Mis à jour le Mercredi 16 Janvier 2013 à

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Bavure policière à Molenbeek: Moad, 14 ans, injurié ("Sale arabe") et tabassé à la matraque

Rédaction en ligne

« C’est inadmissible!» fulmine encore Aïcha, cinq jours après que son fils de 14 ans, Moad, ait été solidement malmené par cinq policiers, à deux pas de leur domicile familial de Molenbeek. Le garçon, épais comme une cigarette, affirme qu’il courait vers son appartement pour aller chercher son sac de sports lorsque cinq policiers l’ont brutalement terrassé puis emmené au poste, où il a encore été frappé.


Moad n’a que 14 ans.

Damien Caumiant.

Moad n’a que 14 ans.

Les parents ont déposé plainte, mais aussi lancé via Facebook un appel à une manifestation, ce dimanche, devant le commissariat de Molenbeek.

Du haut de ses 14 ans, Moad a toutes les allures d’un Mbark Boussoufa en gabarit junior. Mais sur la tempe gauche, le garçon présente d’impressionnantes traces d’éraflures coagulées. Assise à côté de lui et entourée de son mari, Jawad Touile, et de son avocat, Vincent Lurquin, sa maman Aïcha montre sur son Iphone la série de photos qu’elle a prises de son fils au lendemain des faits qu’elle dénonce avec virulence. Une longue trace rougeâtre d’un coup de matraque sur la hanche, l’oreille gauche écorchée, une énorme bosse sur l’occiput et quatre lignes imprimées sur le haut du crâne rasé du gamin qu’elle affirme être celles de traces de la semelle de la chaussure d’un des policiers qui l’a écrasé au sol.

Car c’est une véritable bavure policière à l’encontre d’un enfant que dénoncent les parents de Moad. Celui-ci raconte: «vendredi dernier, vers 18h, je devais aller chercher mon petit frère à son entraînement de foot, près de la gare de l’Ouest. Mais comme il n’y avait pas été, j’ai demandé à mes parents si je pouvais alors aller m’exercer à ma salle de fitness, au Sippelberg. Mon papa a accepté et j’ai trottiné vers la maison pour vite aller chercher mes affaires de sport. À ce moment, j’ai vu une voiture noire qui a mis les sirènes. Je croyais qu’ils cherchaient quelqu’un d’autre, mais cinq policiers sont sortis, m’ont attrapé et m’ont jeté par terre

Moad a raconté toute sa version dans une lettre manuscrite, à l’écriture appliquée. «Ils m’ont insulté de tous les noms: fils de p…, sale arabe…» J’ai eu deux coups de matraque. En me mettant par terre, une policière m’a serré les menottes pendant que les autres me frappaient par terre. Y avait un policier qui me donnait des shots sur mon visage. Ensuite, ils m’ont plaqué contre le capot d’une voiture»…

Emmené au commissariat central de Molenbeek, il dit avoir eu le visage écrasé contre la porte d’entrée, puis avoir été poussé dans l’escalier, soulevé de derrière par ses bras menottés. Il y est resté une heure et demie avant d’être libéré, après que son grand frère, sa mère et son père se soient pressés sur place. Car Moad n’avait jamais eu le moindre problème de délinquance. Ce qui révolte d’autant plus les parents. La maman, Aïcha, a lancé dès le week-end dernier, via Facebook, un appel à manifester dimanche prochain, à 11h, devant le commissariat de Molenbeek, pour protester contre cet abus de pouvoir. Le papa, qui a travaillé 12 ans à commune de Molenbeek, n’approuve pas totalement cette démarche. Mais il a rencontré les autorités communales et policières pour dire: «Ce n’est pas seulement ma voix que je veux faire entendre, mais celles de centaines de parents d’enfants qui subissent les humiliations policières

Plainte a été déposée au Comité P. Selon la police de la zone de Bruxelles Ouest, l’ado aurait tenté d’échapper à un contrôle lors d’une opération anti-sac-jackings.

A. BALTHAZART

"Retrouvez notre reportage complet dans les journaux Sudpresse de ce mercredi et dans nos éditions en numérique " , en mettant le lien hypertexte vers http://num.sudinfo.be

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