Mis à jour le Jeudi 7 Mars 2013 à

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La lettre de départ du ministre bruxellois de l'Emploi Benoît Cerexhe

Rédaction en ligne

Benoît Cerexhe (cdH) quitte le gouvernement régional ce vendredi pour endosser le costume de bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre. Avant d’être remplacé par Céline Frémault, qui prêtera serment ce 8 mars, le ministre sortant de l’Emploi a tenu à détailler dans sa dernière newsletter (la numéro 41) son bilan, ses mises en garde et les projets qu’il souhaite désormais porter en tant que simple député régional. Voici la lettre dans son intégralité.


Benoît Cerexhe.

Belga

Benoît Cerexhe.

« Le moment est arrivé pour moi de quitter officiellement les fonctions que j'ai eu la chance d'exercer depuis juillet 2004 au sein du gouvernement régional bruxellois, pour prendre les rênes de la commune Woluwe-Saint-Pierre, comme l'ont souhaité mes électeurs. L'occasion de jeter un regard dans le rétroviseur et de laisser un message aux Bruxellois et à leurs responsables politiques.

Tout d’abord, en 2004, on a fusionné dans un seul et même portefeuille l’Economie, l’Emploi et la Recherche. Le début d’une prise de conscience de ce que ces politiques sont interdépendantes. Pas d’emploi, sans développement économique, et pas de développement économique durable sans innovation. Toute mon action politique sur ces 9 dernières années s’est basée sur ce trinôme. Je pense être parvenu ainsi à transformer l’image de Bruxelles, devenue ville de développement économique et non plus cité administrative. Cette prise de conscience s’est poursuivie en 2009 avec le rapatriement dans ce même portefeuille de la compétence Commerce extérieur dont l’objet essentiel est de permettre à nos entreprises de trouver de nouveaux marchés, et par là-même, grandir et générer, ici à Bruxelles, des emplois nouveaux. Je pense que ce mouvement doit se poursuivre en 2014, en confiant à un même ministre les compétences aujourd'hui regroupées ainsi que la formation professionnelle, qu'elle reste du ressort de la Cocof ou soit régionalisée.

Entre 2004 et 2013, le nombre de créations d'entreprises est passé de 6.000 à 10.000, tandis que 60.000 bruxellois en plus sont aujourd’hui tous les jours au boulot. Plus de 50.000 postes de travail supplémentaires ont été créés à Bruxelles en 8 ans. Malgré cela, le taux de chômage n’a que très faiblement diminué sur la même période, et le nombre de chercheurs d’emplois, lui, a augmenté. Trois raisons fondamentales à cela : une croissance démographique unique en Europe, une immigration très importante, et un déficit de qualification dans le chef de notre population , ou à tout le moins, une inadéquation entre les compétences de notre jeunesse et celles requises par le marché du travail.

Si nous voulons relever le défi du boom démographique, nous ne pouvons rater celui de l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi bruxellois . Dans ce contexte, Bruxelles devra encore et encore générer des postes de travail. Le développement économique de Bruxelles doit donc se poursuivre, si l’on veut éviter que le boom démographique ne se transforme en bombe sociale à brève échéance.

Ce défi mérite quelques mises en garde. Au vu de plusieurs projets de la Région flamande, une partie de l'activité économique bruxelloise risque bel et bien de se transférer en périphérie et l'on sait qu'il est plus difficile pour un Bruxellois d'accéder à un emploi en périphérie que dans sa propre ville. Par ailleurs, s'il est légitime de réfléchir à la qualité de vie en ville, on aurait bien tort d'en réduire la fonction économique, car quelle qualité de vie y aura-t-il demain à Bruxelles si le chômage explose, si nous ne sommes pas en mesure d'offrir à la jeunesse bruxelloise des perspectives d'embauche ? Je tire donc la sonnette d'alarme et en appelle à un rééquilibrage des fonctions dans la Ville. Enfin, attention à ce que certains, dans un contexte très concurrentiel, ne remettent en cause le stop fiscal décidé en 2004 et n'en viennent à reconsidérer les entreprises comme une vache à lait, dans les communes comme au niveau régional.

Nous devrons mettre le paquet sur l' enseignement à Bruxelles et relever ce défi, avec des déclinaisons fortes en fonction de la situation bruxelloise. Je pense ainsi à l'enseignement des langues (et l'accroissement de l'offre en immersion), à l'enseignement obligatoire dès 5 ans, à l'adaptation des programmes, avec davantage d'accent mis sur la maîtrise des langues

Autre enjeu stratégique, non seulement pour Bruxelles mais aussi pour le pays : la mobilité . Celui-ci dépasse très largement les questions de congestion, de pollutions sonores et/ou de particules fines pour en englober d'autres, tout aussi capitales : l'accessibilité de Bruxelles et l'aménagement des entrées et sorties du ring, la desserte des zones économiques bruxelloises par les transports en commun, et la place de la voiture en ville, dont il faut décourager l'usage mais pas sa possession.

Enfin, nous devrons donner du contenu à la Communauté métropolitaine prévue par les derniers accords institutionnels, pour autant que l'ensemble des partenaires l'envisage comme une plateforme de discussion positive dans laquelle Bruxelles et l'hinterland peuvent tirer chacun des avantages et des bénéfices.

Je souhaite plein succès à ma successeure, Céline Fremault, dans sa nouvelle fonction. Je compte sur elle pour entrer rapidement dans les dossiers et les projets en cours, les mener à bien avec l'aide de l'équipe en place, et poursuivre avec ambition, enthousiasme et volonté la mission qui a été la mienne pendant 9 ans au service des Bruxelloises et des Bruxellois »

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