Publié le Mardi 2 Avril 2013 à

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Le drame de Koh-Lanta va-t-il sonner la fin de la téléréalité?

Afp

Le drame de Koh-Lanta pourrait-il entraîner dans son sillage la mort de la téléréalité ? Eh bien, ce n’est pas le cas, assurent des experts. En effet, ce genre d’émissions flatte le téléspectateur en mettant en scène des « personnages » auxquels il peut s’identifier… ou, au contraire, qu’il peut dénigrer allègrement.

Un peu plus d’une semaine après la mort de Gérald Babin, le candidat de 25 ans de Koh-Lanta, le médecin chargé de veiller sur les participants s’est suicidé lundi au Cambodge, s’estimant, dans une lettre découverte après sa mort, « sali » par les médias.

Il faut dire que douze ans après le « Loft », toute première émission de téléréalité en France, ce type de « divertissement » s’est étendu à de nombreux secteurs : le conseil (décoration, cuisine, éducation), l’aventure (Pékin Express, Koh-Lanta), le divertissement (Star Ac’, Popstars), l’enfermement (Les Anges de la téléréalité, Les Ch’tis, Secret Story…).

L’avenir de Koh-Lanta compromis sur TF1 ?

Mais, malgré l’immense succès de Koh-Lanta, regardé en moyenne par 7 millions de téléspectateurs, son avenir sur TF1 pourrait aujourd’hui être compromis.

« Pour l’image de TF1 et les annonceurs, ce n’est pas possible de poursuivre. En général, les émissions de téléréalité extrêmes sont condamnées à s’arrêter », estime François Jost, professeur en sciences de l’information.

Il s’appuie sur l’interruption de « Fear Factor », brièvement diffusée sur TF1 et dont les épreuves étaient basées sur les phobies des candidats. Ou encore « Trompe-moi si tu peux » (M6), axée sur l’infidélité des conjoints, arrêtée en 2010 après le suicide d’un candidat.

Et pour le reste de la téléréalité ?

Pour Virginie Spies, sociologue, ces programmes très populaires ont encore de beaux jours devant eux, en particulier le coaching (« L’amour est dans le pré », M6) et l’enfermement (où des garçons musclés et des bimbos, logés dans des villas de rêve, passent leur journée à commenter leurs amours, amitiés et disputes).

Mais sur quoi vit donc la téléréalité, malgré toutes les critiques sur son côté artificiel, la vulgarité de certains ou le vide des conversations ? « L’identification, et donc l’attachement aux personnages », explique Mme Nadaud-Albertini, sociologue elle aussi. « Au-delà de la dimension superficielle des personnages, ils vivent tous des situations proches des gens : la recherche de l’emploi, la déception amoureuse, l’inimitié ».

En outre, « tout spectateur a besoin de temps en temps d’avoir des héros qui, au lieu de les écraser comme les superhéros, par leur perfection, sont moins bien que soi », ajoute M. Jost. Du coup, poursuit-il, les jeunes téléspectateurs peuvent s’adonner à une de leurs pratiques préférées, « la moquerie et le dénigrement ».

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