Publié le Vendredi 18 Octobre 2013 à

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Ploegsteert: «Ceratec a tué Jacques, l'amour de ma vie»

F.P.

Le 22 mai 2008, Jacques Flips s’est rendu à son travail, mais ne rentrera jamais. Jacques, 40 ans, travaillait pour l’usine Ceratec. Une pièce d’un tapis qui acheminait de l’argile dans la briqueterie de Ploegsteert a lâché. Jacques a reçu cette pièce en plein visage et il est décédé. Séverine Gaffez, son épouse, tente de prouver que son mari est victime d’un manque de vigilance de l’entreprise en matière de sécurité.


Les collègues de Jacques Flips ne l’ont pas oublié et ils continuent à lui rendre hommage.

D.K

Les collègues de Jacques Flips ne l’ont pas oublié et ils continuent à lui rendre hommage.

Jacques Flips était un père de famille et un ouvrier exemplaire. Chaque année le 22 mai, depuis 2008, les collègues de Jacques se recueillent sur le lieu du drame et lui rendent hommage. « Il vivait pour son travail et pour ses enfants », déclare Séverine qui nous reçoit dans la maison qu’elle occupait autrefois avec son défunt mari et leurs trois garçons (Jérémy, Maxence et Théo) à la rue d’Italie à Roubaix. Jacques était originaire du Bizet, dans l’entité de Comines. Il y a vécu toute son enfance. « Quand il a été engagé comme ouvrier au sein de la Ceratec c’était une véritable fierté pour lui. Il voulait même que l’on s’installe dans l’entité cominoise. Il avait retrouvé des amis de son enfance », explique Séverine.

Plus de 5 ans après ce drame, Séverine espère que la responsabilité de l’entreprise qui employait son défunt mari soit reconnue par la Justice. « L’annonce de son décès a été violente. Jacques est décédé le jour de l’anniversaire de notre fils. Les faits ne m’ont été expliqués que par les policiers de Comines et par le médecin légiste. Aucun responsable de Ceratec ne nous a rencontrés pour s’expliquer sur ce drame, ni même nous présenter des excuses. Je n’ai pas pu voir le corps de Jacques car son cercueil a été fermé directement. Ce sont les policiers qui m’ont expliqué que l’accident était dû à un problème de sécurité. »

Cette affaire a été portée devant la Justice à la demande du Parquet. Grâce à ce procès, Séverine espère que la sécurité des travailleurs sera renforcée et qu’on reconnaîtra que Jacques est décédé à cause du manque de sécurité chez Ceractec. « L’auditorat du travail et mon avocat confirment qu’il s’agit bien d’un manque de sécurité. D’ailleurs à l’époque, Jacques m’a plusieurs fois affirmé qu’il y avait des problèmes dans ce domaine. Il disait qu’à la Ceratec, on réparait à la ‘Mc Gyver’. Il souhaitait suivre une formation en sécurité, mais il n’en a pas eu le temps. »

Séverine n’a plus aucun contact avec les collègues de son mari et elle le regrette. « C’est certainement par pudeur que je n’ai pas osé reprendre contact avec ses collègues. J’aimerais parler avec les ouvriers qui étaient sur place au moment du drame pour comprendre. Je suis heureuse de voir que Jacques n’est pas oublié. C’était un bon vivant et il avait le cœur sur la main. J’espère que les assureurs, la société et le directeur de Ceratec assumeront ce manque de sécurité. Car pour l’instant… »

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