Publié le Samedi 31 Août 2013 à

Régions > Tournai > Actualité

Tournai: le centre-ville s'appauvrit... Et la mixité sociale alors?

C.R.

Le centre-ville de Tournai, comme beaucoup de centres-villes du pays, s’appauvrit. Mais, la volonté est d’assurer une certains « mixité sociale », et il faut donc donner envie aux revenus plus élevés de s’y installer, afin de dynamiser l’intra muros et plus particulièrement le coeur de ville.


Pour assurer la mixité sociale, il faut des logements pour tous. Mais de qualité, ce serait mieux.

B.LIBERT

Pour assurer la mixité sociale, il faut des logements pour tous. Mais de qualité, ce serait mieux.

A observer les revenus déclarés en 2010 dans les différents quartiers et villages de Tournai, on se rend mieux compte d’une réalité que la crise économique renforce encore davantage : l’appauvrissement lent mais régulier de la population du centre-ville, et du coup des centres-villes eux-mêmes.

Historiquement, les choses ont commencé à basculer avec la désindustrialisation de la Wallonie. Car, les anciens bourgeois qui peuplaient les centres-villes où se concentrait l’activité, ont peu à peu préféré s’exiler dans des contrées plus vertes ou plus huppées, et c’est le cas dans toute la Wallonie. Restent en ville ceux qui ne peuvent pas aller ailleurs.

les riches s’enfuient

Aujourd’hui, la question se pose à Tournai : comment assurer la mixité sociale en ville ? C’est pourtant indispensable pour qu’une ville fonctionne : les pauvres ne doivent pas être enclavés et les plus riches apportent du dynamisme dans les centres-villes. La disparition des nombreux commerces qui existaient au coeur de Tournai, par exemple rue Saint-Brice ou rue Saint-Piat, montre aussi que les centres-villes n’ont plus la même activité qu’avant.

Une étude de l’ULB montre que «  les communes les plus riches se situent dans les banlieues périurbaines des grandes villes  », et cela parce que «  les classes moyennes et aisées ont quitté les centres-villes pour trouver un environnement plus agréable, mais surtout un coût immobilier moindre qui permet la construction de maisons quatre façades  ». Et cela s’observe facilement à Tournai.

carte de l’entité

Du coup, à Tournai, on voit que les villages proches de la ville ont beaucoup attiré les plus hauts revenus. D’une manière générale, les revenus moyens déclarés en 2010 sont plus importants dans les villages de l’entité qu’à Tournai.

Alors qu’à Tournai, on tourne autour de 22.000 euros de revenu moyen déclaré (avec de plus hauts revenus dans les faubourgs de Maire, Saint-Martin, du Château et de Lille), on est autour de 26.000 euros à Vezon, 30.000 à Ere, 32.000 à Orcq, 28.000 à Blandain centre.

Les villages de Ramecroix et Templeuve, par contre, affichent des revenus proches de ceux de Tournai centre-ville.

Le problème

Evidemment, si la population des centres-villes a tendance à devenir plus pauvre, ce sont les revenus des administrations communales qui baissent. Cela engendre une baisse des revenus des taxes, une baisse de la consommation, une dégradation de la qualité des logements qui sont moins entretenus, voire pas entretenus du tout quand il s’agit de marchands de sommeil (un fait hélas bien connu dans le centre-ville de Tournai).

Avec, à terme, un risque d’augmentation de la délinquance puisqu’on le sait bien : la pauvreté entraîne la délinquance, car quelque part « nécessité fait loi ».

Les causes de cet état de fait sont multiples : on a parlé de la baisse de qualité du logement, mais il y a aussi la question du parking qui est compliquée en centre-ville (une famille avec deux véhicules n’a pas envie de payer pour se garer devant chez elle) et la question de la tranquillité : vivre dans une zone de cafés est probablement périlleux quand on a des enfants en bas-âge ou le sommeil léger.

Enfin, le rêve de tous les propriétaires est d’avoir son jardin, ce qui devient inaccessible dans les centres-villes, où ce type de maison est souvent divisé en appartements. Pour assurer cette mixité sociale qui est indispensable aux villes, il y a donc des mesures à prendre.

Faites de sudinfo.be la page d'accueil de votre navigateur. C'est facile. Cliquez-ici.

Nos partenaires vous proposent