers 21h15, la paroi d'un tunnel à Sierre. Il y a 28 morts dont 22 enfants et 24 blessés. Six adultes dont les deux chauffeurs sont également décédés.

AFP

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L'hôtel Cervin à Saint-Luc où étaient les enfants.

D.R.

L'hôtel Cervin à Saint-Luc où étaient les enfants.

L'autocar transportait 52 personnes. Les 24 passagers blessés ont été transférés dans six hôpitaux de la région, 22 d'entre eux ont été identifiés. Dix enfants néerlandais figurent également parmi les passagers.

Il s'agit d'un bus scolaire transportant des élèves des écoles primaires "Sint-Lambertus" d'Heverlee et "'t Stekske" de Lommel revenant de classes de neige passées dans le Val d'Anniviers. Un enseignant et la monitrice de l'école d'Heverlee sont décédés, de même que les deux accompagnateurs de l'école de Lommel.

17 enfants de nationalité belge

L'identification des victimes est actuellement la priorité des autorités. Vingt-deux des vingt-quatre enfants qui ont survécu à l'accident ont ainsi été identifiés. Dix-sept sont de nationalité belge, trois de nationalité néerlandaise, un de nationalité allemande et un de nationalité polonaise. Pour ce qui est des personnes décédées, elles sont actuellement en cours d'identification, notamment à Lausanne.

Interrogé sur le temps pris pour identifier les personnes décédées lors de l'accident, le commandant de la police cantonale valaisanne, Christian Varone a déclaré que les mutilations rendaient les corps difficilement identifiables. Vingt-et-une de ces victimes sont belges et sept sont des ressortissants néerlandais.

Le car ne roulait pas trop vite
Le car, ne roulant semble-t-il pas trop vite, a dévié de sa trajectoire pour une raison inconnue. Il a heurté la chaussée sur la droite  avant de s'encastrer dans la paroi du tunnel, située à l'extrémité d'un parking de secours. Aucun autre véhicule n'est impliqué dans l'accident.

Il s'agit du plus grave accident de la route jamais survenu en Suisse.
Ce choc frontal a été d'une extrême violence. L'avant de l'autobus a été fortement endommagé, bloquant de nombreux occupants, a indiqué la police.
De très importants moyens sanitaires, des pompiers et des policiers ont été immédiatement envoyés sur place. L'autoroute a été fermée dans les deux sens. Plusieurs personnes ont dû être désincarcérées.
 En début d'après-midi mercredi, une équipe de huit urgentistes et collaborateurs psycho-sociaux de la Défense et de la Santé, ainsi que sept spécialistes du DVI (identification des corps) sont montés dans l'avion qui emmenait les premières familles de victimes en Suisse.

Le Roi Albert II était à Meelsbroek
 Les proches des victimes ont décollé de l'aéroport militaire de Melsbroek peu avant 14 heures à bord d'un Airbus à destination de Genève. Le Roi Albert II était présent à Melsbroek pour accueillir les proches. Les familles ont atterri à Genève peu après 15h.
 Le Premier ministre Elio Di Rupo est arrivé peu après 16h en Suisse, accompagné par les ministres des Finances et de la Défense, Steven Vanackere et Pieter De Crem et du ministre-président flamand Kris Peeters, pour une réunion de crise avec les autorités suisses. La délégation belge devait ensuite rejoindre Sion, à proximité de la ville de Sierre, où s'est produit l'accident.

1500 véhicules/jour dans ce tunnel
 Le tunnel dans lequel s'est déroulé le drame a été inauguré en novembre 1999. Long de 2,5 kilomètres, il voit défiler 15.000 véhicules par jour, soit un "trafic journalier moyen", selon le Service des routes valaisan. Construit sur l'A9, l'ouvrage compte deux galeries à deux voies dépourvues de bande d'urgence. La vitesse y est limitée à 100 km/h. Aucun travaux n'était en cours dans ce tunnel. Il avait reçu en 2005 la mention "bon" dans le cadre du "Programme EuroTest".
 Cependant, selon Johannes Hübner, expert en accident auprès de l'International Coach Tourism Federation (RDA), l'accident aurait pu connaître des conséquences moins graves si le tunnel avait été pourvu de rails de sécurité.

Pas de problème de temps de travail pour les chauffeurs
 Les chauffeurs de la compagnie Toptours, à laquelle appartenait le bus, étaient arrivés en Suisse lundi. "Il n'y a donc pas, à première vue, de problème de temps de travail, ni de repos. Ils étaient en route depuis environ une heure quand l'accident a eu lieu", indique le cabinet du secrétaire d'État à la Mobilité. Le bus était en ordre de contrôle technique.
 Le ministère public suisse examine actuellement trois hypothèses qui pourraient être à l'origine de l'accident. D'abord, celle d'un problème technique du bus, d'une défectuosité technique. Ensuite, le chauffeur aurait pu avoir un malaise cardiaque. Enfin, celui d'une erreur humaine, "mais cette hypothèse n'est pas privilégiée par rapport aux deux autres", selon le procureur valaisan Olivier Elsig. Il a
déclaré qu'il ne s'agirait pas d'un problème relatif à la chaussée et que tous les enfants étaient attachés à l'aide de leur ceinture de sécurité. 

Jour de deuil national

Le gouvernement belge a décidé, vu l'ampleur de l'accident, son caractère exceptionnel et l'émotion générée, de décréter un jour de deuil national, dont les modalités doivent encore être spécifiées.

 

Quid des blessés?

Les blessés ont été répartis dans six hôpitaux de la région, a spécifié la ministre de la Santé Laurette Onkelinx, à l’issue d’un comité ministériel restreint.
“Beaucoup sont encore dans un état grave, dont trois dans le coma, présentant des lésions cérébrales et thoraciques”, a ajouté la ministre.

 

"Je voyais les enfants encore vivants s’agiter pour qu’on les sauve!"

Le quotidien suisse L’Express a recueilli le témoignage de Marielle, une Valaisanne qui partait rejoindre son travail de veilleuse de nuit, lorsqu’elle est passée dans le tunnel quelques secondes après le drame. Un témoignage poignant.

"Quand je suis passée sur les lieux du drame, il n’y avait encore personne, ni policier, ni pompier. Je me suis rendu compte que je ne pourrais rien faire seule et j’ai appelé les secours", raconte-t-elle. "Mais depuis lors, ça me travaille encore. J’espère que j’ai fait ce qu’il fallait. Mais, après avoir parlé avec des médecins du 144, j’ai bien compris que je n’aurais pu sauver personne en étant seule".
Elle poursuit: "C’était des images atroces, dignes d’un film d’horreur. Je m’imagine la douleur des parents. Si cela avait été mes enfants, je ne sais pas ce que j’aurais fait… Je revois encore tous ces visages qui me regardaient, je ne sais pas s’ils étaient morts ou vivants. C’était horrible. J’ai vu les sièges avant du bus tous fracassés les uns contre les autres; il y avait du sang partout, et je voyais les enfants qui étaient encore vivants s’agiter pour qu’on les sauve!"

 

Deux autres cars belges partaient de Suisse en même temps que le car accidenté

Deux autres autocars transportant des écoliers belges étaient également en route mardi soir pour rejoindre la Belgique depuis la Suisse, en plus du car qui a eu un accident à Sierre. Près de 80 élèves d'écoles primaires de Beersel et Haasrode étaient à bord de ces deux cars, qui sont arrivés sans encombre mercredi matin en Belgique,

 

Le car appartenait à une société d'Aerschot avec une excellente réputation

Le secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a confirmé sur La Première que le bus accidenté appartenait à la société Toptours d'Aerschot. "C'est une entreprise qui a une excellente réputation dans le secteur routier. Les chauffeurs étaient arrivés la veille et ont passé la journée sur place avant de prendre la route. Il semble donc bien que la législation sur les temps de conduite ait été respectée", a dit M. Wathelet.

 

Numéro d'urgence 02/501.40.00 à partir de 09h00

Le SPF Affaires étrangères a mis en place un nouveau numéro d'urgence à destination des familles qui souhaitent obtenir des informations concernant l'accident. Le 02/501.40.00 sera opérationnel à partir de 09h00.

La police du Valais a mis aussi en place un numéro pour les familles des passagers: depuis la Belgique 0041/848 112.117 et depuis la Suisse 0848/112.117.

 

Même les sauveteurs pourtant aguerris ont été bouleversés

La tragédie qui a eu lieu dans un tunnel de l'autoroute à Sierre est "sans précédent", a déclaré le commandant de la police valaisanne mercredi matin lors d'une conférence de presse. Même les sauveteurs pourtant aguerris ont été bouleversés.

"Ce drame va bouleverser toute la Belgique", a dit l'ambassadeur de Belgique en Suisse Jan Luykx. Toutes les victimes viennent de deux provinces de la Belgique flamande, le Brabant et le Limbourg. "Je n'ai jamais vécu ça. L'ampleur de l'accident est difficile à digérer". "Pour le moment je me concentre sur des aspects pratiques", a confié l'ambassadeur.

"L'émotionnel viendra lors des rencontres avec les familles". Plusieurs d'entre elles sont attendues en Valais où une cellule psychologique a été mise en place pour les soutenir. L'ambassadeur a remercié les autorités valaisannes pour leur efficacité et leur coopération. Il a dit avoir été informé rapidement et en toute transparence.

Le président du gouvernement valaisan Jacques Melly a fait part de son "immense tristesse" et de sa "profonde émotion". Il a présenté ses condoléances aux familles des victimes et adressé ses remerciements aux sauveteurs qui ont oeuvré "dans des conditions très difficiles".

Le médecin chef de l'Organisation cantonale valaisanne de secours (OCVS), Jean-Pierre Deslarzes n'a pas caché avoir de la peine à trouver les mots. "Tous les intervenants ont été choqué par ce qu'ils ont vécu", a-t-il déclaré. Le fait qu'il s'agisse d'enfants ajoute beaucoup au côté dramatique de la situation. L'émotion se lisait sur le visage de la plupart des sauveteurs et beaucoup n'ont pas pu retenir leurs larmes.

 

L'enquête sera menée en absolue transparence

L'enquête sur l'accident sera menée dans une absolue transparence. Mais pour l'heure les causes restent inconnues. Le procureur Olivier Elsig a assuré qu'il ferait "tout pour savoir ce qui s'est passé", mercredi matin lors d'une conférence de presse à Sierre (VS). Il veut éviter d'ajouter des zones d'ombres au drame dont le bilan est particulièrement lourd: les 52 passagers de l'autocar sont tous décédés ou blessés.

Le véhicule est de dernière génération, neuf ou presque, a précisé le procureur. Il est équipé de ceintures de sécurité. Dans le tunnel, où la vitesse est limitée à 100 km/h, il a heurté la bordure droite de la chaussée avant de percuter frontalement le mur de béton situé à l'extrémité d'une place de secours à droite de la route. L'alarme a été donnée peu après 21h15. Plus de 200 intervenants ont été engagés, dont 15 médecins, 30 policiers, 60 pompiers, 100 sanitaires et 3 psychologues. L'intervention qui a duré plus de huit heures a nécessité l'engagement de 12 ambulances et de 8 hélicoptères.

  • Les enfants rendent hommage avec leurs dessins à Heverlee

  • A l'école Sint-Lambertus d'Héverlée

  • Accident de car en Suisse: les premières images en vidéo

  • Vidéo: 22 enfants et 6 adultes belges tués dans un accident de car en Suisse

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