Mis à jour le Samedi 16 Février 2013 à

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«Vive la France», la déclaration d'humour de Michael Youn à son pays

Dominique AGEORGES (AFP)

Michael Youn, trublion de la télévision et du cinéma, fait avec «Vive la France» une déclaration «d’humour» au pays qui a accueilli ses grands-parents, signant une comédie enlevée mais inégale.

Après «Fatal Bazooka», Michael Youn, ex présentateur vedette du Morning Live, émission culte de M6, revient à la réalisation avec l’histoire de Muzafar (José Garcia) et Feruz (Michael Youn), deux bergers totalement naïfs et pas vraiment méchants, originaires du Taboulistan, petit pays d’Asie centrale parfaitement inconnu, et pour cause.

Afin de faire connaître son pays sur la scène internationale, le fils du dictateur veut un coup d’éclat. Ce sera le terrorisme publicitaire: les deux pieds-nickelés auront malgré eux pour mission de détruire la Tour Eiffel.

Mais rien ne se passe comme prévu. Au lieu d’atterrir directement à Paris, leur avion est détourné vers Figari où chacun leur explique, nationalistes corses en tête, que bien sûr «ce n’est pas la France».

Au fil de leurs pérégrinations, ils traverseront autant de régions «qui ne sont pas la France», et auront affaire encore à des supporteurs de l’OM très énervés, des médecins incompétents ou des administrations bien kafkaïennes.

Dans ce road-movie qui aligne les gros clichés, pour mieux les dégommer selon le réalisateur, ils rencontreront heureusement la jolie journaliste Marianne (Isabelle Funaro) qui leur fera découvrir une autre France, accueillante et généreuse.

«Grande Vadrouille»

«J’ai moi-même des origines diverses, ce qui ne m’empêche pas d’être fier d’être Français et d’aimer ce pays, et c’était une manière humoristique de le dire avec ce film: je voulais faire une déclaration d’humour à ce pays qui a accueilli mes grands-parents», explique Michael Youn, dont le père est d’origine algérienne et la mère d’origine italienne

«Il y a 80 millions de touristes qui viennent en France chaque année !», rappelle l’acteur-réalisateur. «On s’est dit que ce serait un bon moyen d’évoquer à la fois les petits travers et la grandeur de la France», selon lui.

«On a tendance à oublier qu’on habite un pays magnifique, et qu’on peut être fier d’être français sans être nationaliste ou FN!», poursuit Michael Youn, qui joue un Feruz plutôt tendre.

Car à l’instar d’autres duos célèbres, l’un des héros domine l’autre.

«Muzafar est prisonnier de codes traditionnels et, comme il est plus âgé, est sans doute encore façonné par l’idéologie de l’ancien bloc soviétique — autrement dit, il est marqué par les valeurs du courage, de l’honneur, et du sacrifice pour la patrie», raconte José Garcia alias Muzafar, l’homme qui ne supporte pas que les femmes aient le droit à la parole.

Au final, le film fait inmanquablement penser à «La Grande Vadrouille» de Gérard Oury, référence revendiquée par Michael Youn, ou à un Sacha Baron Cohen (Borat, The dictator), mais il n’en a pas encore le souffle épique, malgré quelques scènes bien enlevées.

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