Publié le Lundi 2 Septembre 2013 à

Culture > Cinéma

Cate Blanchett dans "Blue Jasmine": "J'aime les rôles qui m'effraient"

A Deauville, Pierre Germay

« Blue Jasmine » de Woody Allen est déjà sorti chez nous depuis trois semaines, mais est aussi à l’affiche du Festival de Deauville. Point de Woody sur les planches mais bien son héroïne, Cate Blanchett, à qui le Festival a rendu hommage. Reine d’Angleterre pour « Elisabeth », Katharine Hepburn dans « Aviator » et même Bod Dylan dans « I’m not there », l’actrice australienne cumule les récompenses. Les cheveux tirés en arrière, le visage pâle et refusant qu’on la photographie en conférence, Cate Blanchett a tout de même rencontré la presse de bonne grâce.

Photo News/Lzn

C’est votre premier tournage avec Woody Allen. Comment est-il ?

Cate Blanchett : « Il écrit des rôles féminins très intéressants et fait un travail exceptionnel : tout est écrit à 99 % puis il vous laisse faire ce que vous avez compris du rôle. Sur son plateau, tout se passe rapidement, de façon naturelle, en toute simplicité. »

Parlez-nous de la dualité de caractère de votre personnage de Jasmine.

« Cette femme vit de ses fantasmes et de sa perpétuelle romantisation. Son rapport au réel est furtif : elle se construit des rêves de princesse qui s’écroulent. Cette complexité ne me fait pas peur. Au contraire, il y a plus de matière à jouer, c’est très intéressant à travailler. »

Comment faites-vous, vous-même, pour rester connectée au réel ?

« Je navigue dans le fantasme de par mon métier mais j’en reviens très vite. Il ne faut pas s’y attarder car c’est là que la folie vous guette. »

Vous êtes Australienne. Votre personnage passe de New York à San Francisco. Comment percevez-vous l’Amérique ?

« On reçoit tellement de choses de l’Amérique à travers son cinéma, sa musique, sa littérature, que nous sommes tous un peu Américain par défaut. C’est un pays extraordinaire. Dans la baie de San Francisco, je me suis un peu sentie à la maison. Mais c’est sans doute lié au tournage. Je pense être très heureuse chez moi, à Sidney. »

Quels rôles préférez-vous jouer ?

« Je ne sais pas. Les rôles qui me fascinent sont plutôt ceux qui me paraissent insurmontables, qui m’effraient. Je dois trouver un angle d’attaque : c’est parfois un costume, un accessoire, une phrase ou une musique qui me fait trouver la clef. Cette recherche m’anime dans ce voyage qui me permet d’incarner un personnage à l’écran. »

Depuis cinq ou six ans, vous vous produisez plus souvent au théâtre.

« Oui, c’est un tournant dans mon travail de comédienne, c’est un exercice qui me permet de rester en vie : grâce au contact qu’on a chaque soir avec le public, on a vraiment le sentiment d’exister physiquement. Mais en me rendant cet hommage, aujourd’hui, le Festival de Deauville me rappelle que j’existe toujours pour le cinéma, ce que j’apprécie tout particulièrement. »

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