Publié le Jeudi 8 Août 2013 à

Culture > Cinéma

Un film belge en première mondiale à Locarno

André CEUTERICK

Ce soir, le réalisateur belge Sam GARBARSKI (« Quartier lointain », « Irina Palm ») aura les honneurs d’une projection magique sur la fameuse Piazza Grande de Locarno pour la première mondiale de son nouveau film : « Vijay and I ».

Le jour où tout le monde le croit mort dans un accident de voiture, il décide de jouer le jeu et se transforme en Jijay, un élégant banquier indien, soi disant ami de longue date de Will. Ce dernier use de ce subterfuge pour savoir ce que pensent les autres de lui et notamment sa chère épouse, « désormais veuve » … !

Question : Pour toi, cette projection sur la Piazza Grande de Locarno, c’est un fameux événement ?

Sam Garbarski : Oui mais c’est la première fois que je viens ici. On me dit que l’ambiance est formidable. J’ai hâte de vivre ça. Déjà à Berlin, il y a quelques années avec « Irina Palm », c’était extraordinaire. Ce qui compte, c’est l’accueil d’un vrai public, de tous ces gens qui aiment et vivent le cinéma. En tout cas, pour moi Locarno est un tremplin idéal pour la sortie du film, dès le mois prochain (NDLR : le 18 septembre en Belgique).

Q. : Comment as-tu appris cette sélection ?

S.G. : Le Directeur du festival était en Belgique il y a quelques semaines pour visionner les films disponibles. Je savais qu’il avait beaucoup aimé « Vijay and I » mais j’ai quand même dû attendre la confirmation pendant un certain temps. Enfin, maintenant j’y suis !

Q. : Près de 8000 personnes ici, c’est impressionnant, non ?

S.G. : Oui, mais je pense que le film va bien rencontrer le public, selon mes premières impressions des projections test que nous avons effectuées précédemment.

Q. : C’est une comédie.

S.G. : Oui, une comédie drôle, romantique mais qui joue beaucoup sur les nuances et les sous-entendus. La comédie inspire souvent des réactions négatives, des préjugés, des a priori. C’est pourquoi on en voit assez peu dans les grands festivals, parce que c’est considéré – injustement – comme un genre mineur.

Q. : En quoi est-elle différente ?

S.G. : Même si l’histoire se passe à New-York, j’ai voulu éviter les clichés des comédies new-yorkaises, en privilégiant l’humour, la subtilité et surtout sans rejoindre ce que tout le monde connaît plus ou moins et ce à quoi on s’attend généralement. Comme tous les cinéastes, j’ai bien sûr mes repères, mes références, mais en commençant ce travail, j’ai voulu me dégager de toute influence (consciente ou inconsciente) et raconter cette histoire à ma manière en suivant uniquement mon intuition. En fait, je suis incapable de « faire à la manière de », de me conformer à des stéréotypes, ceci sans aucune prétention mais c’est ma façon de concevoir les choses.

Q. : Au départ, la situation est déjà assez originale.

S.G. : Oui, car contrairement à ce qui se passe généralement dans les comédies, on part d’un couple marié, qui a un enfant, une vie sociale, déjà un certain passé. Mais ensuite, c’est comme si tout recommençait à zéro et que Will réécrivait sa vie en étant quelqu’un d’autre. Qui n’a jamais rêvé d’être une autre personne ou de s’inventer un autre moi ?

Q. : Dans les rôles principaux, il y a Moritz BLEIBTREU, un grand comédien allemand assez peu connu chez » nous et surtout Patricia ARQUETTE, quant à elle, une véritable star internationale !

S.G. : Il n’est vraiment pas facile de convaincre une star américaine quand on est un peu en marge des traditionnels circuits hollywoodiens. Il faut parfois attendre deux ou trois ans, en passant par des managers, des agents, des avocats. Moi, je n’avais pas vraiment le temps parce que je ne voulais pas que le projet s’endorme. Après quelques tergiversations, j’ai eu la chance d’avoir un premier contact indirect avec Patricia ARQUETTE, qui a quand même tourné avec David LYNCH (« Lost Highway »), Tim BURTON (« Ed Wood »), Tony Scott (« True Romance ») ou encore Sean PENN (« Indian Runner »). Elle a adoré le scénario puis a demandé à voir « Irina Palm », on s’est finalement rencontré et elle a donné son accord. Dès lors tout s’est parfaitement bien passé. Ce sont des pros, qui comprennent immédiatement ce que tu cherches, qui apportent parfois leur touche personnelle et qui s’impliquent totalement dans le projet. Le tout, c’était d’y arriver mais aujourd’hui pour moi ce n’est que du bonheur.

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