Brigitte Clément, de Jumet, et ses triplés passent l'hiver sans mazout
Dominique Delescaille

Cela fait deux hivers que Brigitte ne peut remplir sa cuve. «Tous les 15 jours, je vais à la pompe acheter 50 litres de mazout pour pouvoir prendre une douche, faire la vaisselle. Sans plus. Le froid nous paralyse. Nous restons bloqués sous des couvertures.»
Après un divorce difficile, à la recherche d’un emploi, Brigitte n’a pour seules ressources que son chômage et les allocations familiales. Alors, c’est la débrouille. Un ami vient parfois déposer du bois pour alimenter la cassette dans le salon. «Le bois est souvent humide, ce qui provoque une grosse fumée noire. Je préfère donc éviter. Mon fils souffre d’asthme et d’allergies. En janvier, on nous a offert un poêle au pétrole mais ce n’est pas plus rassurant. Ça chauffe juste l’endroit où il se trouve et, mine de rien, le pétrole, ce n’est pas donné non plus. »
Ls dettes s’accumulent. Brigitte n’a pas l’habitude de demander une assistance. Elle a le sentiment que peu de gens l’écoutent, n’évaluent pas comme il se doit les difficultés qu’elle rencontre. « J’ai fait appel au CPAS qui me dit : « Apportez-nous la facture de mazout, on vous remboursera une partie. » Comment voulez-vous que je fasse ? 500 litres, ça vaut quelque 500 euros. Je suis incapable de les avancer. On se prive déjà sur la nourriture, le coiffeur, les anniversaires. Les enfants n’ont aucune activité extrascolaire. Ce n’est pourtant pas l’envie qui leur manque. Plus de vacances. Il m’arrive de pleurer en cachette mais jamais devant les triplés. J’essaye de rester digne. »







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