Publié le Mardi 16 Avril 2013 à

Sports > Athlétisme

La communauté des marathoniens «sous le choc» après les attentats de Boston

Afp

De Paula Radcliffe, recordwoman du monde du marathon, aux coureurs du dimanche, la communauté des marathoniens, solidaire dans la peine comme dans l’effort, est «sous le choc» après le double attentat qui a frappé lundi le marathon de Boston, l’un des «42 km» les plus mythiques.

«Je suis sous le choc. Ça me touche vraiment», raconte Philippe Paillaud, premier Français à avoir intégré le «Seven Continent club», le club très fermé des coureurs qui ont bouclé des marathons sur les sept continents, y compris l’Antarctique.

«Nous les marathoniens, nous savons tous ce que c’est de s’entraîner pendant des mois pour un marathon, tout ça pour qu’à cent mètres de l’arrivée, des types te fassent péter la tronche...», dit-il dépité.

«J’aurais pu y être, c’est sûr, beaucoup de Français le courent», ressasse-t-il. Il a couru 21 marathons, de Tahiti à Pékin en passant par Londres.

Par-delà les frontières, quel que soit leur âge, les marathoniens forment une communauté soudée dans l’effort, qui partage quelques légendes et souvenirs communs: entraînements sous la pluie, blessures, «mur» du 30e kilomètre... Pour eux, la félicité s’incarne dans la ligne d’arrivée, la fin des mythiques 42,195 km. Lundi soir, cette ligne d’arrivée était maculée de sang.

«Je connais ce sentiment quand on a franchi la ligne d’arrivée après quatre heures de course avec ce mélange de libération et de bonheur», racontait mardi sur France Info l’ancien ministre Laurent Wauquiez qui a lui même bouclé le marathon de Berlin. «Aujourd’hui, nous sommes tous des marathoniens de Boston», a-t-il conclu.

Le vice-président de l’UMP insiste sur le fait que les marathons sont des «fêtes populaires» réunissant «des gens très différents» qui «ont tous les baskets» mais «qui viennent d’horizon très divers».

«Courir rassemble les gens mais ce qui s’est produit à Boston est terrible, a écrit sur Twitter Haile Gebreselassie (@HaileGebr), ex-recordman du monde du marathon. Mes pensées vont à tous ceux de Boston».

«Il y a vraiment des grands malades, qui peut faire des trucs pareils?», a réagi Paula Radcliffe (@paulajradcliffe).

« J’ai toujours pensé qu’un marathon était une cible facile »

Philippe Paillaud, lui, n’est pas surpris par l’attentat: «En courant Berlin, Paris ou New York où il y a beaucoup de public, j’ai toujours pensé qu’un marathon était une cible facile».

Chaque année, plus de deux millions de spectateurs se rassemblent par exemple le long du parcours à New York. «C’est incompréhensible mais ce n’est pas une surprise», tranche Philippe Paillaud.

Sur beaucoup de sites dédiés au marathon, des photos de la «tragédie de Boston» côtoient les derniers «conseils» pour le jour «J», comme sur la page d’accueil du site internet du magazine «Women’s running». «Nos pensées accompagnent les victimes de l’attaque, la ville de Boston et les coureurs partout dans le monde», dit l’édito.

Sur l’un des plus célèbres forums en français, courseapied.net, 53 messages avaient été postés mardi matin en lien avec la tragédie de Boston. «C’est horrible. Maintenant va-t-on faire le jeu lâche des terroristes en angoissant avant de prendre le départ d’un marathon?» se demandait «Edgar» quelques minutes après l’annonce du drame.

«Ça va être l’enfer pour la sécurité sur les courses maintenant. A commencer par Londres ce week-end», ajoute-t-il, alors que les organisateurs du marathon de Londres ont confirmé que leur course prévue dimanche aurait bien lieu.

Sur le forum de «Runner’s world», Maren Sullivan se dit touchée «au plus profond du coeur».«Demain, mes quatre enfants et moi nous porterons nos maillots de course à l’école et au travail» en guise d’hommage disait-elle lundi soir. «On court donc on est solidaire», concluait-elle.

«Pour beaucoup d’entre nous, la course est un havre de paix» au milieu de semaines «infernales et pleines d’angoisses», écrit Michelle M. Funkenbusch sur ce même forum. «C’est terrible de réaliser que ce havre de paix est mis en péril pour des combats politiques».

En France, l’événement occupait mardi toute la Une du quotidien sportif L’Equipe avec le titre «Horreur sur la course» au-dessus d’une photo d’un marathonien à terre.

AFP161322 APR 13

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