Mis à jour le Dimanche 10 Mars 2013 à

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Accident de car à Sierre: l'enquête n'est toujours pas terminée; vers un classement de la procédure pénale

Rédaction en ligne

Près d’un an après le tragique accident de car à Sierre, en Suisse, qui a coûté la vie à 22 enfants et six adultes, la cause exacte de la catastrophe n’est toujours pas connue. Les dernières investigations se concentrent sur le chauffeur mais ce dernier étant décédé dans le drame, la procédure pénale sera probablement classée.

AFP

L’accident s’est produit le 13 mars 2012, vers 21h15. Le bus ramenait 46 enfants de Saint-Luc, une localité de la commune d’Anniviers dans le Valais, vers la Belgique, après les classes de neige. Pour des raisons qui demeurent inconnues, le chauffeur a perdu le contrôle du véhicule alors qu’il traversait le tunnel de Sierre. Le bus a heurté le côté droit du tunnel et plié le rail de sécurité avant de monter sur la bordure et de percuter le mur se trouvant à la fin de l’aire de stationnement d’urgence. Aucun autre véhicule n’était impliqué dans l’incident.

Il ressort des premières analyses des caméras de surveillance du tunnel que le chauffeur ne roulait pas trop vite au moment de l’accident, a indiqué le procureur Olivier Elsig, qui dirige l’enquête. D’après ce dernier, tous les enfants portaient leur ceinture de sécurité mais les ceintures se sont détachées brusquement en raison de l’impact. L’enquête suisse a également montré que le bus ne présentait pas de défaut technique.

D’autres causes possibles, telles que la fatigue ou des problèmes de sécurité, ont été écartées. Le chauffeur avait respecté les temps de repos et le véhicule qu’il conduisait respectait les strictes directives européennes en la matière, qui prévoient notamment des ceintures de sécurité à chaque siège, une structure solide et des contrôles semestriels.

La sécurité du tunnel a été officiellement confirmée par le service fédéral suisse des routes Astra.

Fin mars 2012, sept enquêteurs suisses se sont rendus en Belgique afin de mener «tous les devoirs d’enquête nécessaires». Une série d’enfants ont été auditionnés. Les enquêteurs suisses ont également assisté à une réunion de coordination avec des représentants de notamment les parquets de Hasselt et Louvain. Les enquêteurs ont également rendu visite au tour-opérateur Toptours à Aerschot.

L’enquête technique des experts s’est terminée le 19 avril. Le procureur suisse a entre-temps exclu que le chauffeur ait été distrait par un DVD qu’il aurait introduit dans un lecteur peu avant l’accident.

Mi-juin 2012, la justice suisse est revenue en Belgique pour informer les familles des victimes des avancées de l’enquête. La conclusion principale était que l’accident était probablement dû à une cause liée au chauffeur du bus. Le plus jeune des deux chauffeurs, Geert Michiels, 34 ans, était derrière le volant.

Cinq mois après l’accident, le ministère public du canton du Valais a dévoilé les résultats de l’autopsie. Cette dernière montre que le chauffeur n’était pas sous l’influence de drogues ou d’alcool. L’homme aurait toutefois eu des problèmes cardiaques et prenait des anti-dépresseurs.

Fin 2012, des parents de victimes ont pu voir des images de l’accident. Ces dernières ont engendré de nombreuses questions de leur part. Ils se demandent notamment si du temps précieux n’a pas été gaspillé, les services de secours n’étant visibles sur les images que 17 minutes après l’accident.

Plusieurs parents de victimes ayant de sérieuses objections sur la manière dont la justice suisse a mené l’enquête, ont fait part de leurs griefs à la ministre de la Justice Annemie Turtelboom.

Des parents estiment qu’une série de pistes n’ont pas été explorées en profondeur, comme un suicide éventuel du chauffeur. Le fait qu’il prenait des anti-dépresseurs montre, d’après eux, qu’il avait des pensées suicidaires. Selon le procureur Olivier Elsig, aucun élément ne permet toutefois, pour le moment, d’étayer cette thèse.

Fin janvier 2013, Olivier Elsig a indiqué que le chauffeur du car ne se trouvait pas au téléphone et n’envoyait pas de SMS lors de l’accident.

Le Centre universitaire romand de médecine légale de Lausanne étudie encore «les conséquences possibles» de la pathologie coronarienne du chauffeur et l’influence sur sa conduite de la prise d’un médicament contenant de la paroxétine.

Selon l’agence de presse suisse ATS, les conclusions de ces deux rapports devraient être communiquées à la presse en avril. Elles donneront sans doute des pistes mais pas de certitude quant aux raisons de l’accident.

A ce stade de l’enquête, deux hypothèses demeurent, toutes deux en lien avec le chauffeur: soit il était inattentif au moment du drame, soit il a eu un problème de santé. «Dans un cas, comme dans l’autre, l’homme étant décédé, un classement de la procédure serait alors envisagé», explique Olivier Elsig. Quelle que soit la décision finale du ministère public valaisan, les parties pourront demander d’éventuels compléments d’instruction.

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