Publié le Mercredi 26 Juin 2013 à

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Assises d'Arlon: le Mouscronnois Antoni Evrard aurait manipulé son petit frère

M.M.

Une bonne vingtaine de témoins de moralité des deux accusés ont défilé à la barre ce mercredi. Dont la maman des deux frères. Antoni est décrit comme un manipulateur, qui aurait entraîné son frère Timothée le jour des faits.


Pour la maman des deux frères, le cerveau ne peut être qu’Antoni.

Belga

Pour la maman des deux frères, le cerveau ne peut être qu’Antoni.

Les témoignages se sont succédés tout au long de la journée pour évoquer la personnalité des deux frères Evrard, les deux Mouscronnois qui doivent répondre de vol avec la circonstance aggravante de meurtre pour le faciliter. La victime de ce meurtre est Geneviève Trembloy, gérante de la friterie « Les Frangines » à Bovigny (Gouvy). Le 15 janvier 2011, elle a été tuée d’une balle dans la tête lors d’un braquage sur la route entre Bovigny et Halconreux (Gouvy). Depuis août 2011, Timothée Evrard reconnaît avoir été l’auteur du coup de feu, accidentel comme il l’affirme, ayant provoqué la mort de Geneviève Trembloy.

Les portraits des deux frères dépeints par l’enquête de moralité d’abord, par les témoins ensuite, sont fortement contrastés. Timothée, l’aîné, a vécu une relation difficile avec son père étant plus jeune. Ce dernier le battait régulièrement, tout comme sa sœur. Seul Antoni échappait aux remontrances de leur paternel. Enfant, Timothée était «  turbulent, remuant à l’école. Il avait des troubles du comportement mais c’était un bon garçon, serviable  ». Placé en IPPJ, auteur de plusieurs délits- il boutera notamment le feu à des voitures avec son père –, il se stabilise quand il rencontre sa compagne. Un témoin ajoutera «  qu’il aurait pu s’en sortir s’il avait été bien encadré  ».

Antoni, le chétif, «  un garçon discret, charmeur, pourri gâté par son père et sa grand-mère mais en grand manque d’affection  », relève l’enquête de moralité. Quand il suit sa mère et ses aînés à Mouscron, il n’attend qu’une chose : revenir en Ardenne. Ce qu’il fera à l’âge de 18 ans. Mais il souffre tellement à la mort de son père- décédé dans un accident de travail-qu’il sombre dans l’alcoolisme et cumule les ennuis financiers. «  Quand son père est décédé, il a perdu un repère, un confident  », dira son ex-petite amie.

À la barre également ce mercredi, la maman des deux accusés. Elle a du mal à cacher son attachement pour son fils aîné, ce garçon «  taquin, gentil, courageux  », avec qui elle garde toujours des contacts fréquents. Par contre, elle fait preuve, même si elle le nie à plusieurs reprises, d’une certaine froideur envers son cadet, «  menteur, égoïste, hypocrite, voleur et manipulateur  », énonce-t-elle. «  À vous entendre, on peut penser que l’un est tout blanc et l’autre tout noir  », rétorque le président. Me Amrani, avocat d’Antoni, parlera même de «  Saint Timothée  » et du «  méchant Antoni  ». Un avis que ne partage pas l’ex petite-amie du cadet : «  Quand Antoni était avec Timothée, il faisait des choses dont il n’aurait jamais eu l’idée tout seul  ».

Pour la maman pourtant, c’est Antoni qui a entraîné son frère aîné, le protecteur, le jour des faits. «  Il a toujours porté le chapeau pour son frère. Antoni, lui, manipulait tout le monde. S’il y a un âne parmi les deux, c’est Timothée. Il suit sans trop réfléchir les personnes en qui il a confiance  ». Elle dit avoir été surprise d’apprendre que Timothée était impliqué dans des faits aussi graves. «  J’ai été moins étonnée pour Antoni. J’étais en colère, du fait qu’il ne se souvenait pas totalement de ce qui s’était passé ce jour-là. Comment peut-on oublier ?  ». Des paroles dures, auxquelles Antoni a répondu d’une manière définitive : «  J’aimerais couper les contacts complètement avec toi maman  ».

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