Publié le Mercredi 21 Août 2013 à

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Hockey (Euro à Boom) :Géry et Bernard fiers de leurs fils

par Valentin Thiéry Journaliste

Ils se connaissent depuis que leurs fils se sont rencontrés il y a près de 20 ans au Royal Léopold Club de Bruxelles. Géry Dohmen et Bernard Van Strydonck sont les papas de John-John et Elliot, actuellement aux championnats d’Europe de hockey avec les Red Lions. Fidèles supporters de leur progéniture depuis le début de leurs carrières, ils n’ont pas manqué une seconde de leurs matchs de la compétition à Boom. Ils seront logiquement présents ce soir pour la dernière rencontre de poule contre l’Espagne. À 55 et 52 ans, ils racontent l’histoire de leur enfant.


Géry Dohmen et Bernard Van Strydonck, heureux papas de deux grands professionnels du hockey belge.

Le Lardic

Géry Dohmen et Bernard Van Strydonck, heureux papas de deux grands professionnels du hockey belge.

Comme beaucoup de talents belges, voyait-on John-John et Elliot sur le bord des terrains avec un stick dès leur plus jeune âge ?

Géry Dohmen : Je n’ai jamais été un grand joueur. Je ne m’y suis mis qu’à 20 ans. La tradition du hockey vient plutôt de ma femme Dominique. Il allait donc voir sa maman. Mais il n’a pas fait que ça. Il a commencé le hockey à cinq ans puis le foot à huit ans. Il jouait avec son stick le matin puis au SCM Braine l’après-midi. Je suis comme Bernard avec Elliot, j’aimais bien l’accompagner partout. Puis de 11 à 14 ans, il a fait du cyclisme. Mais l’influence des parents puis son implication en équipe nationale de jeunes l’ont poussé vers le hockey exclusivement.

Bernard Van Strydonck : Ils ont aussi joué au tennis ensemble au Léo. Mais le hockey a coulé de source pour Elliot. Il venait me voir quand je jouais le week-end. Il est donc tombé dedans quand il était très petit. Puis il y a pris un goût.

Ont-ils tout le temps évolué ensemble chez les jeunes au Léo ?

B.V.S. : John-John a commencé un an avant Elliot. Ils ne se sont rejoints qu’en minimes, juste avant de jouer sur grand terrain.

Ils faisaient d’ailleurs partie d’une excellente génération dans le club ucclois.

B.V.S : On avait une Mannschaft composée de bons joueurs. Dans chaque catégorie chaque année, John-John, Elliot et leur équipe étaient au moins en demi-finale du championnat de Belgique.

G.D. : Ils ont même été champions au moins une fois en cadet, en scolaire et en junior. Il y avait une forte concurrence avec le Racing. En tout cas, ils ont eu une évolution chez les jeunes au top.

Quel était leur caractère quand ils étaient petits ?

B.V.S. : Elliot était plutôt mauvais perdant mais je pense que c’est lié à tous les sportifs. Je me souviens de sa première finale perdue contre le Watducks. Il en était dingue. Mais il a vite été consolé par son grand ami et aujourd’hui coéquipier chez les Red Lions Alexandre De Saedeleer.

G.D. : Dans un collectif, ça ne se voit pas trop qu’il est mauvais perdant. Mais au tennis, il était infernal. Il pétait des câbles mais je ne comprenais pas trop pourquoi.

Mais un jour, leurs chemins se sont séparés.

G.D. : En juin 2007, John-John a quitté Uccle pour les Waterloo Ducks. Un choix purement sportif car il avait l’ambition de participer aux Jeux Olympiques 2008 à Pékin. Dans le Brabant wallon, il était dans un projet sportif de qualité, entouré par 4 ou 5 joueurs de l’équipe nationale. Et puis au Léo, il n’était pas titulaire. S’il voulait aller aux JO, il fallait qu’il joue beaucoup au plus haut échelon national.

B.VS. : Elliot a pris un gros coup quand son ami et coéquipier est parti. Mais au moins, son départ a fait bouger les choses au Léopold qui a changé son fusil d’épaule.

Elliot n’aurait pas voulu aussi aller dans un autre club belge ?

B.V.S . : Il avait plusieurs propositions chaque année oui. Il y a trois ans, je crois qu’il aurait bien voulu mais le club a modifié sa politique en recrutant des étrangers. Ça l’a fait changer d’avis même si pour moi, rester là-bas ne l’a pas aidé dans son évolution en équipe nationale.

Depuis leurs débuts en équipe première, vos fils se sont fait une place assez confortable. Ils ont aussi hérité d’un surnom.

G.D. : Pour John-John, c’est « Bigou », à cause de sa chevelure naturelle abondante et bouclée. Avant, il avait les cheveux « crolés ». Au fur et à mesure qu’il a grandi, ses cheveux sont devenus un sujet tabou. Il n’aime pas trop qu’on en parle. Aujourd’hui, il les a rasés. Moi je les aime un peu plus longs. Mais bon, sa copine préfère comme ça (rires).

B.V.S. : Celui d’Elliot, c’est Zizou. Il avait des posters et des livres sur la star française. Il en était fou. Au Léo, il a toujours joué avec le numéro 10 au milieu de terrain, comme son idole. Mais je dois avouer que là, il est passé à David Beckham. Il change souvent de look au niveau de la coiffure, il a des tatouages et il le suit sur Instagram. Comme lui, je pense qu’il soigne son image de marque (rires).

Pourtant, Elliot joue défenseur et non en meneur de jeu. Une déception pour lui de ne pas faire comme ses maîtres ?

B.V.S.  : Non je pense qu’il est plus rentable derrière. Il a abandonné l’idée d’être à la baguette.

John-John a toujours été médian par contre.

G.D. : Absolument. Il jouait même avec Elliot dans l’entrejeu à l’époque. Il était d’ailleurs plus offensif qu’actuellement même s’il marque encore beaucoup.

Y a-t-il des points communs entre leur attitude sur le terrain et dans la vie de tous les jours ?

G.D. : John-John a toujours eu une très bonne condition physique. À l’école, lors des cross, on l’appelait « La bête ». Il ne lâche rien, face à l’adversaire comme dans ses études par exemple.

B.V.S. : Au centre de la défense, Elliot est très sûr et plutôt serein. C’est aussi le cas quand il étudiait.

G.D. : De toute façon je pense que nos deux enfants sont de gros travailleurs, comme les autres joueurs de l’équipe. Le don c’est une chose, mais à côté, il faut la discipline. Ça les aidera plus tard dans leurs vies respectives.

L’expérience que va vivre Elliot en Hollande dès septembre lui servira sûrement aussi.

B.V.S. : Aujourd’hui, il affiche plus de maturité hors et sur le terrain. C’est aussi grâce au hockey. Le fait d’aller jouer à Eindhoven va continuer à le faire évoluer et sortir du cocon qu’il connaît en Belgique. Il va devoir rebondir et travailler dur dans son nouveau club où il sera dirigé par l’un des meilleurs entraîneurs du monde. Au niveau des études, tout sera aussi différent. Normalement, il devrait aller à la Johan Cruyff Institute.

John-John a-t-il lui aussi des envies d’ailleurs ?

G.D. : Je ne le vois pas partir même s’il est régulièrement appelé par des clubs néerlandais. Et puis, il vient d’emménager avec sa copine.

Les deux amis rejoueront-ils un jour ensemble en club ?

G.D. : Je ne vois pas John-John retourner au Léopold. Mais peut-être autre part.

B.V.S : Pourquoi pas. En tout cas, Elliot a déjà été tenté de rallier le Watducks.

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