Publié le Jeudi 22 Août 2013 à

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Mouscron: le dealer se rend à la police

C.K.

C’est l’histoire d’un gamin qui s’est mis à vendre de la drogue pour rembourser une dette mais qui s’est mis à dos son fournisseur. Alors, pour quitter ce milieu infernal, il s’est rendu à la police…


Ils seront jugés le 2 septembre prochain.

Bernard Libert

Ils seront jugés le 2 septembre prochain.

Le 21 janvier 2013, Romain R. (18 ans) franchit les portes du commissariat de police de Mouscron. «  Bonjour, je vends de la drogue et je souhaite arrêter  », lance le jeune homme au policier qui assure l’accueil. À Mouscron, c’est du jamais vu. Cette scène est d’autant plus surréaliste que le jeune homme n’a jamais été dans le collimateur de la police.

Romain est accueilli par un policier qui l’écoute attentivement. «  Voilà, je vends du cannabis depuis le mois d’août 2011, notamment dans des écoles. J’estime avoir écoulé 1,5 kg de cannabis  », raconte le gamin. Pour en avoir le cœur net, une visite domiciliaire est organisée. Les parents de Romain sont au courant, ce sont eux qui ont incité leur fils à se dénoncer. Dans sa chambre à coucher, les policiers découvrent le matériel nécessaire pour vendre de la drogue : balance, pacsons et bien sûr du cannabis.

Une instruction est ouverte et le magistrat instructeur retient la circonstance aggravante d’association. Reste à trouver l’associé. Il sera repéré le lendemain sur le parking du magasin Colruyt de Dottignies. Il s’agit d’un Roubaisien qui fréquente une Dottignienne depuis quelques années.

Romain a dit au juge d’instruction qu’il subissait des pressions de la part de son fournisseur. La raison ? Une dette. Romain devait deux commandes de 100 gr de cannabis à Hassen B. (34 ans), un ex-coiffeur au chômage, soit une somme de 1.400 euros. «  Hassen insistait pour récupérer son argent car il devait lui-même payer ses fournisseurs. Il n’a jamais contraint Romain à vendre de la drogue, ils sont tout deux des maillons d’une longue chaine  », explique M e  Herpoel, avocat d’Hassen, qui demande d’écarter la circonstance aggravante d’association.

Une perquisition, dans le cadre d’une commission rogatoire, sera aussi menée chez Hassen à Roubaix. La police y découvrira du matériel, 756 gr de cannabis et 1.570 euros en liquide.

Jeudi, le ministère public a requis 20 mois de prison ferme contre Hassen et ne s’est pas opposé à une peine de travail pour le jeune Romain. Mais selon l’avocat de ce dernier, M e  Mathieu Parret, la question de l’irrecevabilité des poursuites se pose car il estime que la transaction du 23 janvier 2013 sur le parking du Colruyt est une provocation policière. «  À mon sens, l’irrecevabilité des poursuites ne peut pas être partielle mais totale  », dit-il en se basant sur la jurisprudence. «  La police n’a jamais demandé à Romain de faire une transaction mais bien de relever le numéro de plaque de la voiture de son fournisseur  », réplique le procureur du roi.

Enervé d’avoir été pris au piège, et d’avoir perdu 1.400 euros dans l’aventure, Hassen est incarcéré depuis les faits. Et il ne décolère pas. Son avocat a plaidé une application modérée de la loi pénale pour la vente de produits stupéfiants et l’acquittement pour les circonstances aggravantes d’association et de vente à des mineurs.

Présumés innocents, Romain et Hassen seront jugés le 2 septembre.

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