Publié le Samedi 20 Avril 2013 à

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Le papa d'Ugur, mort dans l'accident du pont Van Praet: «J'ai le coeur en miettes»

Rédaction en ligne

Jeudi soir, sur le pont Van Praet, un accident de la route a coûté la vie à quatre jeunes hommes. Leur identité est désormais connue mais les circonstances de l’accident restent encore floues.

Zubeyir Basak.

D. R.

Zubeyir Basak.


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Jeudi soir, vers 20h50, un terrible accident de la route a eu lieu sur le pont Van Praet, à la hauteur du quai Léon Monnoyer, à Bruxelles. Une voiture, une Peugeot 306 cabriolet, avec à son bord, quatre jeunes hommes a traversé la rambarde et est allée s’écraser quelques mètres plus bas. Les différentes photos et vidéos témoignent de l’importance du choc. Trois des occupants sont décédés sur le coup alors que le quatrième a perdu la vie à l’hôpital. L’identité des quatre hommes est désormais connue. Il s’agit de Ugur Bayındır, 22 ans ; Zubeyr Basak, 20 ans ; Kadir Gemici'nin, 20 ans et Hakkı Vataj'ın, 20 ans . Les trois premiers étaient d’origine turque alors qu’Hakki, lui, était albanais. Les amis des victimes sont bien évidemment sous le choc. L’un d’entre eux, voulant garder l’anonymat, s’est rendu sur les lieux pour voir l’endroit où la tragédie s’est déroulée.

«  Je connaissais surtout Hakki  », explique-t-il. «  Je l’ai rencontré il y a 10 ans et depuis on ne s’était plus jamais lâché. C’était quelqu’un de très sympa avec qui on pouvait rigoler. On aimait bien sortir boire un verre mais c’était surtout un grand sportif. Il faisait beaucoup de boxe et son rêve était de rentrer à l’armée. »

Sur Facebook, on ne compte plus les messages de condoléances sur le profil de leurs amis. «  Kadir était un très bon ami  », nous confie l’un d’entre eux. «  Il était assez discret concernant sa vie privée mais c’était quelqu’un de bien. Je ne m’en remets pas  ».

Les circonstances de l’accident ne sont pas encore connues. Selon les rumeurs, l’hypothèse d’une course de voiture, ayant mal tournée, qui serait privilégiée. Le parquet n’a pas voulu confirmer l’information ni même l’implication d’un second véhicule dans la tragédie. L’enquête est donc toujours en cours. Pour l’heure, des prises de sang ont été effectuées sur les corps afin de déterminer la présence ou non d’alcool dans leur sang.

Recep Bayindir, le papa d’Ugur, est lui sous le choc. Nous l’avons rencontré dans son quartier, celui de la rue du Progrès, près de la Gare du Nord. «  Je ne comprends pas ce qui se passe  », confie-t-il. «  Je l’ai vu 15 minutes avant l’accident et tout allait bien. C’est vrai qu’il avait déjà reçu plusieurs amendes pour excès de vitesse mais il n’avait jamais eu d’accident. Je ne suis même pas sûr que c’est lui qui conduisait au moment du drame. » Il ajoute : «  J’ai le cœur en miettes, j’ai mal à la tête et je ne sais plus quoi penser. On ne connaît pas encore les circonstances de l’accident mais je sais que les rambardes du pont Van Praet ne sont pas solides. Si elles avaient été de bonne qualité, mon fils serait peut-être encore là aujourd’hui. C’est un pont très dangereux, mais surtout un pont qui a coûté la vie à mon fils. »

Du côté de Bruxelles Mobilité, on attend d’abord de connaître les circonstances exactes avant de prendre une décision concernant un quelconque renforcement des balustrades.

«  A priori, les rambardes situées sur le pont sont assez solides pour une circulation normale  », explique Camille Thiry, la porte-parole de Bruxelles Mobilité. «  Après, il est évident que si un véhicule fonce dedans à vive allure, ces barrières ne le retiendront pas. Mais nous ne pouvons pas réaliser des infrastructures énormes non plus. C’est aux personnes d’adapter leur conduite  ».

Pour l’heure, un balisage temporaire a été installé à la hauteur du lieu de l’accident. «  A présent, nous attendons des nouvelles de l’entrepreneur pour savoir quand il pourra venir en installer une définitive. Et nous restons bien évidemment en contact avec le parquet afin de savoir s’il faut sécuriser davantage ou non le pont  », conclut notre interlocutrice.

Deborah Van Boterdael

Plus de détails dans nos quotidiens de ce samedi.

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