Publié le Jeudi 5 Septembre 2013 à

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Arlon: Thomas & Piron responsable d'un accident de chantier mortel ?

B.N.

L’auditeur du travail Christian Gaber s’est dit « fâché », hier jeudi matin, sur la société Thomas & Piron, qu’il a citée, en tant que personne morale, devant le tribunal correctionnel d’Arlon, pour le décès de l’un de ses ouvriers, lors d’un accident de chantier, survenu le 7 avril 2011 à Arlon.


Me Alexandra Joliot-Froissard a réclamé l’indemnité morale que la société d’assurance de Thomas & Piron n’a pas versée à certaines victimes.

B. N.

Me Alexandra Joliot-Froissard a réclamé l’indemnité morale que la société d’assurance de Thomas & Piron n’a pas versée à certaines victimes.

Le représentant du ministère public ne reproche pas à l’entreprise ayant pignon sur rue qu’un accident se soit produit sur l’un de ses chantiers – bien qu’il ait entrainé le décès de Vincent Mennessier, un ouvrier français de 39 ans, père de deux enfants -, mais bien le mode de défense qu’elle adopte pour se décharger de sa responsabilité. «Cette société utilise la théorie de la délégation des pouvoirs. Ce n’est pas le grand chef ou le sous-chef qui a le pouvoir en matière de sécurité, mais une personne, située quelque part en bas de la hiérarchie sans qu’on ne la cite avec précision », a confié l’auditeur du travail. Une critique que les avocats bruxellois de la société Thomas & Piron, M es  Roger-France et Verslype, ont contestée.

Le 7 avril 2011, deux ouvriers, Vincent Mennessier et son frère Patrick, ont été victimes d’une chute de plus de 10 mètres, alors qu’ils travaillaient sur la construction d’un immeuble de trois étages. La console – un type d’échafaudage qui ne repose pas sur le sol, mais qui est accroché directement à la façade d’un bâtiment – sur laquelle ils s’étaient installés venait de s’effondrer avec le mur qui la maintenait. Vincent Mennessier est décédé quelques minutes après l’accident, tandis que son frère a dû rester six mois à l’hôpital pour se remettre de ses blessures.

Pour l’auditeur du travail, se basant sur le rapport d’expertise déposé dans cette affaire, la console n’avait pas été installée correctement et ne pouvait dès lors que provoquer l’effondrement du mur entier. « Ce n’est pas un problème de mortier insuffisant ou ayant mal séché, ni d’une dalle mal posée, mais cette console conçue par la société n’avait pas été fixée en respectant sa notice technique », a développé Christian Gaber. «Cette notice technique prévoit que les deux points d’ancrage de la console doivent toujours se situer en dessous de la dalle de bêton qui sert de plancher entre deux étages, ou à tout le moins qu’un point d’encrage soit toujours situé en dessous de cette dalle. Or, ici, les deux points d’encrage étaient au dessus de la dalle. » Toutefois, aucune notice technique pour ce type de consoles n’aurait été distribuée aux ouvriers ou aux responsables de chantier dans la société depuis la création de cette notice en 1998. «Même l’administrateur délégué de la société et son adjoint ignoraient son existence. Comment peuvent-ils dès lors soutenir que le problème vient de plus bas dans la hiérarchie ?», a insisté Christian Gaber, réclamant par principe une amende de 10 000 euros à l’encontre de l’entreprise.

Le jugement, dans cette affaire, sera prononcé le 3 octobre prochain.

Découvrez le témoignage de la famille des victimes dans La Meuse Luxembourg de ce vendredi ou via nos supports numériques.

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